‹ L'intelligence et la vieChapitre 58 sur 63 · BaruzT, Leibniz, p. 368; Paris · texte numérisé non relu

BaruzT, Leibniz, p. 368; Paris

niais avec cette ironie poignante où Ton sent des larmes, « Ne diriez-vous pas que ce magistrat, dont la vieillesse impose le respect a tout un peuple, se gouverne par une raison pure et sublime, et qu'il juge des choses par leur nature, sans s'arrêter à ces vaines circonstances qui ne blessent que l'imagination des faibles? Voyez-le rentrer dans un sermon où il apporte un zèle tout dévot, renforçant la solidité de la raison par l'ardeur de la charité. Le voilà prêt à l'ouïr avec un respect exemplaire. Que l<i prédicateur vienne à paraître : si la nature lui a donné une voix enrouée et un tour de visage bizarre, que son barbier l'ait mal rase, si le hasard l'a encore barbouillé de surcroît, quelque grandes vérités qu'il jfiinonce, je parie la perte de la gravité de notre sénateur1. »

L'idée ne nous prend pas tout entier; elle glisse à la surface de l'âme. Et le plus petit incident sullit à nous en divertir. « Xe vous étonnez pas », si « cette puissante intelligence qui gouverne les villes et les royaumes », ne raisonne pas bien à présent »;

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