‹ L'intelligence et la vieChapitre 41 sur 63 · I.'lMT.I.I.K.I ISCE ET LA VIE · texte numérisé non relu

I.'lMT.I.I.K.I ISCE ET LA VIE

équivoque. Pour en voir la vraie signification, besoin s'impose de distinguer, comme le fait La logique de Port-Royal, la question d existence et celle de nature. Je perçois la lumière; et personne n'a pu dire au juste ce que c'est qu'un rayon lumineux; il est môme probable qu'on le cherchera longtemps encore. Je respire avec joie l'odeur des roses et celle des lilas. Gène sont là pourtant que des idées confuses, comme le disait Leibniz; est également confuse, et à plus forte raison, l'idée de la cause qui produit ces sensations. Ainsi, du moins dans une certaine mesure, de tous les cas que la nature présente à notre curiosité de savoir.

Admettre les faits établis, admettre également les conséquences que ces faits suppose, ne rien abandonner de ce que l'on sait à cause de ce qu'on ignore : telle est la règle du vrai penseur, de celui qui cherche pour trouver. Et, dès lors, on peut croire ce que Ton ne comprend pas, pourvu qu'il y en ait par ailleurs des preuves légitimes ; les mystères chrétiens eux-mêmes ne sont plus le scandale de la pensée.

On est arrivé, comme je le montrais tout à l'heure, à clore l'intelligence en elle-même, au nom de l'évidence dont le rôle est pourtant de la conduire sur sa route vers le dehors. D'autres, partant du môme principe, ont conclu brutalement que nous ne pouvons connaître que les phénomènes et leurs lois. Et de là une sorte d'idolâtrie du fait, qui a été longtemps et qui est encore pour les meilleurs esprits un principe de déviation. C'est de ce troisième danger qu'il me reste à «lire quelques mots.

Arrière les questions de substance, de puissauces ou virtualités et de causes métempiriqucs. Il a toujours suffi déparier de ces choseslà pour cesser de s'entendre : preuve que l'on ne sait plus ce qu'on dit. L'histoire se dresse tout entière contre la métaphysique : elle n'a jamais été qu'une série d'échafaudages qui se renversent les uns les autre 6, sans laisser d'autre profit. Oue l'humanité qui réfléchit, celle à <[ui appartient l'avenir, l'apprenne

donc une bonne fois. Les faits et leurs lois : voilà tout notre domaine d'exploration.

« La philosophie positive, dit A. Comte, reconnaît désormais, comme règle fondamentale, que toute proposition qui n'est pas strictement réductible à la simple énonciation d'un fait, ou particulier ou général, ne peut offrir aucun sens réel et intelligible. Les principes qu'elle emploie ne sont plus euxmêmes que de véritables faits, seulement plus généraux et plus abstraits que ceux dont ils doivent former le lien. Quel que soit d'ailleurs, le mode, rationnel ou expérimental, de procéder à leur découverte, c'est toujours de leur conformité, directe ou indirecte, avec les phénomènes observés que résulte exclusivement leur efficacité scientifique... En un mot, la révolution fondamentale qui caractérise la virilité de notre intelligence consiste essentiellement à substituer partout, à l'inaccessible détermination des causes proprement dites, la simple recherche des lois., c'est-à-dire des relations constantes qui existent entre les phénomènes observés *. »

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