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C'est un point sur lequel les historiens tombent d'accord. « L'influence deJ.-J. Rousseau, dit Paul Janet, a été toute-puissante sur les actes essentiels et fondamentaux de la Révolution *. » Puissant, Rousseau l'a été autant que Voltaire, écrit H. Taine de son coté, et l'on peut dire que la seconde moitié du siècle lui appartient2. » Identique est l'appréciation que l'on trouve sous la plume de W. Windelband. A son sens, les écrits de Rousseau « ont plus que ceux de tout autre préparé la Révolution française. Elle ne fut que l'application de ses enseignements 3 » . A quoi tenait donc cette sorte de fascination publique? Qu'y avait-il de si pressant dans la théorie sociale du philosophe de Genève ? Rousseau venait dire enfin ce que l'on commençait à vouloir, quoique confusément, dès le xie siècle, ce dont le besoin n'avait fait que s'aiguiser de jour en jour au contact d'une expérience plusieurs fois séculaire. Rousseau traduisait, dans son style
1. Histoire de la science politique, t. II, c. VII, p. 613, Paris, 1872.