‹ L'intendant TournyChapitre 40 sur 198 · Lucourtieux, Limoyes d'apré» les anciens plans, p · texte numérisé non relu

Lucourtieux, Limoyes d'apré» les anciens plans, p

mêlé, ilont la chaîne était de soie, el la Irame aussi bien de colon que de laine Les étoffes qu'ils fabriquaient élaienl im nues dans la province l'ournj appuya vivemenl leur requ< quand il- poslulèrenl pour un privi lusil Ûrrj ne - > mon

ha pas contraire, <-i K* privilège fui concédé par un arrêl du < •.cil dalé de 17 r: e |»ar >!<•- lettres patentes décernées la même année Les Laforesl obtenaient pour eux, pour leurs veuves et leurs enfants, !>• privilège exclusif de fabriquer pendant \hil'I ans, ilan> la province du Limousin, i < »i 1 1 »- - sortes d'étoffes mêlées IIde> lirde l'exemption de «■ taille, fourrage, ustensile, logemenl

des gens de guerre, collecte, syndicat, tutelle el curatelle ». IIdevaient être taxés d'office, modérément, a la capilalion >. IIobtenaient pour leurs tll- l'exemption de la milice. Pour toutes les contestations où il- pourraient «"'In- eng g Ls seraient

toujours admis a réclamer la justice de l'intendant. Cinq ans après, !<• nu décernait a leur entreprise le suprême honneur : elle devenait une manufacture royale 1748 l. V cette époque, lemar ijui- n'était pin- a Limoges, mais il avait contribué de son mieux à l'œuvre des Laforest, non seulement en intervenant an Conseil, mai- encore en faisant travailler pour eux les gens des campagnes et les hospitalisés. Il était aussi parvenu, semble-l il. à rendre à rhé venin l>- même service. Les lettres qu'il écrivait plus tard à ses

Blateurs de Li ges en font foi :« J'ai vu, Messieurs, leur disait-il,

lorsque j'étais a Limoges, qu'un das plus grands embarras que vous aviez pour faire aller votre manufacture élail 'lu côté 'lu fila| dont vous craigniez il<- manquer . en conséquence, |<- me suis alur- donné des soins pour von- aider ■ < en établir dans différents endroits Mandez-moi, y vous prie, si avec l«- temps vous avez eu •/ de Buccès dans le pays même ■• Vprès leur avoir demandé combien ils ont il'- métiers battants, si leur commerce va bien,

i I .irr.-i lia Conseil obtenu poui lei l aforeal l'unira, avec lea lettrée patentée, tlletin de ta i ne du Limousin, 1893 i XI p lsl> sqq

Les Ephêméria l'année 1765 rapportent la lettre

do contrôleur général à l'intendant da Limousin en iti- leUre par laquelle la ft

briqua l aforeal devenait une manufacture ro>ale avec un Portier i la 1 ■ % le

Sa Majesté Sur la manufacture Laforest, \ "ir Schelle, GEuoret de 7 nrgol. i II. p 178; Louis Guilberl Ducourtieuz, Limoges

<Tapr -ns plant, p. 167 el 168 D u Durtieui noua apprend que la manul

lure l.jf ingle du cours rournv, tandis que la fabrique rbéve

mu occupai! lea emplacements de la Banque el <iu Bureau .1.- b ■•!-

!l | L INTKNDAN'I l'OUHNÏ

il termine : <• Je voudrais fort savoir si le filage que j'avais établi dans l'hôpital «le Limoges s'esi continué, combien il y a d'enfants qui y soul occupés el ce qu'il rapporte à l'hôpital '. •> Théveii i ii . Laforesl el son ancien subdélégué, de Maleden, s'accordent pour donner à Tourny les meilleures nouvelles de Limoges et de leur travail. Grâce à la protection qu'il leur a accordée, les filatures de Limoges sont prospères; Thévenin a Ni métiers battants et LaforestôO. La question du filage ne les embarrasse plus, grâce aux mesures prises par Tourny. La main-d'œuvre est abondante. Le filage d'une livre de coton rapporte aux ouvrières de 12 à '20 sous: ce travail leur donne assez pour les faire vivre. L'entreprise de l'hôpital de Limoges fonctionne aussi très bien : la salle des garçons lile pour Laforest ; la salle des tilles travaille pour Thévenin. Les meilleurs fileurs louchent des primes. En dehors de Limoges, l'hôpital d'Aixes'emploie activement à la même besogne elles « habitants d'Eymoutiers sont au-dessus de tout2. »

Tourny pouvait être fier de son œuvre. Un état statistique nous permet de mesurer les progrès obtenus d'année en année. Il comporte cinq colonnes: métiers battants, métiers sans travail, métiers abattus, nombre de fabricants, nombre de pièces fabriquées. En 1730, on compte 174 métiers battants pour 7 146 pièces d'étoffe. (les nombres représentent un minimum, au-dessous duquel on ne descendra plus. Le maximum est atteint en 1734, avec '214 métiers battants, pour 8070 pièces. Peu à peu, dans la suite, le nombre des fabricants diminue, à mesure que devient plus considérable la place prise par la grande industrie :;. En 1765, la manufacture royale des Laforest comprendra essentiellement deux beaux ateliers de 120 pieds de long sur 24 de large, avec 60 métiers battants. Les produits fabriqués présentent la variété la plus grande :

1. A. D.. Gii'., C 956, lettre de Tourny, 14 octobre 1717. L'emploi de la main d'oeuvre des hôpitaux pour l'industrie n'était pas une nouveauté en Limousin. Au temps de Colbert, après 1670, l'hôpital de Tulle avait été appelé à fonctionner comme manufacture. M. Georges Mathieu, archiviste, tué à l'ennemi au cours de la guerre, se proposait d'étudier la question dans un ouvrage intitulé L'Hôpital général de Tulle sous l'ancien régime.

2. A. D.. Gir., C 956, 7 novembre 1747, réponse des manufacturiers limousins à Tourny, alors intendant de Bordeaux:

3. Cf. A. [\. Haute-Vienne, C 13, états de manufactures de draps et autres étoffes : C 659, états comparatifs établis d'année en année : voir aussi A. D.. Puy-de-Dôme, C 597 .

sa tins brochés d'o tissus de colon sur chaîne

simili la ITe la s, ila u péruviennes, siaun

molletons. Ces | luils s'exportent jusqu'en ^mériqui II

rosi n"onl pas que leur manufacture de Li I eur entreprise

s'esl étendue à toul le u abriques Iravaillenl [>our

eux à Solonuuiac, a Fymoulicrs. Leur blanchisserie esl installée à Sainl Léonard . les pièces blanchissent au soleil, ^m les prairies des bords de la \ ienne

///. — La Papiers.

Les papiers fonl la richesse de \ ^oumois el <l Vngoulémc, comme les tissus contribuent a celle de Limoges el du haut Limousin.

L'élection d'Angoulêmc n'est d'ailleurs pas seule a produire le papier. \u\ portes de l'Angoumois, le P.érigord el le Poitou, el dan- la généralité même de Limoges, les élections de Tulle <-i de Limoges en fabriquent leur bonne part '. Toutes ces papeteries de l'ouesl il<- la France sont solidaires, au moins en ce sens que les emenls leur donnent à exploiter, pour la recherche des chiffons, la même partie de la France, celle qui esl comprise entre la Loire

el la Garonne. I ne sorte de région écon ique est ainsi délimitée

pourgrouper toutes ces entreprises. Comme ^ngouléme ne peul

avoir de rivale | ' la qualité de ses papiers, a cause de la vertu

spéciale des eaux de la Charente, les règlements onl li\c comme suit la division du travail, ou, si l'on veut, de la production, entre les papeteries de la généralité de Limoges, pour ne parler que de celle-là. Tulle fabrique l'Amsterdam, le lys fin, les trois 0, le petil jésus lin : Limoges fournil le grand soleil lin, la grande fleur de lys fine, le chapelel On, l<' grand jésus, le lombard fin, le cava lier lin. Angoulême se réserve le grand aigle fin el le super royal lin. qui 9onl les papiers de premier choix

I lès 1656, l'intendant <l<' Limoges parlait de 80 moulins à papiers

l M TilTon, L'induêlrie du papier à Angoulimc, 1909 p 27 — Cl l Levasseur

i 1 1 |> • \ \\ ie •! .ili-i'i \ atluns sur le

commerce du cliilToi

11 l.'lVI I \h\ s I I ni l(\>

situés aux environs d'Angoulême, dans un rayon de 6 lieues '. D'ordinaire, le propriétaire du moulin ne l'exploitait pas directement ; on comptai! ménie un intermédiaire entre lui et le fabricant ; cet intermédiaire étail souvent un gros marchand des Flandres. Il choisissail l'exploitant proprement dit, el lui taisait un roulement de tonds 2.

La révocation de l'édit de Nantes porta un coup terrible à l'industrie angoumoise qui était presque toute entre les mains des religionnaires. En 1688, Angoulême n'avait plus que T)0 moulins, et 12 en 1697. Le relèvement se fit attendre jusqu'au moment où fut interdite l'exportation des chiffons et où fut conclue la paix avec la Hollande. En 1723, le Pouvoir central exonérait les papiers d'Angoulême de certains droits :i; et par la suite, dans le but de parer à la concurrence hollandaise, le Conseil promulguait l'arrêt de 1730 « portant règlement pour la fabrique des papiers de la province du Limousin. » Cet arrêt rappelait, à s'y méprendre, les règlements de ColberL. Il fixait le poids, les dimensions et la qualité du papier avec autant de rigueur qu'avaient pu le faire les règlements de 1671. Il déterminait d'une façon aussi rigoureuse le nombre des heures de travail. Il comportait d'autre part certaines dispositions très favorables aux papetiers, qui devaient jouir du privilège de n'être taxés que par l'intendant et que le roi déclarait exempts de la collecte, des tailles, du logement des gens de guerre et de la milice 4.

La mesure fut mal accueillie, parce qu'elle ne tenait pas compte des conditions naturelles de la production et de la vente. Le Commissaire du roi en Hollande fit savoir que les Hollandais et les Anglais ne seraient plus acheteurs de papiers d'Angoulême, si l'arrêt de 1730 était appliqué à la rigueur 5. L'administration loca-

1. M. Tilïon, L'industrie du papier à Anyoulême, op. cit., p. 16.

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