‹ L'intelligence des animauxChapitre 57 sur 122 · FOURMIS AGRICOLES · texte numérisé non relu

FOURMIS AGRICOLES

D'après ce que rapporte Mac Cook, les fourmis agricoles du Texas ne paraissent pas moins belliqueuses que les fourmis d'Europe :

« Souvent les jeunes communautés ne deviennent prospères » qu'au prix de bien des épreuves, — témoin un exemple » inédit emprunté à un manuscrit du docteur Lincecum. Une » nouvelle fourmilière venait de s'établir à une douzaine de » mètres d'un nid de vétérans, et comme les fourmis agri- » coles prétendent à une certaine zone, autour de leur domi- » cile, et n'y souffrent pas d'empiétement, la distance entre » les deux colonies ne paraissait pas devoir suffire au mainj» tien de la paix. Prévoyant des complications intéressantes, » le docteur résolut de faire de fréquentes visites à ces deux » nids, afin d'observer ce qui se passerait. Dès le lendemain » ou le surlendemain, il s'aperçut que les vétérans avaient » cerné en masse la jeune colonie, en avaient forcé l'entrée, » et s'occupaient à en arracher les habitants et à les massa- » crer. Inférieurs comme taille à leurs ennemis, les assiégés » ne s'en défendaient pas moins avec courage contre les i> masses envahissantes et leur faisaient subir de grandes » pertes. Le champ de bataille, semé de cadavres, couvrait » un espace de dix à quinze pieds autour de l'entrée de la » fourmilière. Les jeunes colons s'appliquaient à couper M les jambes de leurs adversaires, tandis que les vétérans » s'attaquaient à la tête ou à l'abdomen. Deux jours plus tard » la lutte avait cessé, laissant comme preuve de son acharnew ment, une quantité de cadavres enlacés dans une étreinte » mortelle, et des centaines de corps dont les têtes jonchaient 9 le sol.

» Un exemple analogue est cité par le docteur dans la » partie de son mémoire qui a été publiée. Dans ce cas les » vétérans mirent quarante-huit heures à exterminer leurs » nouveaux voisins ; ils ne les avaient pas molestés tant » qu'ils se cachaient, mais sitôt qu'ils les virent déblayer la » surface, ils leur déclarèrent la guerre. La distance entre les » deux nids était d'environ vingt pieds. »

Mac Cook a soin d'ajouter : « Que ces fourmis ne se » montrent pas toujours aussi jalouses de leur territoire ou » en tout cas que leurs prétentions ne sont pas toujours les » mômes. » Il a vu bien des colonies séparées seulement de

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vtHi@t>et lUfëaie (ki dU pietter viifsre ea boaoa IianBoaie. If en coaclut, taut eu 'ddméUà^k»i reMctitude des ^dnervalioas ô» Liucecum, o qu'il est seulement prouvé que chez les rourmis D conuae ck^z les hommes^ des aatioos voisines se brouillent » et en viemioiit aux majdaa ; mais %ii*il serait difâdle, dans » un cas coimne dans Tartre, d'apprécier le motif de ces que- » reUes ou d'expliq^utr la ralsoji deJadiffi^encades procédés » entre voisins que saoftble révéler les observations de Lin* » cecum et les siennes. »

Voici, du resta, qitt^iies détails sur las guert^es de ces infectes» que j*einpru»te au inéfi»e auteur :

c( Les fourmis errantes ne sont pasconsidéirëes comfne des » enneniis par les fourims^gricoles qui leur permettent nsésae » de s'établir dans le rayon de leur champ de culture ou » disqxœ. Mais quelquefois les petits tei^res qui indiquent » reati^ dun nid de faurmis erraittes deviennent si nom* » breux que les maitreis da terrain n'y tiennent plus. Pour se » débarrasser de leurs bûtes iacomc^des, ils n'ont point re- » cours à la violence ; ils sUngénient tout bonnement à leur » susciter toutes sortes de tracas. C'est par exemple la sur- » face de leur disque qui nécessite des réparations ; vite les » fourmis sortent en fouje^ ramassent les petites boules noires » que les vers de terre rejettent partout en grande quantité » sur le sol des prairies, en pavent leur domaine jusquà » enfouissement des nids étrangers. — La surface s'élevant » ainsi d'un ou deux pouces, les fourmis errantes se trouvent » comme dans une nouvelle Pompéï et font de vigoureux » efforts pour.se dépêtrer. — Mais à mesure qu'elles se frayent » un chemin, de nouveaux obstacles se présentent, les galeries » fiuissQnt par être encombrées et il n'y a plus qu'à se sou- » meitre. — Ramassant leurs provisions, elles quittent sans » fracas le territoire des géants inhospitaliers. Ainsi triomphe )^ sans effusion de sang la politique d'obstruction. » i Citons, en dernier lieu, un combat entre deux colonies .de Tetrcmwrium cœspUum observé également par Mac Cook. Les armées ennemies choisirent comme champ de bataille l'espace qui sépare Broad street de Penn Square à Philadelphie, et prolongèrent la lutte pendant près de trois semaines. — Quoiqu'appartenant à la même espèce, elles ne se trompaient jajgaajijs de camp ; il est probable que quelque attouchement

COMMEiNSAUX ËWANGERS f»

partteaiier'ées^leançs.iear servait A distiiMP^^'Mtitt^aiWM» et ennemies.

Insectes hébergea. -^ Plusieurs. espèces de. fourflûs-omt la singulière habitude d*Jiéberger, dans leurs nids, ceftaiim^n-» sectes qui, selea tcMite atipaoeoÊe, ne^ leur s(^ d'aucune utilité et jouent, en qoeâ^ua sonte, un rôle d'agrément; Ces iusectes ne se trauve0t.imlk part ailleurs et chaque espèeede fourmien élève uae espèce particulière. Dans les nids de^la fourmi nKH^sonnjsusadu midi de rËuro.pe, Moggridge a trouvé des quantités de{>etits.4saléQptlM^es bruns et luisants a^parte» nant au rare et très petit genre Coleonera et appelés par Kraatz Coleotiera <diœ^ diaprés le nom des fournûs chez lesquelles, elle, est' demioiliée. Dans le même nid habile un grillon [GrylUAS myrineçaphilus) de la grosseur d'un graia de blé, que. Paolo . Savi ayait déjà reconnu chez plosieutrs espèces, de fourmis en Toscane, et qu'il déclare vivre dans d'excellents rapports avec ses hôtes, jouant alentour du nid par un beau temps, s'y abritant contre les intempéries de Tair, etseiaissaut emporter par les fourmis dans leurs émigrations. De son . côté, M. Bâtes remarque que <3i parmi » les formes les plus anomales de coléoptères il faut ranger » ceux que Ton trouve dans les nids de fourmis ». Je pourrais citer les observations de sir John Lubbock et de bien d'autres, mais je craindrais de m'attarder ; j'ajouterai seulement que, suivant le Révérend White, il y a en tout quarante espèces de coléoptères (faisant partie pour la plupart de sa collecUon), qui habitent les nids de fourmis et sont •inconnus ailleurs.

Comme les fourmis vivent en bons termes avec ces étrangers, et en prennent même soin jusqu'à un certain point, les transportant d'une colonie à une autre quand elles émigrent, il faut bien qu'elles en apprécient la société. Il serait cependant quelque peu ridicule de ne voir là qu'une fantaisie de leur part; il vaut mieux conclure, que ces insectes comme les Pucerons ont leur utilité quoique l'on ne soit point encore parvenu à la détei-miner.

Repos et soins de propreté- — Il est probable que chez les fourrais de toute espèce, le sommeil succède au travail par intervalles, — mais les observations qui ont été faltes-à ce sujet ne se rapportent qu'à deux ou trois espèces. Les détails

suivants sont empruntés à Mac Cook ; il s^agit de la fourmi moissonneuse du Texas :

a Au moment où j'écris, dit-il, j'ai sous les yeux des fourmis » que j'observe depuis huit heures ; il est passé onze heures, » et le groupe est à peu près dispersé, mais il en reste quel- » ques-unes plongées dans le sommeil. L'une d'elles s'est » accommodée d'une légère dépression de forme ovale et y » repose l'abdomen incliné le long de la pente, la face tournée » vers la lampe, et les jambes repliées sur le corps. Elle est » si profondément endormie que je puis la frôler doucement » de la barbe de ma plume d'oie sans la réveiller. J ai beau » accentuer quelque peu le frôlement, le diriger vers la tète, » chatouiller le cou ou le point d'union de la tète au pro- » thorax, rien n'y fait. Enfin, après plusieurs minutes d'essai, » je réussis à la réveiller d'un coup sec du bec de la plume. » Elle étend le cou, puis les jambes, se secoue, puis s'approche » de la lumière et commence sa toilette; ce dernier trait est » commun à toutes les fourmis. Quant au reste, quatre mois » d'observation n'ont fait que confirmer l'exactitude de la ï> description que je viens de donner en ce qui concerne l'état » de sommeil chez les deux espèces de fourmis moissonneuses » dont il a été question. J'ai également touché des fourmis de » Floride, soit avec le bec d'une plume, soit même avec la » pointe d'un crayon sans les réveiller ; mais leurs manifes- » tations différaient par quelques détails de l'exemple pré- » cèdent.

» Ainsi, j'ai souvent vu les F. crudelis bailler après un » somme. Je ne puis décrire autrement leur façon d'agir, » elle ressemble nettement à celle de l'homme; les mâchoires » s'ouvrent par la contraction musculaire que Ton sait, en » laissant quelquefois saillir la langue, et les membres s'é- » tirent en apparence tout comme chez l'homme lorsqu'il » baille. Dans le sommeil les antennes ont un petit frisson- » nement qui, par moments, ressemble à une respiration » régulière, et souvent les pattes de devant se lèvent et » s'abaissent Tune après l'autre comme en cadence et à in- » tervalles fixes.

» La durée du sommeil paraît varier suivant les circons- » tances, et probablement aussi, suivant l'organisme. Les » soldats géants des fourmis moissonneuses de Floride, d'un

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