GUERRES
» qu'elle ne rencontre une résistance acharnée ; de sorte que » tout un rucher peut y passer. » Slebold a observé les mêmes agissements chez certaines guêpes [Polisles gallica). Mais si lavantage reste aux assiégées, elles poursuivent Tennemi à une grande distance. 11 arrive parfois aux abeilles d'une ruche de n'offrir aucune résistance ; c'est qu'alors elles ont été butiner aux mêmes fleurs que la bande de pillards, et que trompées par le parfum qu'elles reconnaissent elles prennent sans doute les étrangères pour des concitoyennes. Il se peut qu'en pareil cas les larrons s'enhardissent au point d'arrêter au seuil de la ruche les abeilles qui reviennent chargées de butin et de les dépouiller par un procédé que Weygandt* compare à l'action de traire et qui a l'avantage de transférer à l'opératrice non seulement le miel de sa victime, mais encore son odeur et par suite de la mettre à même de pénétrer à l'abri du soupçon dans la ruche et d'y continuer librement ses déprédations.
Du reste les brigands se signalent aussi par des méfaits en pleine campagne. Ils fondent quatre ou cinq à la fois sur une honnête abeille, la tiennent par les pattes, la pincent pour lui faire déployer sa langue qu'elles sucent à tour de rôle, après quoi elles la laissent partir.
Chose remarquable, les abeilles à ruche, dont les mœurs se sont ainsi corrompues, ont une manière d'enjôler les abeilles sauvages si bien que celles-ci consentent à leur céder le miel qu'elles ont ramassé, a On a vu des abeilles sauvages con- » tinuer pendant trois semaines à ramasser du miel et à le » céder à des abeilles à ruche, alors qu'elles répondent par » un refus ou par la fuite aux avances que leur font les » guêpes *. »
En dehors du vol et du pillage, les abeilles semblent trouver matière à querelles, mais si l'on en constate les effets on n'en connaît pas la cause. C'est ainsi que pour une raison inappréciable, il se produit des duels assez fréquents qui se terminent généralement par la mort de l'un des adversaires ou de tous les deux. Quelquefois, et toujours sans motif apparent, c'est la guerre civile qui se déclare dans une ruche qu'elle décime.