‹ L'intelligence des animauxChapitre 77 sur 122 · ÉMOTIONS 1A · texte numérisé non relu

ÉMOTIONS 1A

les sentiments de sympathie sociale sont encore moins développ(^s chez les abeilles que ciiez certaines espèces de fourmis. Voici comment il s'exprime :

« Quant aux prétendus témoignages d'amitié que se donne- » raient les abeilles, à en croire certaines personnes, tout en » reconnaissant que je les ai souvent vues lécher une com- » pagne qui s'était barbouillée de miel, je ne puis que cons- » tater que jamais je ne les ai vues prendre le moindre souci » de celles qui s'étaient noyées dans l'eau. Ce que j'ai re- » connu dans leurs rapports, c'est non point de Taffection, » mais Lien une indifférence parfaite. Toutes les fois que » j'ai eu occasion de tuer une abeille, aucune des autres n'y » prenait garde. Par exemple le 11 octobre, pendant que i> deux abeilles se régalaient côte à côte, j'en écrasai une ; i> sans que loutre se dérangeât le moins du monde, soit peni> dant Topération, soit après; la vue du cadavre ne lui » causait évidemment aucune émotion pénible. Naturelle- » ment elle ne pouvait deviner le motif qui m'avait poussé à » tuer sa compagne; néanmoins la mort de cette dernière la » laissait parfaitement calme et sans appréhension pour son » propre compte. J'eus occasion de répéter l'expérience une » autre fois ; le résultat fut identique. Il m'est aussi arrivé y» de tenir une abeille par la patte pendant qu'une autre fes- » toyait tout à côté. La première avait beau bourdonner de y> toutes ses forces, dans ses efforts pour se dégager, sa com- » pagne n'y faisait pas la moindre attention. Les abeilles ne » brillent donc pas par l'affection ; je doute même qu'elles » éprouvent à aucun degré de la sympathie entre elles. »

Par contre, Réaumur* raconte qu'une abeille qui avait per«lu connaissance à la suite d'une immersion prolongée, fut entourée par ses compagnes qui ne cessèrent de la lécher et de lui prodiguer leurs soins que lorsqu'elles la virent rétablie. Cela prouverait que de môme que les fourmis les abeilles se laissent plus facilement toucher par la vue d'une amie éclopée ou malade que par les mésaventures d'une compagne qu'elles savent en bonne santé ; mais il n'en reste pas moins démontré par les expériences de Sir John Lubbock que, même en pareil cas, les témoignages de sympathie ne sont pas fréquents

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