‹ L'intelligence des bêtesChapitre 3 sur 9 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

ment, d'une manière irréfléchie ; comme nous, ils ont des sensations , ils les combinent et en tirent des rapports; ce n'est plus à une impulsion forcée qu'ils obéissent, c'est par le secours de Tintelligence qu'ils agissent; seulement, cette intelligence , d'un genre spécial, ne dépasse pas, chez eux, les bornes des objets sensibles et raisonne uniquement sur des idées particulières , tandis que dans l'homme elle se replie sur elle-même , embrasse les idées générales et se connaît.

Dans la classe des insectes, l'abeille abandonnant la forme générale de ses alvéoles hexagones, afin de ménager, par des cellules pentagones, de plus larges bases à ses fondations; l'abeille changeant la direction générale de ses rayons pout combler un vide accidentel; soutenant , au besoin, par des contre-forts, la partie chancelante de son édifice; la fourmi détruisant une bâtisse ébauchée sur un plan fautif, pour la réédifier dans de meilleures conditions, et tant d'autres exemples de modifications apportées par les insectes à leurs travaux, selon les circonstances et la disposition des lieux, attestent qu'ils comparent et réfléchissent, qu'ils font acte d'intelligence. Il y a donc chez les bêtes , indépendamment de la force aveugle qui les meut , un principe de perfectibilité circonscrit , toutefois , dans la sphère de leurs besoins , et qu'il ne faut nullement assimiler à la raison de l'homme.

Cette thèse de l'intelligence des animaux, Aristote

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