‹ L'intendant TournyChapitre 128 sur 198 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

L' Instruction Publiq ue .

L Enseignement obligatoire des petites Ecoles. — II. Les Collèges royaux et 1 Enseignement des Jésuites. — ■ III. Les Ecoles d'Application. - IV. Les Entreprises scientifiques. — V. Tourny à 1 Académie de Bordeaux.

/. — L'Enseignement obligatoire des petites Ecoles '..

Par ses pouvoirs de police, l'intendant avait dans ses attributions la surveillance des écoles 2. Comme tuteur des communautés, il avait la garde des finances communales dont une partie devait servir à l'entretien des écoles. L'action du commissaire départi s'étendait ainsi doublement sur les établissements scolaires.

Un des .subdélégués de Tourny l'ait quelque part allusion à une ordonnance du roi, datée du 14 mai 1 7*24 , prescrivant à chaque

1. Voir, à ce sujet. Babeau, L'instruction dans les campagnes avant 1789

2. Cf. Boyer de Sainte-Suzanne, Les Intendants de la généralité Amiens, p. 24.

idiction •!'■ se cotiser pour entretenir nu régcnl ■ > ITiO I ,l<- • ni I interprétation i|ii --ii donne le subdélégué, I ordonnance aurait tendu beaucoup moins .1 rendre I enseignement obligatoire qu'à sauvegarder la Iteligion d'Klal ■' En fait les diverses communautés en usaient .1 leur guise ; elles différaient ,| . < \ 1 - entre elles ; elles en cbangeaienl suivant les circonstani 1 fi il; ins chacune, prise isolément, on pouvait dislinguci deux partis, l'un favorable, l'autre défavorable aux petites Ecoles.

Les régents ne formaient pas un personnel régulier; certains avaient de I6ù 17 ans à peine '; beaucoup étaient d'un age ;>avancé; quand ils mouraient, leur veuve pouvait leur succéder ' ; leur bagage littéraire ou scientifique était des moindres , I évoque, ,111.111 besoin le curé, contrôlait leurs capacités . < in les appelait nts abécédaires ce qui ne donne pas une baute idée de leur enseignement . tel n'était que régent écrivain : tel autre était en outre arithméticien ■ . les plus savants s'intitulaient pompeu semenl régents latinistes1* », el quelquefois s'affublaient sans vergogne du uoiu de Cicérou 9. Il- rendaient des services qui n'étaient pas toujours appréciés D'ordinaire, ils cherchaient à se

v i' fîir locmnenls noncli a 1 février 1744, lettre adressée à Tourn)

ir Prouz*l, su le \ illenei

l •■ subdétégué ne s'j tr pail point. Le Pouvoir central songeait, Bans doute,

- il voulait trouver dans celte organisation un moyen

nouveau de discipline pnui garantii Ire établi La déclaration du 11 mai 17-1

renouvelait co u convertis les (•lu- rigoure

cumonl Cf. Vcilhon, Recherche* hlilorlquct ri ëlalitliquei sur lu '■' irmande 191 1, p B

1 \ m juridiction de Oraleloup I -n, autorise :evoir

la i>-ii\,- Mm qui ;■ tenu l'école en rempla- ■-ut de -,,n feu 1 - I sfaclion du Bieur curé ■•! des principaux liabi

i.nii-, . \ h , Gir documents noi 29 mai 1744, lettre de Tourn)

• L'évêque ■! tgen contrôle les capacités du régenl de Galapian, \ li intenta noi ■■ 1745 Poui Clairai le curé de Bergerac

propose un sieur BoreJ comme régent, \ 1 . ■ lairac registres de jurade, 1 v,

■ -ni de 1 .■ . documents non classés lettre du

subdélégué au sujet du loge ni du régent, 5 septembre 1748

7 \ in-i le régenl de Penne \ li Gir . requête -, I ny des maire el consuls

,!>• Penne, '-' 1 aoùl 1 •

- Monflanquin veul par exemple un régenl latiniste, \ C Monflanquin, BBS registre de jurade, délibération du 30 octobre

1 a Jurade de Sainte-Bateille, en quête d'un régent, 1 Uni pai s'entendre avec \r sieui 1 ii éron, \ I' , Gii documenta non olassés supplique de la Jurade de eille. 1 1 juin 17 1:.

:;| .' l'intendant Dl l:< >H lil VI \

l'aire exempter du logemenl des gens de guerre1 : ils recevaient. pour la plupart, des secours de leurs élèves qui leurversaienl suivant les localités de Kl à 30 sols par mois 2. Quanl aux communautés, elles avaienl à leur fournir le looj> pour eux-mêmes el un local pour l'école ; elles leur donnaient en outre de 100 à 300 I. par ata. A ce prix, < ■ 1 1 < ■ s <ro\ ;i i » ■ n I pouvoir leur imposer d'instruire quelques indigents, el les révoquer, si elles n'étaienl pas satisfaites de leurs services.

Au lein|is de Tourny, la vie devenant plus chère, Ions les régents semblèrent s'être donné le mot pour demander une augmentions : il n'en fallait pas davantage pour que le public des campagnes leur tournât le dos loul à fait. Un disait ou l'on pensait — ce raisonnement n'est pas pour nous surprendre — : « Les régents sont plutôt inutiles dans lescampagnes . En apprenant à écrire les enfants des paysans, ils en font de mauvais praticiens, des sergents et autres ^ens de cette espèce qui auraient été propres pour la culture des terres et que la pratique rend fainéants, chicaneurs el sangsues du peuple. Ht enfin la juridiction n'a pas de revenus patrimoniaux pour payer le régent. Il faudrait renvoyer cela à un temps où les impositions royales seront moins Tories 4. »

Il est remarquable que Tourny n'ait pas cru pouvoir appliquer à la lettre l'ordonnance de 1724 lui règle générale, l'intendant laisse leur liberté aux communes. Le plus souvent, il se montre favorable aux demandes d'augmentation que lès régents lui adressent, et à plus forte raison, il leur fait verser les gages qui leur sont dus. Si les circonstances l'y obligent, il presse les communautés de fournir au plus tôt un local pour l'école ; en cas de refus de la part des propriétaires du local désigné, il ne se fait pas faute de passer outre, comme à Castelmoron 5. D'autre part,

1. Tourny accorde cette exemption au régent de Sainte-Foy, qui la demande, A. C, Sainte-Foy, EE '.', décision de Tourny, 19 juillet 175U.

2. Dix à Cocumont où le régent avait de 10 à 17 ans. Veilhon, op. cit., p. 80. Trente à Clairac, où enseigne le sieur Borel, A. G., Clairac, agrément de la communauté aux propositions du sieur Borel.

3. A. D., Gir., documents non classés, nombreuses suppliques de régents, qui réclament une augmentation.

I. A. I).. Gir., documents non classés, lettre de Prouzet, subdélégué de Villeneuve, à Tourny, 1" février 1714.

5. A. D., Gir., documents non classés, ordonnance de Tourny du 15 septembre

il accepte de discutei nvei les imunaulés sur le monlaul de

qui lui | ... t .. i — t, i excessifs . il admcl que communautés obéi lispensenl pour quelque lemps d'enlrc

tenir nu régent, si elles croienl pouvoir s'en p si les ha

bitanU d'une mé :ommune sonl en discussion sujet, il

s ' ■" '•'•""■| volontiers .. I avis de la majorité I i si ainsi .pi il pro« éda à I égard des pens ,1 Uauleriv< i n Vgenais ; il leur laissa le soin de connaître eux-mêmes des requêtes que certains d'entre eux lui adressaient. • Soil la présente requête, écrivail il en marge pour la réponse, lue dans une assemblée des habitants de

la paroisse el juridiction d'IIaulerive convoquée | r ce, en la

manière ordinaire, | délibérer aux frais dicclle. i L'assemblée eul lieu Les jurais, d'accord avec le subdélégué, se déclarèrent opposés à rétablissement d'une école, alors que la

majorité des habitants s'j Diraient favorables, surloul ceux

qui avaient plusieurs enfants, yuand vint le moment designer le procès-verbal de l'assemblée, plusieurs des opposants durent se

récuser, faute 'l<- -,i\ ici ii e

|;" ce qui c meerne le contrôle à exercer sur l'enseignement genls, la prudence de l'intendant n'est pas moindre II est loin de prendre au sérieux toutes les querelles de clocher, toutes les plaintes des curés contre les régents ; il craint de la prévention * de Pari -I d'autre ■ ' Le pouvoir central attend d'avoir son avis pour prononcer la fermeture des établissements qu'a condamnés l'arcbevêque Tournj ne veut sévirque dans les cas de scandale el pour les faits certains. Il interdit, par exemple, un sieui Boyer, ancien régent de Flaujargues, juridiction de Sainte-Foy, parce qu'il semble pactiser avec les religionnaires. Il le condamne à """ amende de 100 I . qui est ensuite réduite à 30, mais qui est ramenée à 100 parce que Boyer refuse d'obéir. Tourny l'a mandé auprès de lui, el Boyer ne s'est pas rendu L'intendant le fait

l linsi ; nonl, Veilhon op ■

locumenla non class eembre 1743 rt| se sui requête

v " • '"' documents non . janviei I7H, procès verbal de lassern

blée

, ' v "'- """ ' l Prouzel de Villeneuve

du 0 ivnl 1711

: evèque ,,,i ,i .,„,|,. |a fermeture de lécole de la

"' ' ''' " ''• """ ■ "«I daltondre le retour de rourtij qui esl absent

v N » mars 1745, dépêche du ministre .. l'arcbevêque.

,11 i in i iniiw i in-: mutin \i \

contraindre par corps Le sieur Boyer resta quatre mois <'ii prison, après quoi on le laissa sortir, parce qu'il n'avail pas de quoi paj er l'amende '.

Pour éviter de semblables errements, le marquis serait assez disposé à voir 1rs congrégations religieuses fournir leur personnel aux peliles écoles. Ses biographes lui ont attribué par erreur l'établissement, à Bordeaux, «les écoles chrétiennes. '-' A Bordeaux, de même qu'à Blaye et ailleurs, cri établissement n'eut pas lieu pendant son intendance, mais en 17.">s. C'est seulement à Tonneins que Tourny semble avoir fait admettre en 1748 et 1749 les Dames de l'enfant Jésus ou haines de la Foi. Aux premières qui s'installèrent, on donna 150 I. dégage, comme aux régents, et en plus un logement d'une valeur de 150 1. environ. :;

//. — Les Collèges royaux et l'Enseignement des Jésuites.

La même tendance de confier l'enseignement à des congréganistes s'observait dans les établissements scolaires du second degré; les collèges royaux, où l'on enseignait, en plus du catéchisme et de l'Lcriture Sainte, les principes de l'histoire, de l'histoire sainte s'entend, et encore la Fable, c'est-à-dire la mythologie, le latin avec la métrique, parfois même la théologie, la logique, la rhétorique, la physique, les mathématiques, le dessin '. Un trouvait ces collèges dans les principaux centres, à Nérac, à Sainte-Foy, à Lihourne, à Bordeaux. L'enseignement était donné par des régents à Lihourne, par des récollets à Sainte- Foy, par des doctrinaires à Xérac. D'autres collèges, qu'on n'appelait point collèges royaux, appartenaient aux Pères Jésuites : il y en avait notamment à Périgueux et à Bordeaux.

Parmi les diverses congrégations, ce sont les Jésuites,

1. Cf. correspondance entre Tourny et Bellet, subdélégué de Sainte-Foy, avec les ordonnances rendues par Tourny, A. I).. Gir.. documents non classés, 17ir> à

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