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I. J. Sully, p

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L'enfant se fait des concepts : il juge, il raisonne ; et, dans ses raisonnements, il emploie à peu près tous les modes que nous employons nous-mêmes. En outre, et c'est un fait plus notable encore; il a déjà quelque notion des principes directeurs de l'entendement. Sans doute, on ne le surprend pas à les formuler, comme le font D. Hume ou Kant ; mais il s'en sert, et c'est sous leur poussée continue que son esprit va de l'avant. S'il ne fait pas encore de la métaphysique clans le sein de sa mère, reste du moins qu'il naît métaphysicien.

L'enfant acquiert de bonne heure une certaine connaissance du principe d'identité. Il peut s'y tromper au premier abord ; mais, en général, il parvient très vite à découvrir le caractère impérieux de cette loi suprême de la pensée et des choses : au moins dans quelques cas très simples, il lui suffit, pour y réussir « d'un rappel de l'attention, d'un retour sur soi». Un papa se trouvait un jour dans sa

chambre avec Tune de ses filles qui avail 26 mois. 11 lui suggéra qu'il était dans la rue. Elle l'y chercha du regard, sans penser ace que son mouvement présentait de contradictoire. « Mais le lendemain, à une tentative semblable, l'enfant se contente de regarder son papa en riant; puis, elle va faire a sa sœur la môme plaisanterie, dont elle lui donne tout de suite la clef1. » Un petit garçon de huit à neuf ans posait un jour cette question : « Si j'étais allé en haut, est-ce que Dieu pourrait faire que je ne sois pas monté 2 ? » C'est un problème à la Descartes. Descartes aussi, vu sa théorie de la liberté divine, avait dû se demander si le Créateur peut faire « qu'une chose faite n'ait pas été faite ». Et Ton débattait déjà cette question bien avant le philosophe de la Haye, comme on en peut juger parles écrits de Guillaume d'Occam, de Robert Holcot, de Gerson et de Pierre Pomponat.

Parallèlement au principe d'identité, eclèt et se développe le principe de causalité; et celui-ci prend dans l'évolution mentale de l'enfant un rôle beaucoup plus important que

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