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LES KAKATOÈS

Les plus grands perroquets de l'ancien continent sont les kakatoès. Ces perroquets apprennent difficilement à parler, il y en a même qui ne parlent jamais. Mais ne croyez pas que pour mieux jaser, on soit plus intelligent. Les kakatoès se plient très-facilement à l'éducation, on les apprivoise rapidement. Ils sont, à ce qu'il paraît, devenus domestiques à quelques endroits des Indes, où ils font leurs nids sur le toit des maisons. Cette facilité d'éducation vient, de Taveu de

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Buiïon, du degré de leur intelligence qui parait lîii- Itérieure à celle des autres perroquets; ils écoutent, eotendent et obéissent mieux ; mais c'est en vain

Qu'ils 'ont les mêmes efforts pour répéter ce qu'on *Cur dit ; il semblent vouloir ^ suppléer par d'autres expressions de sentiment et par des caresses affectueuses, lisent, dans tous leurs mouvements, une douceur et une grâce qui ajoutent encore à leur beauté. Buffon raconte qu'on en a vu deux, l'un mâle et l'autre femelle, au mois de mars 1775, à la foire Saint- Gennain de Paris, qui obéissaient avec beaucoup de docilité, soit pour étaler leur huppe, soit pour saluer

les personnes d'un signe de tête, soit pour toucher les objets de leur bec ou de leur langue, ou pour répondre aux questions du maître, avec le signe d'assentiment qui exprimait parfaitement un oui muet. Il indiquaient aussi, par des signes réitérés, le nombre des personnes qui était dans la chambre, Theurc qu'il était, la couleur des habits, etc. Ces perroquets se distinguent aisément des autres perroquets par leur plumage blancj et par leur bec plus crochu et plus arrondi, et particulièrement par une huppe de longues plumes, dont leur tête est ornée, et qu'ils élèvent ou abaissent à volonté.

JACO

Jaco, noyé, appelant à son secours. — Jaco servant d'aumdnier dans un vaisseau*

Jaco ivrogne, musicien et garde-malade.

L'espèce de perroquet qu'on apporte le plus communément en Europe, c'est le perroquet cendré. On le préfère tant par la douceur de ses mœurs, que par son talent et sa docilité ; on Tappello Jaco, parce qu'il prononce ordinairement ce nom. Tout son corps est d'un beau gris de perle et d'ardoise, plus foncé sur le manteau, plus clair au-dessus du corps et blanchissant au ventre; une queue d'un rouge de vermillon, termine et relève ce plumage lustré, moiré et comme poudré d'une blancheur qui le rend toujours frais : l'œil est placé dans une peau blanche nue et farineuse, qui couvre là joue, le bec est noir, les pieds sont gris ; l'iris de Tœilest couleur d'or. La longueur totale de l'oiseau est d'un pied.

La |)lupartdeces perroquets nous sont apportés JaS

a Guinée ; ils Tiennent de l'intérieur des terres de cette partie de l'Afrique. On les trouve aussi à Congo. On leur apprend fort aisément à parler, et ils semblent imiter de préférence la voix des enfants et recevoir d'eux plus facilement leur éducation à cet égard. Au reste, dit Buffon, les anciens ont remarqué que tous les oiseaux, susceptibles de l'imitation des sons de la voix humaine, écoutent plus volontiers et rendent plus aisément la parole des enfants, comme moins fortement articulée et plus analogue par ses sons clairs, à la portée de leur organe vocal. Néanmoins, ce perroquet imite aussi le ton grave d'une voix adulte ; mais celle imitation semble pénible et les paroles qu'il prononce de cette voix sont moins distinctes.

Un de ces perroquets de Guinée, endoctriné en foule par un vieux matelot, avait pris sa voix rauquo 6l sa toux, mais si parfaitement qu'on pouvait s'y méprendre. Quoiqu'il eût été donné ensuite à une jeune personne et qu'il n'eût plus entendu que sa voix, il n'oublia pas les leçons de son premier maître, et rien n'était si plaisant que de l'entendre passer d'une voix douce et gracieuse à son enrouement, à son ton de marin.

Non-seulement cet oiseau a la facilité d'imiter la Voix de l'homme, il semble encore en avoir le désir, n le manifeste par son attention à écouter, par l'effort qu'il fait pour répéter, elcet effort se réitère à chaque instant ; car il gazouille, sans cesse, quelques-unes des syllabes qu'il vient d'entendre, et il cherche à prendre le dessus de toutes les voix qui frappent son oreille, en faisant éclater la sienne. Souvent on est

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étonné de lui entendre répéter des mots ou des sons, que l'on n'avait pas pris là peine de lui apprendre et qu'on ne le soupçonnait pas même d'avoir écoutés. Témoin ce perroquet de Henri VIII dont Aldrovande fait l'histoire, qui, tombé dans la Tamise, appela les bateliers à son secours, comme il avait entendu les passagers les appeler du rivage.

Le Jaco semble se faire des tâches et chercher à retenir sa leçon chaque jour ; il en est occupé jusque dans le sommeil, et Marcgrave dit qu'il jase encore on rêvant. C'est surtout dans ses premières années qu'il montre cette facilité, qu'il a plus de

mémoire et qu'on le trouve plus intelligent et plus docile.

Quelquefois cette faculté de mémoire, cultivée de bonne heure, devient étonnante : témoin ce perroquet, dont parle Rhodiginus, qu'un cardinal acheta cent écus d'or, parce qu'il récitait correctement le symbole des apôtres.

De la Borde en a vu un qui servait d'aumônier dans un vaisseau ; il récitait la prière aux matelots, ensuite le rosaire.

Au dire de Bufffon, Jaco en vieillissant devient ny belle ot n'apprend que dilficilement, et Olina conseille de choisir l'heure du soir après le repas desperro(|uets, pour leur donnei* leçon, parce qu'étant alors plus satisfaits, ils deviennent plus dociles et plus attentifs.

On a comparé l'éducation du perroquet à celle de IVnfant; il y aurait souvent plus de raison, ajoute liulTiui, de comparer l'éducation de l'enfant à celle du

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