TRAVAUX PUBLICS
» de chaque cMé, Je mis une branche de près d'un pied de » diamètre en travers de la route, en ayant soin de Teafoncer » quelque peu dans le sol, pour que les fourmis ne pussent ib se faufiler en dessous. Les premières arrivées essayèrent, » en effet, de ce moyen de passer outre, puis elles voulurent » passer par dessus, ce qui leur était impossible avec le poids T> qu'elles portaient sur leurs tètes. Pendant ce temps, celles T> qui s'en allaient aux provisions, n'ayant rien qui les gênât,
> avaient pu franchir Tobstacle et, se trouvant face à face D avec celles qui revenaient, se virent obligées de leur passer » sur le dos, ce qui ne manqua pas de créer un beau gâchis. » Je m'aperçus bientôt que les fourmis à bannièies se te- » naient immobiles, comme si elles attendaient un mot d'ordre, » et quel ne fut pas mon étonnement quand je revins à l'obs- D tacle dont je m'étais éloigné pour inspecter la colonne, de
> voir que, de part et d'autre, l'on travaillait à un tunnel Sur » une longueur de plus d'un pied, les fourmis du convoi » avaient déposé leurs fardeaux pour procéder à l'opération T> et, lorsqu'elle fut terminée, c'est-à-dire au bout d'une demi- » heure, elles se chargèrent de nouveau de leurs bannières, T> et la colonne se remit en marche. «
Voici maintenant une émigration racontée par le même observateur :
a En suivant un chemin de fourmis qui conduisait à une » plantation de cacaoyers, j'avais découvert un nid de four- » mis que je pris l'habitude de visiter quotidiennement. Un » jour que je m'y rendais, je rencontrai, à une assez grande » distance, une colonne serrée qui en venait ; chaque fourmi » avait son fardeau : les unes portaient des feuilles, les autres » des larves, les autres des scarabées, des papillons, etc.. y> et, plus j'approchais du nid, plus l'activité devenait intense. » 11 s'agissait, évidemment, d'un déménagement et, pour dé- » couvrir le nouveau domicile, je n'avais qu'à suivre la ligne » du convoi. J'ai-erçus alors, à quelque distance du nid, le » long de l'ancienne route, un embranchement tout nouveau » qui conduiisait à un endroit plus frais et d'une certaine » élévation. Les fourmis avaient dû se frayer un chemin à » travers l'herbe, et j'en vis des milliers qui étaient enooce if> occupées à faucher aux ap[)roches de leur nouvelle d^ » meure. Là, tout était animation : architectes, maçons,
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» charpentiers, mineurs, rien ne manquait. Certaines four- » mis étaient en train de creuser la terre pour en retirer des » petites boulettes qui leur servaient à construire un mur ; » d'autres apportaient de petits morceaux de paille, des brin-
» dilles, des tiges, etc Ce qui m'intriguait, c'était de
» savoir ce qui avait pu leur faire quitter le premier nid. » Aussitôt qu'il fut complètement désert, je le retournai avec » ma bêche et je di^couvris, à près d'un pied et demi de pro- » fondeur, plusieurs trous d'une grosse espèce de marmottes, » très redoutées des planteurs, parce que dans leurs opérais tions souterraines elles ne respectent rien et rongent les » plus fortes racines de cacaoyer. L'intérieur de la fourmi- » lière s'était effondré à la suite de ces excavations. Quant au » nouvel établissement, je ne pus malheureusement en sur- » veiller l'achèvement, car le lendemain il me fallut partir » pour San Juan del Sur ; mais, à mon retour, huit jours » après, je trouvai la colonie entièrement installée et va- » quant, romine d'ordinaire, à la récolte des feuilles de » caféier. »
Fourmis moissomienses (Atta). — On désigne ainsi certaines fourmis qui récoltent pendant l'été des graines nutritives, et les emmagasinent pour leur consommation d'hiver. Elles appartjpnnent presque toutes au genre Atta, dont on com[)te actuellement dix-neuf espèces disséminées à la surface du globe. Les observateurs qui les ont fait connaître de nos jours sont : M. Moggridge • (Europe méridionale) ; le docteur Lincecum * et M. Mac Cook * (Texas) ; enfin le colonel Sykes* et le docteur Jerdon' (Inde). Elles sont assez répandues en Europe et en Palestine*'. Salomon et plusieurs des écrivains classiques de l'antiquité en avaient certainement connaissance, et la fidélité de leurs observations, longtemps contestée avec l'autorité d'Huber, se trouve à l'heure qu'il est entièrement justifiée.
Voici, d'après M. Moggridge, un observateur aussi cons-
i. Havesting Ants and Trap-door Spiders, Londres, 1873; supplément, 1874.