E. Spenlé, Xovalis, p. 360, Paris
2. Jean Ghantavoine, Correspondance de Beethoven, p. xii, p. 92, 161. — Franz Liszt, également, voyait dans la musique, comme Beethoven et surtout Wagner, « un langage poétique plus apte peut-être que la poésie ellemême à exprimer tout ce qui, en nous, franchit les horizons accoutumés; tout ce qui échappe à l'analyse; tout
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la conséquence de cette trempe d'esprit. C'est dans les plaines brumeuses de la Germanie qu'ont Henri de préférence le panthéisme et le mysticisme, ces deux théories du monde que commande ou du moins que favorise le plus l'idée d'infini. De Bôhme a Schopenhauer, c'est là le thème autour duquel brodent tous les philosophes delà vaste Teutonie l.
On nous objectera sans doute le système de llegei. Cette doctrine au moins, nous dirat-on, n'est pas uq simple chant, même à la Wagner, dette doctrine, tout en restant profonde, ne laisse pas d'être claire et précise et de porter directement la lumière dans l'esprit : c'est de la mathématique. — La remarque esl fondée, niais elle ne représente qu'un aspect de la philosophie Hégélienne. Sans doute. la déduction de Hegel est un modèle du genre. Son principe une fois posé, à savoir que l'idée se réalise d'elle-même, tout le reste en découle connue une série de corollaires, jusce qui s'agite a do profondeurs inaccessibles, désira impérissables, pressentiments infinis - Eod, /<><■.. p. 161-
i. V. -m' ce trail du caractère allemand notre article inUtulé Lu philosophie allemande et les faits actuels /!> me d'Apologétique, février 1915).
qu'à cette identification du droit et du fait qui domine actuellement en Allemagne et contre laquelle s'élève l'humanité tout «litière. Il faut convenir aussi que Hegel a le sens du réel; et la chose paraît assez vraisemblable, puisqu'à ses yeux les événements sont autant de manifestations, ou pour parler d'une façon plus précise, d'incarnations de l'idée. Il reproche quelque part à Novalis d'avoir des conceptions où l'on ne sent pas assez le contact des choses, qui sont trop imaginatives; et ces paroles ne le mettent pas en contradiction avec lui-même. Ce grand prêtre de l'idée est en même temps un vrai réaliste.
Mais ce n'est pas moins de l'infini qu'il part; l'infini, voilà le grand ressort qui meut toute sa dialectique. Or, cette idée initielle et maîtresse, il ne l'a pas mieux déterminée que les autres; elle n'est pas plus nette chez lui que chez Fichte ou Schelling, ses contemporains. Et c'est par là qu'il rentre dans le grand courant qui entraîne la pensée de l'Allemagne, depuis que l'on y compte des penseurs. De ce côté, la parenté est visible.
Les Indiens, ceux qui combat te ni actuellement pour la France : voilà des gens qui sont encore moins faits pour nous comprendre que les Anglais ou les Allemands. H y a des siècles et des siècles qu'ils se familiarisent avec un système d'idées et de croyances qui les rend de plus en plus réfractaires aux conceptions européennes. Un missionnaire, causant un jour de l'idée de Dieu avec un jeune Indien, lui fit cette remarque qu'un Français eût trouvée pour le moins toute naturelle : « Le fini dans l'infini! mais c'est une contradiction dans les termes ; l'infini, dont le propre est d'exclure toute limite, ne saurait avoir de modes limités. » Le jeune homme répondit par un éclat de rire; et ce fut tout. Etait-il naïf, ce bon père, de s'arrêter à de pareilles vétilles? Est-ce que la nature n'est pas pleine d'inlini et de fini? N'est-elle pas L'éternelle réalisation de ces deux choses en apparence irréductibles ? Voici d'ailleurs ce que raconte G. Le Bon de jeunes Indous élevés dans nos universités « et ayant obtenu les diplômes ». Sur leurs fonds im-
muable d'idées religieuses ou sociales héréditaires, s'était superposé, sans nullement les altérer, un fond d'idées occidentales sans parenté avec les premières. Suivant les hasards du moment, les unes ou les autres apparaissaient avec leur cortège spécial d'actes ou de discours ; et le même individu présentait ainsi les contradictions les plus flagrantes. Mais les idées héréditaires l'emportaient par leur vigueur et leur degré d'intensité. Elles étaient seules assez puissantes « pour devenir des mobiles de conduite ». Le tempérament de la race prévalait encore contre la force critique de l'individu1. Et combien cette remarque est suggestive! Je la recommande à l'attention des orientalistes, particulièrement à ceux qui, sur le témoignage des livres, nous parlent avec tant d'assurance du Brahmanisme et du Bouddhisme. Pour comprendre les Indiens, me disait un jour M*1 Leroy, il faut avoir vécu de longues années dans les Indes, et non pas à la façon d'un ermite, mais en visitant les marchés, les foires, les tavernes, les pagodes et les théâtres, en se mêlant autant que possible