‹ L'intelligence des animauxChapitre 95 sur 122 · TRAVAILLEURS ET SOLDATS · texte numérisé non relu

TRAVAILLEURS ET SOLDATS

D toute apparence, ils servent au transport des provisions dans Y le haut du nid *. »

On retrouve chez les Termites la division en deux castes de certaines espèces de fourmis : d'un côté, les travailleurs, de l'autre, les soldats qui, à la moindre attaque, se précipitent au dehors du dôme à la rencontre de l'ennemi, et lui livrent un combat acharné. Ici encore, je ne puis mieux faire que de citer Btichner :

a Si, dit-il, l'agresseur se retire hors de portée les soldats » attendent pour voir s'il ne commettra pas quelques nouveaux » dégâts; mais au bout d'une demi-heure ils rentrent au logis, » comme convaincus que l'ennemi est parti. Aussitôt des nuées » de travailleurs, la bouche pleine de mortier tout préparé, se » mettent à Tœuvre et comblent la broche avec la plus grande » rapidité et d'une manière si entendue que, malgré leur » nombre, ils ne s'embarrassent jamais. Il ne se commet pas » de faute, et tandis qu'au milieu de cette confusion apparente » l'ouvrage procède régulièrement, les soldats se tiennent à » l'intérieur à Texception de quelques-uns qui vont et vienj) nent nonchalamment parmi la foule affairée sans jamais » mettre la main à la besogne. L'un d'eux monte la garde près » de la brèche et, à des intervalles d'une ou deux minutes, » frappe le mur de ses puissantes mâchoires, ce qui produit » une espèce de craquement. A ce signal succède immédiate- » ment un bruissement considérable venant de l'intérieur du » nid et de tous les trous et passages du sous-sol. C'est la » réponse des travailleurs qui redoublent leurs efforts. Que » l'ennemi revienne à la charge sur ces entrefaites, et tout » change aussitôt d aspect. Les travailleurs, dit Smeathman, » disparaissent comme par enchantement à l'intérieur, et à » leur place se présente la masse belliqueuse des soldats. » S ils ne découvrent rien, ils rentrent lentement, les travail- » leurs reviennent et tout se passe comme auparavant. De » cette manière, on peut s'amuser à les faire tour à tour tra- » vailler et se battre aussi souvent qu'on le veut et chaque » fois l'on pourra constater que jamais il n'arrive aux tra- » vailleurs de se battre ou aux soldats de travailler *. »

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