LE CERF
Ses réflexions et ses ruses.
. . . . . . . Quand au bois,
Le bruit des cors, celui des voix N'a donné nul relâche à la fuyante proi(» ,
Qu'en vain elle a mis ses efforts
A confondre et brouiller sa voie, lAniina], chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors. En suppose îin plus jeune, et l'oblige, par force, A présenter aux chiens une nouvelle amorce.
Que de raisonnements pour conserver ses jours! Le retour sur ses pas, les malices, les tours,
Et le change, et cent stratagèmes Dignes des plus grands chefs, dignes d'un meilleur sort.
La Fontaine, liv. X, f. i.
L'étude de cet animal timide qu'on nomme le cerf, nous fournit une nouvelle preuve de la transformation de rinstinct en intelligence. Jeune, il est effrayé par Taboiement des chiens, il fuit instinctivement, sans réflexion aucune. Devenu vieu.x, il raisonne sa fuite.
Cependant le cerf est un de ces animaux que leur constitution, les inclinations qui en résultent, la manière de se nourrir, et les rapports qu'ils peuvent avoir avec les aulres, ne mettent pas, dit Georges Leroy, dans le cas d'avoir beaucoup d'idées. Il n*a nulle difficulté à vaincre quant à la recherche çle sa nourriture. S'il souffre de la disette, il n'a d'autre ressource que de changer de lieu, et il ne peut être servi par aucun genre d'industrie; ainsi sa mémoire ne se charge, à cet égard, que d'un petit nombre de faits qui lui suffisent. Il apprend et sait bientôt où
■m riF l,'lNTFI.T,I(iF.?inE TIIEZ I.KP ANIMAUX. il trouvera des chalons et des bourgeons tendres a» commencement du printemps, de l'herbe nouvelle el succulente pendant l'été, des grains à la fin de cette saison et des ronces ou des pointes de bruyères, lorsque l'hiver a durci les bbfs et flétri les herbes. La répétition de- ces actes si simples ne suppose ui ne dénote beaucoup d'instruction. Sortir le soir de sa retraite pour aller viander, y rentrer à la pointe du jour, et s'y mettre à la reposée; relever quelquefors vers midi, ou pour manger, ou, s'il Tait Tort chaud, pour aller bnire à quelque marc : voilà l'histoire de la journée d'un cerf, et ee serait celle de toute sa vie, si l'agitation du priutempsetlesembùcbes de riiomme n'y jetaient quelque variété. Cependant, ces actes, tout simples qu'ils lont, supposent encore dans le L'erf expérience, refleMon et choix, puisqu'il est nécessaire qu'il change de gagmge et de retraite, selon les saisons. An printemps et au commencement Js l'été, la nécessité de refaire sa lete et de ménager un bois encore tendre et sensible l'oblige à chercher les buissons ccaitos dans lesquelb il peut espérer liD^ tranquillité piofonde En hner, la rigueur da froM le porte à habiter les futaies et les fonds de forêts Toisines des gagnages convenables à la saison. Mais ^ choix de retraite ne suppose encore qu'une seule conséquence tirée directement d'une seule observation, Lorsqu'il a été plusieurs fois inquiété dans son asilfi il met à se cacher un art qui ne peut être que le fniil de vues plus fines et d^ réflexions plus compliquées. Souvent il change de buisson en raison du vent, pour Hre à poi'tée de sentit el à' &Q\£adT« ce tpi pi
rïS BIlMn-ANTS. 333
le menacer de dehors. Souvenl, an linu de rentrer d'assurance et d'aller droit se mettre à sa reposée, il fait de faux rembûchcments ; il entre dans le bois, il en sort, il Ta et revient sur ses voies à plusieurs re- (irises. Sans avoir d'objet présent d'inquiétude, il fait les mêmes ruses qu'il ferait pour se dérober à la poursuite des chiens, s'il se sentait chassé par eux. Cette prévoyance annonce des faits déjà connus et une suite d'idées et de présomptions qui sont la conséquence tic ces faits ; car il faut nécessairement qu'une trfle démarche soit le produit des raisonnements qui suivent :
Un chien, conduit par un homme,' m'a plusieurs fois forcé de fuir et m'a suivi longtemps à la trace; donc ma trace lui a été connue : ce qui est arrivé plusieurs fois peut encore arriver aujourd'hui, donc
([faut qu'aujourd'hui je me précautionne contre ce y est déjà arrivé. Sans savoir comment on fait pour KUiaitre ma trace et la suivre, je présume qu'au nyen d'une fausse marche, je pourrai dévoyer m&s nirsuivants : donc il faut que j'aille et revienne sur les voies pour leur en dérober la connaissance et Ssurer ma tranquillité.
« Quiconque, dit Georges Leroy, réfléchira sur la nécessité d'un motif pour produire une détermination aussi compliquée, et l'action qui en est la suite, verra que celle-ci ne peut pas être le produit de ce qu'on appelle instinct : c'est, en effet, du raisonnement el de la belle et bonne intelligence. »
Ktrc effrayé du bruit des chiens et tâcher d'échap- ^jMir à leur poursuite, c'est dw
224 DE L'INTELLKiENCE CHEZ LES ANIMAUX.
pur effet de Tinstinct. Mais diriger sa fuite d'après (les faits connus, la raisonner, la compliquer, c'est l'effet d'un principe intelligent qu'on ne peut méconnaître dans le cerf. Lorsqu'il est encore sans, expérience, sa fuite est simple et sans méthode. Coimne il ne connaît que les lieux voisins de celui où il est né, il y revient souvent, ne les quitte qu'à regref et i 11 dernière extrémité, mais lorsque la nécessité répétée de se dérober à la poursuite Ta forcé de réfléchir sur la manière dont il a été poursuivi, il se compose on système de défense et il épuise tout ce que raction de • fuir j)eut composer de variétés et de desseins.
Il s'est aperçu que, dans les bois fourrés où le contact de tout son corps laisse un sentiment vif de son passage, les chiens le suivent avec ardeur et sans inte^ niption; il quitte donc les bois fourrés, passe dans les futaies ou longe les routes. Souvent il prolonge ta fuite, c'est-à-dire qu'il change de pays et profite pmff s'éloigner de l'avantage de sa vitesse. Mais, quoiqu^il nentende plus les chiens, il sait que bientôt il sen rapproché par eux , aussi, loin de se livrer à une séciH rite dangereuse, il profite de ce temps de répit pour imaginer de tromper ses ennemis. lia remarqué qu'il était trahi par les traces de ses pas, et que la poa^ suite s'y attachait constamment; pour dérober ta marche, il court souvent en ligne droite, revient sur les voies et, se séparant ensuite de la terre par plusieurs sauts consécutifs, il met en défaut la sagacité des chiens, trompe Tcril du chasseur et gagne au moins du temps. Ouelqnofois ^1 prend le parti àc forlonger aussitôt (|u'il est atlaqué. Quoh|uefois il
ommence par des ruses, il se jette à terre, se fait élancer comme s'il était mal muni et puis tout à 3up il s'éloigne avec toute la vitesse dont il est caible.
S'il paraît vouloir prendre du repos, ce n'est jamais ^rsque les chiens sont éloignés de lui. Mais js'il est ressé, il lui arrive souvent de se jeter sur le ventre îns l'espérance que l'ardeur les emportera et qu'ils itre-passeront la voie; et quand cela est arrivé, il îtourne sur ses derrières.
Souvent il va- chercher d'autres bêtes de son espèce 3ur s'accompagner.
On pourrait croire que c'est l'effet de ce sentiment àturel qui porte à chercher la compagnie pour se issurer; mais une preuve qu'il a un autre motif, est que son association ne dure pas aussi longtemps uele danger. Lorsque la horde à laquelle il s'est rallié ît assez échauffée pour partager le péril avec lui et ue l'ardeur des chiens peut s'y méprendre, il la laisse tpcsée et se dérobe par une fuite plus rapide. Le lange en résulte souvent, et cette ruse est une de illes dont le succès est le plus assuré.
On trouve dans le Traité de vénerie de Budé, publié ur M. H. Chevreul, toutes les ruses qu'imagine le rf pour se sauver, comment il évite d'aller contre le nt, comment «l'on veoit le cerf se jeter en un trouau de bœufs, et saillir sur l'un d'eulx, appuyé dess par les jambes et espaules de devant, courant assez aguement comme s'il estoit à cheval, touchant la rre avec les pieds de derrière seulement, afin de isser au chien le moindre sentiment de soy. »
Le nom de pachyderme est tiré de deux mot*; grecs qui signifient : « peau épaisse. » Ce nom fut d'abord donné à un ordre comprenant tous les animaux ongulés ou ruminants; letirs dents varient dans leur force et leur structure; le nombre de leurs doigts varie également; il est d'un jusqu'à cinq. Ainsi le cheval n'en a qu'un, le cochon deux à l'étal parfait, et deuxrudimentaires, le rhinocéros trois, le daman trois aux pieds de derrière et quatre aux pieds de devant, l'hippopotame quatre et l'él-éphant cinq. La diversité de ces caractères a fait diviser les pachydermes en plusieurs groupes ou familles : celui des proboscidiens, celui des pachydermes ordinaires, comprenant le rhinocéros, l'hippopotame, le cochon, le tapir, etc.; le groupe des solipèdes, le cheval. Aujourd'hui on range ces mammifères dans les ordres suivants.
Prohoscidiens. Les éléphants sont les seuls représentants de ce groupe ; animaux énormes dont le nez est développé de manière à constituer une longue trompe à l'aide de laquelle ils saisissent les corps dont ils veulent s'emparer, arrachent les arbres, soulè-
vent des fardeaux considérables, et frappent les ennemis dont i!s cherchent à se défaire.
Ces animaux ont deux sortes de dents : des incisives constituant de longues défenses et des molaires appropriées à un régime essentiellement végétal.
Leur cerveau a de nombreuses circonvolutions, les hémisphères possèdent trois lobes et atteignent le cervelet.
Ils ont les yeux petits, spirituels et l'odorat Irès- Hn.
L'éléphant est, comme nous allons le voir, un dos animaux les plus intelligents.
L'ordre des jumentés, qui fait aussi partie de l'ancien groupe des pachydermes de G. Cuvier, sont des animaux dont les doigts sont enveloppés dans des onglons ou sabots, mais sans que leurs pieds soient bisulces, même lorsqu'ils ont quatre doigts. Le nombre est le plus souvent impair et réduit à trois. C'est à cet ordre qu'appartiennent les chevaux, les tapirs et les rhinocéros.
l'éléphant
L'éléphanl musicien, — courtisan, — fabricanl de bouquets. — Sa haine. Sa générosité. — Son afrection pour les enfants.
L* animal , dit Buffon , est un être purement ma- • tériel, qui ne pense ni ne réfléchit et qui cependant agit et semble se déterminer. Nous ne pouvons pas douter, ajoute-t-il; que le principe de la détermination du mouvement ne soit dans l'animal un effet purement mécanique. Et cependant ce même Buffon s'ex])rime
ainsi au sujet de l'éléphant : « Il a les .yeux petits relativement au volume du corps, mais ils sont brillants et spirituels; et ce qui les distingue de ceux de tous les autres animaux, c'est l'expression pathétique du sentiment et la conduite presque réfléchie de tous leurs mouvements; il les tourne lentement et avec douceur vers son maître ; il a pour lui le regard de l'amitié, celui de l'attention lorsqu'il parle, le coup d'oeil de l'intelligence quand il Ta écouté, celui de la pénétration lorsqu'il veut le prévenir; il semble réfléchir, délibérer, penser et ne se déterminer qu'après avoir examiné et regardé à plusieurs fois et sans précipitation, sans passion les signes auxquels il doit obéir.
« L'éléphant une fois dompté devient le plus doux, le plus obéissant de tous les animaux ; il s'attache à celui qui le soigne, il le caresse, le prévient et semble deviner tout ce qui peut lui plaire ; en peu de temps il vient à comprendre les signes et même à entendre l'expression des sons ; il distingue le ton impératif, celui de la colère ou de la satisfaction, et il agit en conséquence. Il ne se trompe point à la parole de son maître ; il reçoit ses ordres avec attention, les exécute avec prudence, avec empressement sans précipitation, car ses mouvements sont toujours mesurés. »
Un animal qui arrive à entendre l'expression des sons, à les distinguer et qui agit en conséquence, est' sans aucun doute un être intelligent. L'éléphant est le seul animal avec la baleine qui ail le cerveau plus grand que celui de l'homme absolument parlant.
Buffon ajoute : « Quoique l'éléphant ait plus de mé-
moire et plus d* intelligence qu'aucun des animaux, il a cependant le cerveau plus petit que la plupart d'entre eux relativement au volume de son corps, ce que je ne rapporte que comme une preuve particulière que le cerveau n'est point le siège de sensation, le sensorium commun, lequel réside, au contraire, dans les nerfs des sens et dans les membranes de la tête. Aussi les nerfs qui s'étendent dans la trompe de l'éléphant sont en si grande quantité, qu'ils équivalent pour le nombre à tous ceux qui se distribuent dans le reste du corps. C'est donc en vertu de cette combinaison singulière des sens et des facultés uniques de la trompe, que cet animal est supérieur aux autres par Tintelli- ' gence malgré Ténormité de sa masse, malgré la disproportion de sa forme, car Téléphant est en même temps un miracle d^ intelligence et un monstre de matière.*» Toutes ces contradictions, toutes ces hésitations chez Buffon, ne prouvent -elles pas que Tillustre naturaliste, parti d'une idée fausse, l'automatisme des bêtes, est forcé, malgré lui, de reconnaître leur intelligence, mais il n'en méconnaît pas moins le véritable siège de cette intelligence, qui réside non pas dans les nerfs, mais plus spécialement dans les hémisphères cérébraux, lesquels, chez les pachydermes, ont trois lobes tandis que les rongeurs n'en ont qu'un et les ruminants deux. Ils viennent immé- * diatement après les carnassiers, qui ne sont séparés de rhomme que par lès singes. Ici se trouve confirmée cette loi qui veut que Tintelligence marche parallèlement au développement des hémisphères cérébraux. Le cerveau de l'éléphant a de nombreuses circonvolu-
tions; et, contrairement à Tidée de Buffon, cet organe n'est pas plus petit que celui de la plupart des animaux. Il est démontré, au contraire, que le rhinocéros, l'hippopotame, le gorille, toutes choses égales d'ailleurs, sont plus petits que lui. Ajoutons que ce centre de réflexion est admirahlement servi par les sens.
L'éléphant a Toreille parfaitement organisée, Touïe excessivement fine. Il aime la musique, il apprend aisément à marquer la mesure, à se remuer en cadence et à joindre à propos quelques accents au bruit des tambours. Son odorat est exquis et il aime avec passion les parfums de toute espèce et surtout les fleurs odorantes ; il les choisit, il les cueille une à une, en fait des bouquets, et, après en avoir savouré l'odeur, iries porte à sa bouche et semble les 'goûter.
Le toucher, dont le siège principal est dans sa trompe, est très-délicat. Il peut apprendre à tracer m l'aide de cette sorte de main des caractères réguliers, elle peut palper en gros et toucher en détail. Le toucher est si près de Todorat, que ces deux sens se prêtent un mutuel concours. L'éléphant a le nez dans la main.
Avec une organisation aussi complète, il ne faut pas nous étonner de la merveilleuse intelligence de l'éléphant. L'Académie des sciences a consigné des faits intéressants, transmis par ceux qui gouvernaient Télépliant à la ménagerie de Versailles.
Cet éléphant semblait connaître quand on se moquait de lui, et s'en souvenir pour s*en venger quand il en trouvait l'occasion. A un homme qui l'avait trompé, faisant semblant de lui jeter quelque chose
les' PACHYDERMES. 233
dans la gueule, il donna un coup de trompe qui le renversa et lui rompit deux côtes.
n se servait moins bien de sa force que de son adresse, laquelle était telle, qu'il s'ôtait avec beaucoup de facilité une grosse double courroie, dont il avait la jambe attachée, la défaisant de la boucle et de l'ardillon ; et quand on eut entortillé cette boucle d'une petite corde renversée à beaucoup de nœuds, il dénouait tout sans rien rompre. Une nuit,, après s'être ainsi dépêtré de sa courroie, il rompit la porte de sa loge si adroitement, que son gouverneur n'en fut point éveillé ; de là il passa dans plusieurs cours de la ménagerie, brisant les portes fermées, et abattant la maçonnerie quand elles étaient trop petites pour le laisser passer, et il alla ainsi dans les loges des autres animaux, ce qui les épouvanta tellement, qu'ils s'enfuirent tous se cacher dans les lieux les plus reculés du parc.
A Madagascar, le cornac d'un éléphant, ayant une noix de coco dans la main, trouva bon par fanfaronnade de briser cette noix contre la tête de l'animal. Le jour suivant, l'éléphant vit des noix de coco exposées dans la rue devant une boutique ; il en prit une avec sa trompe et tua le cornac sur place.
L'éléphant est vindicatif, mais il est reconnaissant. Un soldat de Pondichéry, qui avait coutume de porter à un de ces animaux une certaine mesure d'arack chaque fois qu'il touchait son prêt, ayant un jour bu plus que de raison, et se voyant poursuivi par la garde qui voulait le conduire en prison, se réfugia sous l'éléphant et s'y endormit. Ce fut en vain que la garde
tenta de Tarracher de cet asile : l'éléphant le défendit avec sa trompe. Le lendemain, le soldat, revenu de son ivresse/frémit à son réveil de se trouver couché sous un animal d'une grosseur énorme. L'éléphant, qui, sans doute, s'aperçut de son effroi, le caressa avec sa trompe pour le rassurer et lui fit entendre qu'il pouvait s'en aller.
On a voulu mettre en doute la générosité de l'éléphant en disant qu'il avait une aversion pour les petites créatures. Le major Smith raconte un fait qiri dément complètement cette assertion. Un éléphant donné en spectacle, il y a quelques années dans ta; États-Unis d'Amérique, avait une grande affection poitf un chien. Les spectateurs, en vue de taquiner Y&éphant, s'amusaient de temps en temps à tirer les oreilles du chien et à le faire aboyer. Un jour, ce divertissement avait lieu près d'une grange dans l'intérieur de laquelle se trouvait renfermé le solennel pachyderme. Aussitôt que^ l'éléphant eut entendu la voix de son ami en détresse, il donna un grand coup dans les planches qui le séparaient du chien et parut étonné que l'obstacle ne s'écroulât point sous son poids. Alors il frappa avec encore plus de force, fit voler les planches en éclats, et regarda au travers de la brèche qu'il avait ouverte, avec des gestes si menaçants, que les tourmentenrs du chien trouvèrent à propos (le décamper.
Le docteur Franklin rapporte qu'il a vu dansTlndo la l'emmo d'un malioud couder la garde d'un trèsjeune enfant à une de ces gigantesques créatures. Je nie suis même fort diverti, dit-il, à considérer la
raganté pt Ips sotn'^ délicats qup ptodiguait i s in marmot cette pesante bonne d enfant en I absen e ic . la mère occupée ailleurs
I L'éléphant avait pris sa cliarge au sérieux. L'en- ^ ftnt qui, comme beaucoup d'autres enfants, n'aimait point à restar longtemps dans ta même position et rpii voulait qu'on s'occupât de lui, se mettait à crier dès qu'il se sentait abandonné à lui-même. Il arrivai! même qu'il s'embanassât dans les jambes de l'animal ou dans les branches d'arbre dont ce dernier se nourrissait.
L'éléphant alors le dégageait avec une tendresse admirable, soit en le soulevant avec sa trompe, soit
2M hV. f/[NTELI,lGENCE CHEZ I,ES ASIIIÀUX.
en écartant les obstacles qui pouvaient gêner les mouvements du bambin. Si, par hasard,' l'enfant avait atteint en se traînant une dislance qui dépassât le
L'éléphant bonne dealïnt.
cercle d'action de l'animal (car la pauvre béte étaK encbainéc par le pied), l'éléphant allongeait sa trompe et ramenait l'enfant avec autant d'adresse que de douceur au point d'où notre petit turbulent s'était écarté- La docilité de l'animal aux ordres du maître n'était égalée que par sa bienveillance envers l'enfant.
L'éléphant est avec le chien peut-être une des seules créatures auxquelles on puisse conlier une charge et cnii la remplisse sans être sous l'œil du maître.
La bienveillance de l'éléphant se montre quelquefois accompagnée de laus les Rlgnes de la réflexion.
Un officier d'artillerie rapporte le fait snivanl :
Li' train de siège qui se dirigeait vers Seringapatam devait traverser le lit sablonneux d'une rivière.
Il arriva qu'un des hommes du train, qui étail assis sur un des caissons, tomba. La situation était des plus critiques, et dans une seconde on deux, les roues de derrière devaient passer sur lui.
L'éléphant, qui marchait derrière le caisson, apcrce-
a t le da (;er q e oura t c nidli re x a 1 stant eme t san auc n ordre de bon gar I en souleva la roue avec sa trompe et la tint suspendue en 1 air |us (|u'à ce que le caisson eut passé sur l'homme sans lui Taire de mal.
Tavernier, cité par Buffou, rapporte que de cinq éléphants pris par des chasseurs, cinq se sauvèrent quoiqu'ils eussent des chaînes et des cordes autour de
leur corps et même de leurs jambes. 11 ajoute qm:^^ les éléphants, ayant été une fois pris dans un trc^" creusé sur leur passage et dissimulé avec des hnw^' chages, sont, une fois échappés de ce piège, hw^^ une défiance remarquable; ils arrachent avec leu^r trompe une grosse branche « dont ils vont, sonda«m partout, avant que d'asseoir leur pied, s'il n'y a poi^nt de trous à leur passage pour n'être pas attrapés u«r»c seconde fois... »
M. Thomas Anquctil a publié un article intéressaKit sur l'éléphant de l'Inde; nous en extrayons lespa-Ssages suivants.
Dans ce pays, dit-il, ce sont les éléphants qui AxatSrient le bois de ieck^ de Tcndroit où il a été abatt^u dans la forêt et sur les collines, jusqu'à celui où on rassemble en trains flottés, au bord des rivières, deuiX points souvent éloignés de plusieurs lieues l'un de l*autre. Bien mieux, l'éléphant dressé à cette besogne la continue seul, même en l'absence de son cornac Celui-ci le mène à la forêt, le met à l'ouvrage, et n<3 s'occupe plus de lui. Le pachyderme, parvenu au bord de la rivière avec son fardeau, détache à l'aide de sb trompe le crochet d'attelle, s'en retourne à la forêt, fixe de nouveau le crochet aux lianes ou harts dont Ifcs troncs destmés à être transportés ont été garnie' préalablement, puis il repart pour la plage, et ainsi àe Suite, sans qu'il lui arrive de se tromper, de ralentie le pas ou d'interrompre le travail jusqu'à ce que son gardien aille le chercher, nes'inquiélantpasle nioiiiî^ du monde, durant ce long parcours, des accidents dt' t èrrains bu autres obstacles de même nature, parce
qu'il est en état de les franchir aisément, grâce à sa vigiieur extraordinaire.
Les éléphants qui servent de monture franchissent avec facilité les sentiers les plus escarpés ainsi que les chemins obstrués de branchages ou de broussailles ; les pierres ou les éclats de roche, ils les écartent de même.
Xes Indiens avaient dressé cet animal à tourner des manèges; les Anglais l'emploient à faire marcher des moteurs mécaniques bien plus délicats, bien plus puissants et bien plus compliqués.
On me fit voir près des ruines d'Ava, où subsiste encore certaine communauté chinoise , un éléphant jongleur. A cinquante pas, il ne manquait jamais le palmier latanier contre lequel on l'avait exercé à lancer des pierres. Ensuite, prenant plusieurs gros anneaux de fer, il les jetait en l'air et les recevait au bout de sa trompe comme le bâtonniste, que l'on rencontrait autrefois sur les places de Paris, le faisait avec sa canne. Il exécutait aussi la danse des œufs et se livrait à des tours d'équilibre, de gymnastique, etc. Enfin il débouchait à merveille une bouteille de soda water.
Les livfes sacrés de l'Inde parlent d'un éléphant appelé Khouny-Noor — diamant noir, — qui était chéri du rajah auquel il appartenait. Des révoltés s'emparèrent de leur souverain, le couvrirent de chaînes et l'emmenèrent en captivité ainsi que Khôuny-Noor. Celui-ci ne laissa percer aucuti signe de mécontentement : il préparait silencieusement sa vengeance... Par une nuit sombre, il étouffa ses gardiens, brisa les fers de son maître, s'enfuit avec lui et contribua
240 DE l/lNTEhLlGENCE CHEZ LES ANIMAUX
.delà sorte % le faire remonter sur le trône. Les trowj pes de bateleurs indiens possèdent toutes un élépha-ani dressé à simuler les scènes dont la plupsgrt de nos lecteurs ont probablement vu la représentation à Fuu de nos cirques ou hippodromes.
Voici un récit assez curieux. Un jeune seigneur birman s'était remarié. Le lendemain du jour des noces, dans la matinée, la nouvelle épouse, environnée d'un essaim de suivantes, voulut prendre le frais sur la varande, espèce de galerie couverte qui règne autour des habitations de quelque importance. L'éléphant favori du maître — celui qae montait habituellement le jeune seigneur — se promenait à ce moment, sous la surveillance du cornac , dans un enclos palissade au centre duquel était située l'habitation. Ayant remarqué la présence des femmes, que fit notre pachyderme?... Il s'approcha de la varande, s'appuya délicatement contre une barrière de bambous destinée à enclore un jardin d'agrément, cueillit la fleur la plus belle, la plus fraîche, la plus frêle, avec cette saillie en forme de doigt qui termine le bourrelet dont sa trompe est munie, puis il agita seô larges oreilles, fit entendre un cri expressif, imprima un air d'animation significative à ses yeux s' doux et si vifs; après quoi, relevant la tête et arrondissant sa trompe avec grâce, il tendit la fleur au niveau de la balustrade... Une des femmes allonge'» le bras; l'éléphant retira sa trompe. Le même manège s'élant renouvelé à plusieurs reprises, le niaiti'^' voulut prendre la fleur; rélépliant ne relira pas J^a trompe, mais il ne lâcha pas la fleur... Enfin, sol-
■^citee, la reine de la fête avança la main en trem- "*ant ; aussitôt ce courtisan improvisé lui remit galara- ^^^Tit son offrande. Jugez s'il fut choyé depuis lors I
^< Je puis garantir le fait, dit le narrateur, car j'y assistais. » •
Le personnage en question n'est autre chose que le "1^ aîné d'un nommé Cameratta, ex-cuisinier, d'ori- S*ne portugaise, devenu par son entregent et sa souplesse le favori, Thomme de confiance, l'intendant, le factotum de Tempereur des Birmans et le directeur des douanes de l'empire. Le fils était lui-même chef de la douane de Mandalay, la capitale, ce qui ne l'em- Pèchait pas d'être gouveriieur d'un district où il ne ^^sidait jamais.
Aujourd'hui les Anglais, dans l'Inde, attellent Télé- Phant à la charrue ; de ce hel animal guerrier ils ont *^it un pacifique laboureur. D'habiles fondeurs de la ^ï'ande-Bretagne fabriquent d'énormes et de très- *ûrtes charrues. Le paquebot les apporte à travers la -'ïédilerranée, l'isthme de Suez, la mer Rouge et la j^^r des Indes ; l'éléphant est habitué à traîner cet ^^sirument. Chaque matin, à la pointe du jour, il P'^end son ami, le cornac, par la ceinture, le place ^^rson dos et s'en va aux champs. On conlie à deux ^^lels de ferme le soin de tenir les deux mancherons ^ la charrue. Tant que le soleil est au-dessus de Horizon, l'éléphant marche, et en marchant il sou- ^Ve, derrière ses pas, une bande de terre ou plutôt ^^e longue colline : c'est ainsi qu'il trace un sillon ^ \m mètre et demi de largeur sur un mètre de pro-
LE CH EVAL
Soupl&sse d'intelligence. — Mémoire. — Chevaux de régiment.
La plus noble conquête que rhorame ait jamais faite ^^ est, sans contredit, celle de l'intelligence du cheval Tout, dans cet animal, respire la vivacité et l'énergie Ce besoin continuel d*agir, cette impatience dans L ^ repos, cette crispation des lèvres, ce trépignement A c pieds, indique un pressant besoin d'activité. A l'annpleur de son crâne, à la largeur de son front, on recoonaît les signes de l'intelligence. Et, en effet, presque toujours, le cheval intelligent, qui comprend facile- 1^ ment les ordres de son maître, a la tête développée, r"^ les yeux écartés et bas, les mâchoires relativement "^ courtes, le haut de la tête large et les oreilles écartées l'une de l'autre, les yeux et les oreilles très-mobiles; il tourne son encolure à droite et à gauche, comme s'il voulait parler ou demander quelque chose.
Le cheval a aussi une sensibilité très-grande. A la moindre excitation, sa respiration s'accélère, son pouls devient vif et fréquent.
Non-seulement son cerveau est développé et est pourvu de circonvolutions, mais le cheval possède des sens exquis. Il a les yeux enfermés de manière que, tout en pâturant, il porte la vue très-loin dans la direction horizontale, et que, mieux que l'homme, il distingue les objets pendant la nuit. Son ouïe est délicate, et il a la faculté de recueillir les ondes sonores, au moyen de conques auriculaires grandes et mobiles.
Cetle mobilité de l'oreille peut servir à reconnaître '^ caractère ou les impressions du cheval. Une oreille ^^.rdie, três-raobile indique l'activité. Une oreille, Souvent déplacée, portée de tous cétés, surtout si le <^l»eval regarde à droite, à gauche, en arrière ; une Paupière supérieure froncée, un regard tantôt (ixe, tantôt incertain, indique un cheval ombrageux, peul'ouï. Un cheval qui dirige ses oreilles en avant, cherchant à flairer la personne (jui l'approche, est doux, Confiant, disposé à recevoir des caresses.
Len fesses nasales du cheval sont amples et ses narines propres à percevoir de fort loin les particules odorantes ; sa délicatesse pour la nourriture est plus , grande qu'elle ne Test dans les autres espèces herhi- :s; son goût est plus développé; sa lèvre supérieure est douée d'une grande facilité de mouvements pour )alper et ramasser les aliments. La peau est d'une Ixquise sensibilité, et il jouit de la faculté de la faire roncer pour chasser les insectes pernicieux on incommodes.
Sa vois, qui se nomme hennissement, se module :ur ses sensations, ses désirs, ses passions : de là cin^ ^rtes de hennissements bien caractérisés i
1° Celui d'allégresse, dans lequel les sons montent Ides tons toujours plus forts et plus aigus ; l'animal rpadit, il a l'air de ruer, mais il n'a aucune intention B nuire ;
' Celui de désir; les accents alors se prolongent tt deviennent plus graves ;
3" Celui (le la colère: il est court, aigu, entrevu pé ; l'animnl clierche à ruer, à frapper des 1
pieds de devant s'il est vigoureux, à mordre s'il est méchant ;
i° Celui de la peur : il est grave, rauque, il ne sem);)le sortir que des naseaux, et comme celui de la colère, il est fort court ;
5° Le hennissement de la douleur: c'est un gémissement, une espèce de toussement étouffé, don les sons graves et sourds suivent les mouvements d la respiration.
Ce sont les chevaux les plus nobles et les plus i telligents, comme aussi les plus heureux, qui hennir sent le plus souvent d'allégresse et de désir.
Les chevaux sauvages se choisissent des chefs qn/ donnent le signal du départ ; quand un pâturage es/ épuisé, ils marchent à la tête de la colonne, s'élancew/ les premiers à travers un ravin, une rivière, un bois inconnu , qu'il importe de franchir. Apparaît-il un objet extraordinaire, le chef commande une halte, il va à la découverte et, après son retour, il donne par un hennissement convenu le signal de la confiance, de la fuite ou du combat. Se présente-t-il un ennemi redoutable qu'on ne veuille ou qu'on ne puisse pas éviter par la fuite, on se réunit en pelotons serrés et circulaires, toutes les têtes tournées vers le centre, dans lequel se réfugient les jeunes animaux ; il est rare qu'à la vue d'une pareille manœuvre, les tigres et les lions ne fassent pas une retraite préci pilée.
Ces hordes, fortes ordinairement de plusieurs mi liers d'individus , se divisent en plusieurs famille dont chacune est ïovmêe \i^\ ww w\^V ^V \vw certî
^^rtibre de juments et de poulains qui les suivent ^^ec abandon et lui obéissent avec docilité.
Le cheval chef est le sultan exclusif : toutes les ca- ^siles lui appartiennent par le droit du plus fort ; malheur au téméraire qui vient lui disputer son sérail ^t son autorité I il le défie, le combat, le force à s'éloigner et quelquefois lui fait payer de sa vie son audace ; le plus souvent néanmoins, il lui pardonne ; ïUais il ne serait pas si généreux s'il pouvait prévoir ^e cet ennemi vaincu va attendre que l'âge ait augïïienté ses forces et doublé son courage, pour renou- "Veler le combat ; et qu'alors lui-même devenu vieux,' et ayant perdu une partie de sa vigueur, il succombera sous les coups de son rival ou il mourra de douleur et de honte.
Que font les juments, lorsque des rivaux furieux se disputent? Elles paissent tranquillement, sans paraître prendre aucun intérêt à l'issue du combat, et elles se rangent, ensuite, docilement sous les lois du vainqueur.
Les choses se passent à peu près ainsi dans les haras. Toujours au moment où Tempire de l'homme . cesse de peser directement sur les animaux de haras, il s'élève parmi eux des chefs qui sont presque toujours des vieux mâles. Tant il est vrai que, chez les animaux sociables, seuls susceptibles de devenir domestiques, la subordination leur est inspirée par la nature; ils se soumettent à l'un d'entre eux, et cette habitude a pour objet la conservation des espèces.
L'habitude de marcher en troupe el de \xv^wcê\5^\^\
comme sous le commandement de chefs pris dans son espèce même, rendait le cheval plus propre qu'aucui^ autre animal aux travaux de la guerre, et l'homme n'a fait que profiter d'un penchant naturel en le dre^ sant pour les combats ; aussi remarque -t-on que c^ animaux, retrouvant dans la vie qu'on leur fait mea. ^ dans les régiments des rapports avec leurs pc*c près mœurs, s'y plaisent et s'y portent mieux cj^é dans toute autre condition de servitude; ils y acquièrent les connaissances de tous les mouvements qui peuvent être ordonnés, au point d'étie hienlôt ' capables, non-seulement de les comprendre, mais même de diriger le cavalier inexpérimenté, qui les monterait : celui-ci est-il emporté par un boulet de canon, le vieux cheval de troupe ne déserte pas les rangs : il continue de suivre son chef de file. Grognier rapporte qu'il en a vu, lorsque les colonnes de cavalerie traversaient un champ de bataille de la veille où plusieurs chevaux avaient été abandonnés, accourir et suivre, autant que leurs forces défaillantes le leur permettaient, les escadrons où ils semblaient reconnaître d'anciens camarades.
Les chevaux redevenus libres dans les steppes du nouveau Mexique et dans les pampas de Buenos Ayres, a-t-ondit, ne doivent à aucun modèle, à aucune expérience, leur tactique d'attaque et de défense... L'imitation ne leur a doncrien appris, et leurs facultt'î^ naturelles endormies pendant des siècles se sont réveillées vierges de toute altération... Mais en pouvaitil être autrement? Les habitudes et les mœurs chez les animaux sont-elles autre chose (|ue la conséquence né-
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cessaire de leur organisation? Si la domesticité ou toute *iitre cause vient à les altérer, ou que l'influence étrangère cesse, la nature reprend ses droits. Ce qu'on regarde comme un prodige dans le retour du cheval *»U\a^e de l'Amérique à la façon de vivre du cheval ils la Scythie, arrive, dit Grognier, à toutes les espèi^6s qui, rendues à la liberté, se débarrassent, comme '^Ur devenant inutile, de tout ce que nous leur avons appris, parce que l'éducation leur est un stigmate •l'esclavage.
Un sentiment qui parait surtout propre au cheval, c'est l'émulation. Quiconque a été témoin d'une Course de chevaux a pu se convaincre decette ardeur, de cette concurrence qui, de raùme que chezieshommes civilisés, suscite leurs facultés et leur énergie.
Le cheval est doué d'une grande mémoire. Il est arrivé à quantité de personnes de s'égarer la miif dans les chemins, et toujours en se laissant guider par le cheval, on a été sûr de retrouver sa route. Franklin rapporte qu'il avait un cheval qui le conduisait dans un pays de montagnes, difficiles à reconnaître. Toutes les fois qu'il avait perdu son chemin, il laissait flotter la bride sur le cou de l'animal qui, abandonné à lui-même, nemanquait jamaisde retrouver sa route.
L" intelligence du cheval serait encore plus grande si, au lieu de la limiter à un seul ordre de services mécaniques, on prenait la peine de développer celte intelligence en la mettant en contact avec divers ordres de faits. Les chevaui les plus sagaces sont en généralleschevauxderégiment, parce que les cavaliers,
dans leurs moments de loisir, prennent la peine de leur parler, de les dresser à toutes sortes d'exercices. Le cheval de guerre est un compagnon, un ami pour^ le soldat. 11 entend la voix de Thomme, il partage ses passions belliqueuses, il hennit de fureur contr-^ Tennemi. On se rappelle qu'en- 1809, les Tyrolier^^ dans une deleurs insurrections, prirent quinze chevaux bavarois et les montèrent. Mais dans une rencontra» avec un escadron du régiment, ces chevaux s'échappèrent au grand galop et portèrent leurs cavaliers, en dépit de tous les' efforts de ces derniers dans les rangs des Bavarois, ou ils furent faits prisonniers.