L'INTENDANT TOURNA
Pour le contrôleur général, le commissaire départi doii cire au courant du service, de façon ;* savoir, dans chaque cas, à qui s'adresser. « Ces sortes d'à flaires, écrit-il un jour à Tourny <i propos d'assemblée de prud'hommes, ne sonl point de mon ministère, el s'il se passe sur cela quelque chose qui intéresse le service du Hoi, c'esl au secrétaire d'Etal de la province que vous devez en rendre compte de suite .' » Grry ne craint pas que les intendants abusent de leur autorité, M;iis il les rend attentifs à respecter les prérogatives des autres officiers, pour la bonne règle, par respect pour les règlements établis. Le marquis empiétait un jour sur le ressort de la Maîtrise des eaux et forêts. Le contrôleur général n'oublie pas de lui en faire la remarque, et de lui rappeler la règle générale : « Les fonctions des grands maîtres des eaux et forêts sont absolument indépendantes de Messieurs les Intendants. 2 » Philibert Orry recommande à ses collaborateurs les qualités qu'il incarne : l'exactitude et la précision. (Ju'il y ait ou non de sa faute, Tourny se fait attendre dans l'expédition de certaines affaires ; le contrôleur général veut y mettre bon ordre. Il n'accepte pas la proposition que lui l'ait l'intendant de remettre l'établissement d'une imposition à l'année suivante : « Il me semble que vous avez plus de temps qu'il n'en faut, écrit-il, pour faire, dès celte année, l'imposition dont il s'agit. » Et la leçon se dégage aussitôt : « ces sortes de délais, qui paraissent soulager en quelque façon une province, ne peuvent que lui être fort à charge en occasionnant par la suite de doubles impositions. 3 »
Tourny est parfois mortifié. Il cède devant la rigidité du ministre ; il sollicite son indulgence sans esquisser de résistance. Le contrôleur général témoigne à l'intendant la plus grande confiance; au lieu d'enrayer ses initiatives, il les encourage plutôt. ' Il félicite un jour le marquis des mesures qu'il a su prendre : « Les raisons qui vous y ont déterminé sonl très bien fondées et je ne puis que les approuver. r' » Enfin le contrôleur général a le grand mérite de
1. A. N., G" 49, lettre du contrôleur général à Tourny du 6 décembre 1733. — Sur Orry, voir P. Clément, Portraits historiques p. 292.
2. A. N., G" 53, lettre du contrôleur général ;i Tourny du 7 avril 1736.
X A. \., G" 4", lettre du contrôleur général ;'i Tourny du 21 octobre 1732. 4. Cf. lettre du contrôleur général à Tourny, A. N., G' 46,29 avril 1731. r>. Cf. lettres du contrôleur généra) à Tourny A. .V. G: r>3. 25 novembre 1736. — et G ' .">ô. 12 novembre 1739.
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soutenir Bea collaboraleurs . quand il voit leur autorité uk il vc retourne, terrible, contre ceux qui prélendenl s'opposer b leur on, qui esl celle du roi. Il ^.tii parler en maître au nom el à la place ilu cardinal ministre Son Eminence, écrit-il un jour a propos d'un présidial qui a osé contrecarrer l'administration il'' fauray, Son Eminence a été exlrémemenl mécontente de la liber té que se donnent ces officiers d>' faire des représentations en corps sur une matière qui n'esl nullemenl de leur compétence, '•! de s'élever contre une opération approuvée el ordonnée par l<- Roi... Il est aisé de juger de quel œil doivent être regardés ceus quis'élèvenl <> >nlr<- une opération de celle espèce, qui esl une preuve de l'attention '\n<- le Roi veul bien donnerau soulagement de ses peuples ' . »
l \ \ ii 56, lettre du contrôleur général a Tournj du l5aoùl 17