‹ L'intelligence des animauxChapitre 94 sur 122 · TERMITES · texte numérisé non relu

TERMITES

Les itiœurs dès Tfermites, ou fourmis blanches, n'ont pas été étudiées avec l'attention qu'elles méritent. Ce que nous eh savons nous vient en grande partie des observations de Jobsoh {Histoire de la Gambie), de Bastian (Nations de VAsieorien^ talé), deForsteal, Lespès, Kônig Sparrman, Hagen, de Quatrefôges, Fritz Miller et surtout de Smeathman (PhilosopMcâl transacti07%s^ y ol. LXXI). En Afrique, ces insectes contruiseiit avec de la terre, des pierres, des morceaux de bois qu'ils agglutinent à Taide de leur salive, des tertres de dix à Vingt pieds de haut. Ces élévations de forme conique sont si solides que les buffles s'en servent, à ce que Ton dit, pour y poster leurs vedfettes, et que le poids d'un éléphant ne les ferait pas crouler. Elles grandissent peu à peu suivant Taccroissement de la population. Chaque tertre forme un centre d'où rayonnent A^ns toutes les directions des passages souterrains qui atteignent quelquefois un pied de largeur. En outre, une quantité de conduits souterrains servent à l'écoulement des eaux qui envahissent le nid pendant les pluies tropicales. D'après Bïichner, si Ton mesurait un de ces dômes à une échelle proportionnée à notre taille, on trouverait qu elle représente une hauteur d'environ 3,000 pieds. Quant aux dispositions intérieures de ces établissements, voici la description qu'il en fait :

« Elles sont si variées, dit-il, et si compliquées qu'il faudrait » des pages et des pages pour tout expliquer. Salles, cellules, » chambres d'élevage, magasins, postes de garde, passages,

iSS TERMITES

» corridors, caveaux, ponts, rues et canaux souterrains, es- » caliers, plans inclinés, dômes, etc. .., il y a de tout et par » myriades dans un ensemble qui témoigne d'une^ conception » bien déflnie et d'un plan bien étudié. Au milieu, c'est-à-dire » au point le plus éloigné de l'extérieur et de ses dangers, se j> trouve l'imposante résidence ou prison du couple royal, » façonnée comme un four à voûte. Les issues, tout en per- » mettant aux neutres de passer librement, sont trop petites » pour la reine qui, pendant la saison de ponte, atteint deux » ou trois mille fois la grosseur d'un sujet; elle meurt sans » être jamais sortie de sa demeure. De petites dimensions à » l'origine, le palais s'agrandit à mesure que la reine gros- » sit et finit par mesurer plus d'un mètre et demi de long » sur 50 centimètres de haut; tout autour se rangent les » salles d'élevage destinées aux œufs et aux larves ; puis » viennent les cellules des neutres affectés au service de la » reine, puis les chambres des soldats ou gardes du corps, » entre lesquelles se répartissent de nombreux magasins rem- » plis de gommes, de résines, de graines, de fruits, de bois, » etc.. Bettziech-Beta affirme qu'au centre du nid il y a tou- » jours une grande salle qui sert de carrefour aux différents » passages et départements du nid ou de lieu de réunion pour » les assemblées populaires {meeting-hall). D'autres pensent » que cette salle joue un rôle dans la ventilation de l'établis- » sèment.

» Les cellules des neutres et des soldats chargés du service » et de la garde du couple royal, sont situées au dessus et au » dessous de l'appartement qu'il occupe. De même que les » chambres d'élevage et les magasins, elles communiquent » entre elles au moyen de passages et de galeries, qui abou- » tissent au centre commun dont il a été question. Cette salle » du milieu est entourée d'arches au ressaut hardi qui vont se » perdre dans les parois des chambres et galeries. Plusieurs » toits et plafonds l'abritent ainsi que les cellules voisines de » la pluie que des canaux souterrains en terre glaise de dix à » douze centimètres de diamètre font écouler. Enfin, sous l'en- » veloppe de terre glaise qui recouvre l'édifice entier, on re- » marque encore de larges i)assages ou plans inclinés à sur- » face unie qui communiquent avec les galeries intérieures et » s'élèvent d'en bas jusqu'aux points les plus élevés; selon

Page 1