X PREFACE
Beau mur notamment, sur les Insectes, tendent à prouver Texistence chez les animaux des plus étranges phénomènes psychi(|ues. Il semble qu*on observe chez certains d'entre eux une prévoyance, une connaissance du monde physique ou même du monde or;;anique, bien au-dessus, à certains égards, de la portée humaine. Buâbn ne voit là que vaines apparences de raison ; il explique par un pur mécanisme quehiues-uns de ces phénomènes pi^étendus merveilleux ; il révoque les autres en doute, et invite l'Homme à rentrer en lui-même, à cesser toute comparaison entre ses facultés et celles des animaux. « Que F Homme s'examine, s'éerie-t il, s'analyse et. s'approfondisse, il reconnaîtra bi&ntôt la noUesse de son être ; il sentira Texistence de son àme, il cessera de s avilir, et verra d'un coup d'oeil la distance inûnie que 1 Être suprême a mise entre les bêtes et lui ^ » D'illustres disciples de Buffon, Isidore Geoffroy Saint-HiUdre et M. de Quatreiages, ont essayé d'exprimer l'immensité de cette distance en instituant pour THomme un Règne naturel particulier. Ils ne disent plus toute* fois : V Homme seul est intelligent, mais : V Homme seul esi religieux et moral.
Il Oit impossible, en effet, dans l'état actuel de la science, de refuser aux animaux de véritables facultés intellectuelles ; les faits que Buffon révoquait en doute sont indéniables ; ses explications mécaniques apparaissent manifestement insuffisantes. Aussi Cuvier lui reproche-t-il d'avoir méconnu l'existence chez les aniinaux non seulement d'une véritable intelligence, mais encore d'une faculté spéciale. Vinstùict, « accordé aux animaux comme supplément de l'intelligence et pour concourir avec elle, et avec la force et la fécondité, au juste degré de conservation de chaque espèce ».
« L'instinct, ajoute Cuvier, fait produire aux animaux certaines actions nécessaires à la conservation de l'espèce, mais souvent tout à fait étrangères aux besoins apparents des individus, souvent aussi très compli(iuées et qui, pour être attribuées à l'intelligence, supposeraient une prévoyance et des connaissances infiniment supérieures à celles qu'on peut admettre dans les -espèces qui les exécutent. Ces actions, produites par l'instinct, ne sont point ùon plus l'effet de l'imitation, car les individus qui les pratiquent ne les- ont souvent jamais vu faire à d'autres ; elles ne sont point en proportion avec lintelligence ordinaire, mais