XII PRÉFACE
mune en a huit mille, et Ton en compte jusqu'à vingt-cijiq mille chez certains papillons. Chacun de ces organes présente, même dans des propoi> tions microscopiques, la plupart des parties qui entrent dans la composition de notre globe oculaire. Intimement agglomérés entre eux, les yeux suppléent parleur volume à leur immobilité. Leur masse est telle que, sur certaines mouches, elle envahit la presque totalité de la tôte et forme même le quart du poids du corps. La forme et la couleur de ces yeux ne sont pas moins multipliés, ni moins remarquables ; elles correspondent, sans aucun doute, à des modifications dans le sens de la vue.
Ceux qui cherchent leur nourriture pendant la nuit, ont les yeux plus foncés pour mieux absorber les moindres rayons lumineux : chez les insectes carnassiers, ils sont plus grands.
Certaines espèces aquatiques en offrent quelquefois plusieurs paires. Les uns sont dirigés en haut, les autres en bas ; dô manière que, nageant à la surface de l'eau, Tanimal voit le poisson qui le menace dans sa profondeur ou l'oiseau qui va fondre sur lui. D'autres ont sur le dessus de la
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tête trois petits yeux disposés en triangle ; ce sont trois puissants microscopes très-bombés ; on les trouve surtout chez les insectes qui habitent des galeries peu éclairées, ou qui construisent des nids. Ils ont besoin d'apercevoir de tout près les plus petits objets.
L'odorat, chez les insectes, jouit d'une finesse très-délicate. Les moindres odeurs les frappent aux plus grandes distances. Le miel exerce une attraction sur les abeilles; on les voit s'en aller au loin chercher les fleurs qui le renferment. La mouche sent la viande qui doit lui servir d'aliment.
Tout insecte sait parfaitement reconnaître ce qui lui convient : ainsi, tel qui ronge le jalap ou d'autres drogues s'empare de la partie nutritive, ayant bien soin de ne pas toucher à celle qui purge.
Cuvier et Duméril placent le siège de l'olfaclion à l'orifice des espèces de petites ouvertures en forme de boutonnière, appelées stigmates, par lesquelles l'air s'introduit dans les trachées. 11 y a là, dit M. Pouchet, une analogie manifeste avec la situation du nez qui est aussi placé , chez las grands animaux, à l'entrée de l'appareil respiratoire.