Les confcss.,1, 8, trad. S. Maur, Paris, 1776; cf: ibid
2. IbicL, p. 246, F. Alcan, Paris, 1892; cf. ibid., p. 25- 29, 232.
ur noter et communiquer son invcn- \ joint des mots. Telle est la loi de notre esprit. Et dès lors, quelle impossibilité voit-on à ce que l'homme se crée avec le temps un système de symboles grâce auquel il étiquette et coordonne ses propres pensées? Le principe est donné ; le besoin de s'exprimer, de classer et la lutte pour la vie font tout le reste.
Les concepts de l'enfant ne tardent pas à |e transformer en jugements. Mais ce progrès ne s'opère pas d'un seul coup ; on peut y disti nguer trois étapes principales.
Il y a d'abord des phrases à l'état implicite dans un grand nombre des substantifs dont se sert l'enfant. « Preyer remarque que le mot chaise signifie : « il n'y a pas de chaise »; « Je veux qu'on me mette sur ma chaise » ; « ma chaise est cassée »; etc. De même, L'expression « par terre » veut dire : « la cuillère est tombée par terre »; « Je suis par
terre » ; « Je veux qu'on me mette par terre1 ». La nuance de la pensée est indiquée par l'intonation et le geste.
Puis, l'enfant accole des mots entre eux, sans les unir à l'aide d'un verbe; et ces alliances sont encore la plupart du temps des phrases a l'état implicite. L'enfant dit, par exemple : « Papa pétards », pour signifier : « Papa a des pétards »; «tante gâteau », pour signifier : « tante m'a donné un gâteau ». Voici un autre exemple du môme genre de combinaisons : « maison lait » ; ce qui s'interprète : « Je veux aller à la maison et boire mon lait2 ».
Au troisième stade, le verbe apparaît : il se montre d'abord par intermittence, puis d'une manière continue.
C'est ce que M. Cramaussel note avec une grande précision à la page 64e de son étude. Voici son exposé. « Au 28° m., dans Pauvre Pêcheur de Puvis de Chavannes, J. voit : « Barque, fieu clans dîne... bâton dîne aussi... battre bébé... caché... même prend... pelle. » Traduction: une barque, un Monsieur