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i. \ \ i, ettre du contrôlcui gi rourn) du 24 avril \"i
passe de 21. 10s en 1734, à 11.11 s. en 17:5s1. Ce sont les plus mauvaises années Toutes les parties de la généralité sont successivemenl atteintes : la montagne esl frappée la première en 17X>- 36*; puis vienl le tour d'Angoulême en 1737 3; au même momenl les élections de Tulle el de Bourganeuf sont ravagées par des épidémies ' : la disette sefail sentir enfin jusqu'à Limoges en 1738-39. Les dernières années de l'intendance de Tournj se passeront assez bien. L'intendant continue de mendier pour ses pauvres. En plus du produit des amendes qu'il leur réserve, il voudrait obtenir pour eux quelque avance sur les bénéfices de la loterie du roi. Orry l'invite à attendre le dernier tirage 5. D'ailleurs, la situation s'améliore, malgré quelques retours de hausse. Le setier de froment passe de 5 1. 11 s. à f> I. 1 s. Gd. en 17:»'.), pour remonter à "> 1. .") s. en 1740; mais il redescend à I I. 10 s. en 1711. à 31. 12s. en 1742 et se tient à 3 1. Ils. I d. en 1713, sans dépasser de beaucoup le taux normal.
//. — Les conseils du Contrôleur Qénéral.
Tourny se trouve pris au dépourvu, lors du début de la crise. Ayant à veiller à la fois au bon ordre, aux mesures d'assistance, au ravitaillement, à l'hygiène, il paraît hésiter sur le choix de la conduite à tenir. De quel côté convient-il d'insister davantage ? Comment intervenir pour ne point paraître négliger les mesures à prendre, pour ne pas empiéter non plus sur les droits des communautés ou des seigneurs? Comment agir enfin sans les deniers du roi, dont Orry es f avare? L'intendant désespère un moment de pouvoir rien l'aire sans le concours entier du Pouvoir Central .
Pour soulager les misères, il recourt à des moyens de fortune. 11 augmente la taille des villes, afin de pouvoir diminuer celle des
1. Cf. l'évaluation des grains précitée dans le Bulletin de la Société scientifique, historique el archéoloyinue de la Corrèze, t. 1, 1S79, p. r>71.
2. Le* arrêts- du 15 octobre 1737, A N, H 1546, l'ont allusion aux misères du pays de montagne .
3. A. N., G' 54, 15 mars 1737, lettre du contrôleur général à Tourny. I. Cf. encore les arrêts du 15 octobre 1737. A. N., H ir>46.
j. A. N., G: 5'.i, 2C juin 1742, réponse du contrôleur général à une lettre de demande écrite par Tourny le 4 Juin.
campagnes, de beaucoup |>ln> malheureuses II coin bal les i issues d'épidémie en dispersant les pauvres, en verlu de sa sévère ordon aanec du 'J7 mars I7".ti déjà connue de nous II envoie aux maladi s des médecins, des chirurgiens, di - remèdes, de la nourrilure \| , - ...in- se relourne contre les paroisses ravagées « j « 1 1
doivent ensuite s'imposer un supplément de laxe, pour payer les médecins et pour rembourser les approvisionnements.
La i"i- suivante, l'intendant s'enhardit jusqu'à acheter desgrains pour le compte du roi, notamment en 17-1.' 36, en \m' de soulager les pays de montagne, 11 achète 1847 seliers de blé et de seigle à
\.\ tiers, : • v : ■ 1 1 1 la hausse, ••! il l<- met en vente par petites
parties, au prix coûtant... tant pour aider les pauvres auxquels la vente s'en .--l faite par préférence que pour empêcher en quelque sorte le grain d'augmenter Le résultat est encourageant, et l'entreprise constitue un progrès . mais pour ne rien faire perdre ai\ roi, dans cette affaire, ni au sieur I ouzac, receveur des tailles de Limoges qui a fait l'avance des fonds, le marquis est encore obligé d'imposer l'élection de Tulle I oui ny n'a pas encore imn giné !>• procédé le meilleur consistant à faire endosser à un intermédiain les risques de l'achat et de la vente, de façon à ne rien compromettre ni des intérêts du public, ni des intérêts du roi.
-: le contrôleur général qui l'j amène Ûrrj Im écrit le 9 décembre 1736, m momenl où la menace de disette se précise : ■ Ce de faire un il«:t.iil de la disette que vous prévoyez : pin- la crainte vous en paraît fondée, plus vous devez travailler ;m\ moyens de la prévenir et d'j remédier si elle arrive, et c'est ce que je ne vois pas que vous ayez encore fait jusqu'à présent. Vous pourriez par exemple engager quelques bons négociants de votre province à - issocier ensemble et à se charger de li ire venir des blés et des seigles des endroits où il- sont abondants, pour les faire vendre pour leur compte dans les lieux de votre département mi il en manque ; c'est un expédient qui a été mis en usage avec Buccès par MM les intendants, ''n plusieurs endroits, et il me
l i t l.in.-i .lu 29 novembre 1735, \ \ Il IM -, .pu surcharge la ville de Brive
mnc-rei les campagnes J'alenl
,n.i du ! . octobre i: 17 \ \ Il l M
BO l'intendant tourna
semble que c'esl un moyen nuque! vous devriez songer, sans perdre de temps ' •> .
Le conseil élail hou. mais l'exécution pouvail paraître difficile. Le négociant ;'i intéresser dans l'affaire étail difficile à trouver. L'inlendanl proposail encore de faire les achals pour le compte du roi ; Orrj répondit alors par un relus formel '-'. Il ne restait à Tourny qu'à se mettre, pour toul de hou. à la recherche d'un intermédiaire. Quittant Limoges, il se rend à Angouléme dont il fait son quartier général. Il persuade à des négociants de se charger île secourir la province, en faisanl venir des grains des généralités voisines, comme l'arrêt du 10 novembre I7'!l les y autorisait. Le contrôleur général informé approuve naturellement le pacte; il accepte même, pour le coup, de grossir la somme à avancer aux négociants. Le roi ne donnera rien, mais il prêtera jusqu'à 100.000 livres 3. A ce prix, le sieur Senemaud consent à partir pour la Bretagne, en vue d'y faire des achats.. D'ailleurs l'entreprise Lourne mal pour lui et il regrette de s'y être engagé. Mais ( >rr\ rentre en scène, sur les instances de l'intendant : le négociant peut se rassurer, le service qu'il vient de ri ndre à l'Etal lui assure la protection du gouvernement ; quant à l'intendant, il doit poursuivre ses opérations sans relâche et avec une entière confiance. « Nous ne devez rien changer, lui écrit Orry, au parti que vous avez pris de l'aire faire des achats. Il n'est pas question de chercher à se pourvoir de blés à bas prix ; mais l'essentiel est d'en avoir, et quand le pain de froment reviendrait à 2 s. 6 d. la livre, je conviens que c'est bien une cherté, mais, du moins, ce n'est pas
///. — Les mesures d 'yJssistance.
Pendant ce temps, à Limoges, tout allait de mal en pis. Le setier de seigle valait 12 livres. Monseigneur de l'Isle du Gast s'employait
1. A N , G' 53, 9 décembre 1736, lettre du contrôleur général à Tourny.
v. A N., G' r>iî. 23 décembre 1736. lettre d'Orryà Tourny.
3. Voir à ce sujet les lettres du contrôleur général à Tourny du 1"> mars 1737 \ N.,G'54 et du 27 octobre 1738, A. N., G' 55.
I Cette citation ••-! <-m |> nuitée à la lettre du contrôleur général du 28 septembre 1738, A. N., <;" 55. Voir aussi celles du 16 septembre 1738 et du 27 octobre 1738.