‹ L'intelligence et la vieChapitre 3 sur 63 · GRAM., loc. cil., p. IV'.. le · texte numérisé non relu

GRAM., loc. cil., p. IV'.. le

L'enfant veut savoir : le mystère immense qui l'entoure lui pèse, et son effort perpétuel consiste à le dissiper. C'est ce qui donne à son attitude, et particulièrement à son regard, ce quelque chose de profondément sérieux que l'on a si souvent remarqué. « Si nous étions appelés, dit James Sully, à dessiner le portrait type du petit garçon, nous le représenterions debout, les yeux tout grands ouverts, contemplant quelque nouvelle merveille ou écoutant les explications de sa mère sur les choses qui l'entourent. Aussi peut-on pardonner à M. Bret Harte la légère exagération de cette pensée : « Tous ceux qui ont étudié avec amour le petit animal humain, admettront que son expression habituelle est la gravité, non l'enjouement1. »

On ne trouve rien de pareil chez les bêtes. Elles ne se meuvent que sous l'influence de leurs besoins et s'endorment dès qu'ils sont satisfaits, ou ne jouent que pour dépenser leur surplus de forces physiques. L'enfant prouve dès ses premières heures qu'il possède une activité d'un ordre à part, une spontanéité

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