CHAMEAU — LAMA
Le premier qui vil un chanieHii S'enfuit à cet objet nouveau.
La Fontaine.
Le chameau est, dit-on, le premier de tous les **^minants par Fintelligence. Cet animal est fort do- ^^le; on le dresse dès son enfance à se baisser, à s'accroupir lorsqu'on veut le charger. Pour l'y former dès H^'il est né, on lui plie les quatre jambes sous le ^^ntre et on le couvre d'un tapis sur le bord duquel ^Hmet des pierres afin qu'il ne puisse pas se relever* ^omme cet animal est très-haut, on l'habitue à s'affais- ^r dès qu'on lui touche les genoux avec une baguette ^fin de pouvoir le charger plus aisément. On le laisse ^insi pendant quelque temps sans lui permettre de teter afin qu'il contracte de bonne heure l'habitude de boire rarement. On ne fait point porter de fardeaux aux chameaux, avant l'âge de trois ou quatre ans. Et, chose curieuse, quand ils sentent qu'ils sont assez
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chargés, il ue faut pas, dit Valmont de Bomare/penser li leur en donner davantage ; autrement ils se rebutent, donnent [le la tète et se relèvent à l'insUnt. EnGn,
.ftii'.iu «pul Id charger.
si on les surcharge avec excès, ils jettent àest men tables.
Le chameau a un vilain défaut ; il est raDCUiuer,fl devient dangereux pour ceux qui te mènent trop rudement ; il garde nn long souvenir du mal qu'on in' a fait, et lorsqu'il peut attraper son ennemi, il l'enlève avec ses dents, le laisse retomber à tetrp ^ le foule aux pieùs jusqu'à ce qu'il soit écrasé. Cellf mauvaise humeur toutefois n'esl, dit-on, que p»sagère, et le chameau, après tout, est un excellenl animal, qui n'a pas, comme on a bien voulu le dir^ c/'antipathic pour Vàue, le ciipval et le mulrt. Tw-
les les fois qu'il se trouve en leur compagnie, le chameau, au contraire,^ est de fort bonne société.
Le lama, qui se rapproche beaucoup du chameau par son organisation, est comme lui docile et intelligent ; sa physionomie est plus spirituelle. Le port de ces animaux, leurs oreilles, longues, étroites, pointues et l très-mobiles, annoncent de la vivacité dans les sentiments; leurs allures, sans être légères, sont franches tt assurées; ils ont de la timidité sans être peureux; fl» preihient facilement confiance en ceux qui les soignent, et paraissent même susceptibles d'une profonde afifection. Le lama s'apprivoise, dit-on, aux régions australes.
BŒU FS ET VAC H ES
Le bœuf aa pas tardif a la force en partage.
On dit d*un esprit lent, pesant et borné, qu'il est 'ourd comme un bœuf. Assurément ce mammifère n*a pas autant d'intelligence que la fourmi ni que l'araignée: ce qui prouve bien qu'il ne suffit pas de jouir d'une grosse tête, d'un cerveau et d'hémisphères pourvus de circonvolutions pour avoir de l'esprit. Nous l'avons déjà dit et nous ne saurions trop le répéter : l'estomac abrutit souvent l'intelHgence. Les grands mangeurs finissent toujours par Tappesantissement de l'esprit. Qui rumine des aliments ne peut ruminer la pensée. Il ne faudrait pas croire, cepen- • dant, que le bœuf est un lourdaud dont on fait ce que Ton veut. Pour l'apprivoiser et le subjuguer, il faut
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s'y prendre dès l'âge de deux ans et demi ou trois uns : !ji l'on attend plus tard, il devient indocile cl souvent indomptable. La patience, la douceur, les caresses ont la plus grande action sur lui, tandis que les mauvais traitements le rebutent et paralysent son intelligence.
Le bœuf bien élevé est doux, patient, traTailleui', et, sans avoir une grande imagination, il creuse avec calme et courage son sillon. Le bœuf m'a toujours paru doué d'une profonde philosophie et je n'ai janjnis vu d'animal regarder le ciel avec un air plus giavt-, ni plus soumis.
Des incrédules croient connaitie la cause de la soumission, de la patience et de toutes les prétendur» qualilés du cœur et de l'esprit qu'on rencontre ch^^ le bœuf. Leur énergie, leur courage, voire méine leur* emportements paternels, se sont changés en vertus passives.
Voyez, au contraire, le taureaul il combat généreusement pour le troupeau et marche volontiers le premier à la tête, en s'annonçant par un mugissement gravi', ainsi qu'on l'observe dans les premiers jours de printemps où ces animaux viennent prendre possession du pciturage. S'il y a deux troupeaux de vaches dans un champ, les deux taureaux s'en détachent et s'avancent l'un vers l'autre , animés par le sentiment de jalousie; les mugissements sont le signal de l'action : alors le* deux rivaux fondent l'un sur l'autre avec impétuoitilc et se heurtent avec violence; le premier choc est sniti d'un second, d'un troisième ; ils se battent avec acharnement, et ne cessent le combat que lorsqu'on
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tes a séparé», ou que le plus i'aiblf ml contraint de céder au plus Ibrt. Alors le vaincu se retire tout triste L't tout honteux: au lieu f|U(' le vaiuqueur retourne
a\cc noblesse et avec orgueil vers son sérail, ilont il devient le seul maître.
Ne voit-on pas dans la dilTéreuce de caractère du bœul' et du taureau l'intluence du physique sur l'esprit? N'est-ce pas là une nouvelle jireuve que les merveilles de l'intelligence reilèlent les meiveille»« de l'organisation? Du reste, on remarque Khei les. mminants que la difl'érence de caractère, entre mâles et femelles, est plus marquée que dans aucune autre classe d'animaux. Peut-on voir des ca-
ractèrcs plus liifl'érents que le laureau et la vache, le liouc et la chèvre, le bélier et la brebis, le cerf et b
Uuelques mots sur telle excellente béte. Ce n'csl |ias qu'elle soit bien intelligente, mais elle a si bon cœur I Néanmoins la vache témoigne qu'elle entend son nom et comprend très-bien les mots qui expriment un ordre ou une défense ; elle en saisit le son et le timbre. Elle s'h.abilue aux personnes qui la soignent, et, si une main étrangère veut la traire, elle retient son lait.
Les vaches paraissent très-sensibles à l'enlèveioent de leurs veaux; elles se plaignent à leur maniéreel mugissent dès qu'elles entendent les vagissements d'un jeune enfant, « On les a vues, dit Fée, se précipiter vers la maison d'habitation et chercher à y pénétrer, trompées par les cris qu'elles avaient entendus. SilB personnes chargées de leur distribuer le fourrage passent à côté d'elles sans leur en donner, elles poussent un mugissement plaintif. Elles ont leur vois pour la joie comme pour la douleur. »
Signalons enlin, chez les vaches, un esprit de subordination très- remarquable. Quand des (roupeaui de vaches se rendent sur les Alpes pour y passer Is belle saison, on voit une vache conductrice lAarchcr lièremcnt à la tète de ses compagnes. Cette vache. qu'on nomme herlkucli, conserve son autorité sur les pacages et rentre en triomphe dans la vallée toujours à ta tête de ses comçagnea.