Ibid., y
.; Ihiil.. foc. cit.. p. 83-85; cf. J. Sî i.iv. loc cil., p. 194-
LO L'INTELLIGENCE El LA VIE.
« Je me souviens de cet état, dit saint Augustin en parlant de son enfance; et j'ai remarqué depuis par où j'ai appris à parler, et que ce n'a pas été par aucune méthode, ni par aucune leçon que des personnes plus avancées en Age m'aient faite pour réapprendre les mots, comme on m'en lit bientôt après pour réapprendre à lire; mais par la force de l'intelligence naturelle que vous avez mise en moi, ô mon Dieu1. » Ces paroles sont la traduction vive de la réalité.
Supposez qu un enfant fût privé de tout contact avec la société, il est probable qu'il se ferait à lui-même une langue plus ou moins rudimentaire. Et c'est assez pour ébranler la thèse de Bonald d'après laquelle l'homme n'eût jamais parlé, si le Créateur ne lui avait donné un langage en même temps que la vie. Comme l'a fort bien remarqué Withney dans son étude sur La vie du langage*, « l'acte de comparer et d'abstraire précède, et le signe suit ». L'esprit invente d'abord le concept;