‹ L'intelligence des animauxChapitre 66 sur 122 · FOURMIS MILITAIRES · texte numérisé non relu

FOURMIS MILITAIRES

» compromettre la stabilité d'un édifice que ne consolide » aucun ciment. Parmi les neutres, il y en a de doux sortes. » Les uns ont la tête très forte, sans toutefois présenter) » l'énorme développement des mâchoires qui distingue les » grosses ouvrières chez les E. Iiamata et drepanophora » et sont préposés à la défense de la communauté ; les autres, » plus petits et de conformation différente, sont ouvrières » proprement dites. Chaque fois que je faisais une brèche à » un tunnel, il se produisait un grand mouvement à Tinté- » rieur, mais les petits neutres restaient toujours pour ré- » parer l'avarie, tandis que leurs camarades à grosse tôte, » se portaient au dehors et montaient la garde, les mâ- » choires en Tair et ouvertes de la façon la plus menaçante. »

An7îornia arcens. — Ainsi s'appelle une espèce de fourmis de l'Afrique occidentale, qui, par ses habitudes et son intelligence, se rapproche beaucoup des fourmis « militaires » de l'autre hémisphère. Il suffira donc d'en parler en termes généraux.

Nomades comme les Ecitons, elles campent dans le creux des arbres, sous des rochers en surplomb, etc., etc. En marche, elles forment une colonne serrée dune grande longueur, celles qui portent le butin et les larves au centre, les soldats .et les officiers de chaque côté. Ces derniers ont la tôte forte et armée de puissantes mâchoires ; ils ne s'occupent jamais du transport et n'ont d'autre fonction que de maintenir l'ordre, de servir d'éclaireurs et d'attaquer l'ennemi. 11 est un trait par lequel cette espèce de fourmis se rapproche tout particulièrement des Ecitons aveugles : elles se construisent presque toujours un chemin couvert. C'est une espèce de tunnel en terre qu'elles humectent de leur salive et auquel on reconnaît facilement leur trajet. Mais ce n'est évidemment qu'un expédient pour se dérober à l'ardeur du soleil d'Afrique, car là où elles n'y sont point exposées, à l'ombre des arbres, parmi les hautes herbes ou pendant la nuit, elles se passent de leur abri artificiel. Lorsqu'une pluie d'orage inonde leur camp, elles se réunissent en masse et flottent comme une île au centre de laquelle se trouvent les jeunes.

Il est curieux que les fourmis d'hémisphères difl'érents possèdent en commun tant de traits remarquables. Les fourmis chasseresses de la Trinité, et, au dirjB de M""*» Mérian, les

fourmis de la Visitation de Cayenne, se rattachent par leurs habitudes à la catégorie que je viens de décrire.

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