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ORGANISATION DU TRAVAIL

» la majorité et finalement la communauté entière à leurs » idées. Non sans rixes, toutefois, car chacune aspire à s'im- » poser. Une fois sa cause gagnée, celle qui vient de triompher » se confond bientôt dans la foule. »

Espinas, Les Sociales animales, 2« éd., page 384, remarque également que chaque fourmi suit son idée et y travaille toute seule jusqu'à ce qu'une camarade s'en rende compte et vienne travailler de concert avec elle. En ce qui concerne les moissonneuses d'Europe, Moggridge affirme avoir souvent vu les fourmis d'un nid qu'il venait de bouleverser entourer quelque larve d'Elatéride et en diriger les mouvements vers quelque petit trou que l'insecte agrandissait en s'y fourrant.

« Souvent aussi, dit-il, la larve passait inaperçue. M'est » avis que la considération que les fourmis lui témoignaient » à l'occasion avait un but intéressé, elles voulaient tout » simplement profiter du tunnel pour pénétrer dans les » galeries et les greniers souterrains, dont les décombres » avaient bouché l'entrée. En tout cas, je les ai souvent vues » se servir en pareille circonstance des trous pratiqués par » l'Elatéride. »

A titre d'adaptation intelligente inspirée par des conditions insolites, le même observateur décrit la façon d'agir d'une masse de ces fourmis enfermées dans un bocal rempli de terre.

« Le lendemain matin je comptai dix ouvertures ; à en » juger par les monceaux de terre, les travaux avaient dû » être continués pendant la nuit. La somme d'ouvrage ac- » compile était vraiment étonnante, si l'on se rappelle que » dix-huit heures auparavant, fourmis et larves se trou- » valent sur une surface unie close de tous côtés par une » paroi de verre.

» Je trouve que la rapidité avec laquelle les prisonnières D surent trouver de l'ouvrage pour tout leur monde de ma- » nière à éviter toute confusion, démontre beaucoup d'intelli- » grnce. Il y avait dans le bocal moins d'un dixième de la » quantité de terre et plus du tiers du nombre d'ouvrières que » contient un nid de dimension ordinaire. Une ou deux en- » trées n'auraient donc pas suffi pour permettre aux fourmis » de vaquer sans encombre à leur besogne, et de pénétrer en » force à l'intérieur où les appelait un devoir des plus impor-

)i tants : celui de préparer les passages et les cellules des » larves. Tandis que, grâce aux nombreux orifices en forme » d'entonnoir qu'elles avaient tout d'abord pratiqués, elles » pouvaient monter et descendre en foule, et par suite accom- » plir rapidement leur tâche.

» Au bout de quelques jours je remarquai que le nombre » des entrées se trouvait réduit à deux; et bientôt après je » n'en vis plus qu'une. »

D'après Mac-Cook, les moissonneuses du Texas établissent leurs disques au soleil ; or, il raconte qu'il en avait découvert un qui se trouvait ombragé en partie par un petit arbre qui s'élevait juste en dehors du disque :

« Il est probable que l'arbre avait poussé postérieurement » à rétablissement de la colonie qui, pour une raison ou pour » une autre, l'avait laissé grandir, et ne pouvait plus s'en » débarrasser. L'ombre qu'il projetait n'était encore qu'insi- » gniflante, mais elle n'en avait pas moins décidé les fourmis » à s'établir à quinze pieds plus loin, en un point où je trouvai » un nid en voie de formation. En tout cas c'est le seul exem- )j pie de changement de domicile que je puisse citer. » . Le fait suivant est extraordinaire, je dirai même incroyable ; aussi me plais-je à reconnaître que Mac-Cook n'affirme pas l'avoir observé lui-même ; il se peut donc qu'il ne fasse que répéter ce qu'on lui avait raconté :

« Pendant mes recherches sur les mœurs de la fourmi » découpeuse, je me laissai persuader par un fermier qui » me pressait de faire une excursion de nuit à sa ferme située » à quelque distance de notre camp pour examiner les ra- » vages que causaient ces insectes parmi certames plantes. )) Après avoir vainement exploré les champs dans l'obscurité » force nous fut de relancer notre fermier dans son lit. » Il nous conduisit aussitôt à un nid de fourmis qu'ombra- » geait un jeune pêcher; c'étaient bien des fourmis agricoles » et toutes les autres fourmilières que nous visitâmes appar- » tenaient également à cette espèce. J'expliquerai plus loin » comment les habitants du pays en étaient venus à les » confondre avec des « découpeuses », et pourquoi ces four- )p mis « agricoles » s'étaient livrées à des opérations qui les » faisaient méconnaître. Ce que je tiens à constater ici, c'est » que les fourmis au dire du fermier avaient dépouillé le

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