‹ L'intendant TournyChapitre 41 sur 198 · M. TifTon, op. cit.. p. Il · texte numérisé non relu

M. TifTon, op. cit.. p. Il

4. Voir dans A. D., Haute-Vienne. C 19, l'arrêt du 12 décembre 1730, portant règlement pour la fabrique des papiers de la province du Limousin. Cet arrêt a été publié dans le Bulletin de la Société archéologique du Limousin, t. LVIII, 1908, p. ">7t>. Cf. aussi A. Lacroix, op. cit., p. 263.

f>. Voir le rapport du commissaire du roi à Amsterdam, dans A. N., F'* 78, séance du Bureau du Commerce du 12 juillet 1731. Le Bureau transmit le rapport, pour enquête et pour avis, à l'intendant de Limoges.

I I ~ MAM'FACTI lu - Iim\ u i -

le, s inspirant de ces réclnmi lions vcillnil ;i ne pas se il

trop intransigeante, quand un ccrlain Dit von, commissaire nommé

pour la perfection des papeteries, insista dans un mémoire | r

que l'arrél fui exécuté a la rigueur ' alarmés, les papetiers por lèrenl leurs dolé inces.non pas au subdélégué seulement, mais a l'in tendant lui même.

I n\ avait a choisir entre l'étal il'' droit, lel que l'impliquaient

les tenues de l'arrêt, el I étal 'I'- fait, qui avaîl été peu modifié par les décisions 'lu Conseil. Son ordonnance 'lu 26 janvier IT-'.ii

rappela l'arrêl pour mén >. el consacra, ou peu s'en Luit, l'étal

«II- fait. I ne distinction commode lui < tablic entre les papiers qui devaient être vendus ;i l'intérieur du royaume ri ceux que l'on deslinail .1 l'exportation Pour les premiers seuls, l'arrêl devait ■'■in- appliqui

La crise paraissail conjurée, quand se fonda en 1734, en vue <l<rétablir les fabriques de papier qui existaient autrefois en

-•>u i~, une grande entreprise lancée par des capitalistes el

par il'--* négociants parisiens, parmi lesquels le poêle \ ivien de ( Ibaleaubrun

L'intendant ne résista pas 1 l'envie d'aider de son mieux celte compagnie, qui voulait rendre à l'industrie angoumoiseson premier éclat. «Je me rais un plaisir, écrivait fourn] au sieur Henry, directeur de l'entreprise, de favoriser un établissement <|ui m'a paru en bonnes mains el donl le succès peul êlre utile, non seule menl au Limousin, mais encore au reste du Royaume '. »

Le difficile élail '!>• maintenir une balance entre la compagnie nouvelle el les exploitations anciennes. I n arrêl du Conseil, daté du 6 juillet l~:i l . avait stipulé certaines faveurs spéciales pour la compagnie Les aulres exploitants se crurent abandonnés; ils firent l'impossible pour conserver les bonnes grâces de l'intendant.

I \ D., Charente 1 9 B juin 1734, leUrc à rournj d'un banquier d'Angoulôme,

copropriétaire d'une papeterie, rendant c pte el donnant quelques extraits du

ménioire • 1 « ■ sieui Davon

\ h 1 barenle ordonnance de 1 ou ni)

\ \ l Bl, p HT Béance du Bureau "du Commerce du 2V mai 1734 et p 176 lin 1734. Cf. M Nfl t., p. 15

1 \ h Charente, C 10 el C 11 ; la lettre cil -1 du 11 novembre 1

• rendu à la Buite de l'avis Favorable donné par le Conseil. Cf. a \ 1 Bl, el M l ht. n. op. cil . p. 1j.

98 L INI I.Mi\N I I (il l(\Y

L'un d'eux y mel une insistance si particulière que Tourny lui demande un mémoire « sur lequel il puisse s'appuyer. » L'intéressé lui répond : « J'ai toul quitté pour y satisfaire. » Il aurait Laol à demander au marquis. El d'à I ion I, comme les agents du sieur Henry répandenl contre lui d'odieuses calomnies, ne pourrait-on pas les Caire taire? El encore, parce qu'il a quantité de moulins, le plaignant aurait besoin de matière première et de main-d'œuvre à proportion : or l'une el l'autre lui fonl défaut, à cause de la concurrence de la compagnie; on devrail l'en pourvoir. Enfin, ne pourrail-on pas mettre fin aux perturbations qu'il note depuis peu dans le cours du papier? G'esl encore la faute de la compagnie '. Pour remédier à tout, Tourny devrait se rendre à Angoulême.

Le marquis était en train d'apaiser la querelle avec le concours de son subdélégué Arnauld, quand un nouvel arrêt, daté du 27 janvier L739, remit tous les concurrents d'accord, en soulevant d'abord une réprobation générale. Cet arrêt s'inspirait du même esprit que celui de 1730 2. Les fabricants le déclarèrent impossible à appliquer. L'un d'eux, Vantongeren, ne cachait pas quelle satisfaction en éprouveraient les papetiers étrangers; ils n'auraient plus à compter avec la concurrence française; les manufactures angoumoises, en particulier, seraient toutes frappées à mort 3. Le sieur Henry remit, en toute confiance, la défense de sa cause à l'intendant : « La seule chose qui me sauve, lui écrivait-il à propos de l'arrêt, c'est que le Roi vous en a confié l'exécution, et qu'aussi éclairé que juste, vous n'emploierez, Monseigneur, l'autorité dont S. M. vous a revêtu que pour protéger et perfectionner les manufactures de votre déparlement 4. »

Tourny l'entendait bien ainsi. Il prit sur lui d'adoucir dans la mesure du possible la rigueur du nouveau règlement. Le 10 septembre 1740, il publia une ordonnance, comme il savait les faire, quand il voulait tout concilier. 11 parlait haut, mais son langage prêtait à tous les accommodements. L'arrêt du Conseil accordait un délai de 6 mois pour l'entrée en vigueur du règlement

1. A. D., Charente, C 9, 21 août 1737, lettre de Vantongeren à Tourny, et autres documents à consulter.

2. A. D , Haute-Vienne, C 288, 27 janvier 1739, arrêt du Conseil d'Ktat portant règlement pour les différentes sortes de papiers qui se fabriquent dans le royaume.

3. A. D., Charente, C 9, 23 juin 1739, lettre de Vantongeren à Tourny.

4. A. D., Charente, C 9, 7 juillet 1739, lettre du sieur Henry à Tourny.

nouveau L'intendant commença par attendre un un pour l'appli quer, cl c isuite accorda encore un dél 6 mois, j > 1 1 1 ~ nu délai

d'un m pour l'écoulemenl '!<•» produits déjà fabriqui

onflil des deux tend ■ I liberté, n< a pas

■ nouveau compromis I il prit un nouvel arrêt de régie

menlalion, daté du I H septembre 17 11 *. Entre temps, la Compagnie

connue, le II aoûl 1740, c me Manufacture Royale

M le sieur Henry, son directeur, élail devenu inspecteur général des manufactures royales des papiers d'Angouléme

L'intendance de f/ount) s'acheva par celle victoire significative de la grande entreprise anonyme el montée par actions, non seulement sur de petites exploitations, mais encore sui ces commisii roi chargés de la perfection de la fabrication, qui voyaient toujours l'avenir de l'industrie dans l'application stricle d'un me de contrôle, el qui prélendaienl rendre le producleui responsable, non pas seulement à l'égard de l'acheteur dont il dépend, mais encore a l'égard de l'Etal '.

Il . — Les Faïencts.

On fail souvent honneur a Turgol de l'industrie limousine des porcelaines. Il faul en chercher l'origine avanl lui. Elle date d'une de ces manufactures royales, auxquelles Tournj tenait tant, el que Turgol regardail au contraire comme injuste ni favorisées.

L'établissement de l'industrie limousine par excellence remonte

I \ h Haute Vienne nce >i« ["ourn) de septembre 1740

M rilTon. op cil . p 15 Les fabricants tic papier llrenl des repré ns énergiques conlre l'arrèl de 1711 Elles parvinrenl jusqu'au Bureau ilu

Commerce, eora I< délibérations du 29 décembre 1741, A S., F1

83 el 'lu 12 juillet I7r.', \ \ llenr] bodI A

3 Sur . irique du sieur Henry, c me manu

■ \ Leroux, H fa papelei

i I ii terminant tngoulêmi ■ nj . on

ne | ' p«ï janviei 1770 par rurgot

intendant de Limog ernemenl i

beaucoup ii"1.' pour l'intérêt des fabricants de

pap els il n'est pas er l'intérêt des pau> imateurs

de linge Bien loin dom isolue que dem indenl li

peliers, si ma voix | r, j'opinerais p ela liberté

entière et indéfinie de ce c nerce, comme di mires \ D.,Gir.,l 7

lIM» I INI 1 NtJANt tOl HNY

sans doute à mu' délibération du Bureau du Commerce «lu T> mai 1736, qui rendait compte d'une lel I ré de Tourny du "-?7 janvier précédent. L'intendant signale dans celte lettre « qu'il y a <lu temps que l'idée lui est venue de cel établissement et que sur l'ouverture qu'il en fil au mois de novembre dernier au sieur Massié, comme à quelqu'un capable «le l'entreprendre, voyant qu'il s'y prêtait «le bonne grâce, il le pria de faire l'aire un essai de la lerre qu'il avait jugé être propre à celle fabrique '. •> Tourny, ayant connaissance des gisements de kaolin de Sainl-Yrieix, songea à les l'aire exploiter. Il encouragea .Massié qui était un architecte, enl repreneur des pouls el chaussées, à demander, pour la fabrication des faïences, un privilège exclusif comportant les mêmes avantages que ceux dont jouissaient, chacun dans son industrie, Henry, Lal'orest et Thévenin. Bien que le Bureau du Commerce se fût montré défavorable à la concession de privilèges exclusifs aux fabriques de faïence2, le Conseil satisfit à la demande de Massié par un arrêt du 29 mai 1736 que confirmèrent des lettres patentes du 8 octobre 1737. Le préambule de ces lettres patentes représentait que les faïenceries de Bordeaux, de Moulins el de Nevers étaient bien éloignées du Limousin, et que, dans ces conditions, l'entreprise de Massié pouvait être regardée comme d'utilité publique. Le sieur Massié méritait d'autant plus les bonnes grâces du monarque, qu'il « n'était entré dans ce projet qu'à la persuasion des personnes les mieux informées des besoins de la Province et les plus zélées pour le soulagement de ses habitants. » Un certain nombre d'essais satisfaisants faisaient bien augurer de la suite de l'affaire, et la main-d'œuvre ne risquait pas non plus de manquer à Massié, étant donné qu'il avait eu soin de s'adjoindre un certain nombre d'ouvriers étrangers à la province. Pour montrer tout l'intérêl qu'il portait à l'entreprise, le roi accordait au sieur Massié,

1. A. N., F1* 83, p. 287, séance du 5 mai 1736; M. île Persan était chargé de rapporter l'affaire.

2. A. des Cilleuls, op. cit., p. 227. A trois reprises, en 1717, 1735 et 1736, les fabriques de faïence avaient été déclarées par le Conseil n'être pas » de ces établissements à mériter » ni des privilèges exclusifs, ni même des grâces ou des exemptions particulières Dix ans après la mort de Colbert, d'Aguesseau disait qu'il était temps île rendre la liberté à l'industrie de la faïence. Cf. Levasseur, op. cit., t. n, p 260. Cependant, le 5 mai 1736. sur la demande de Tourny, le Bureau du Commerce ne faisait, semble-t-il, aucune difficulté à accorder à Massié les mêmes grâces qu'à Thévenin, A. N., F" 83, p. 287.

I I ~ MANUFACTI m S ROI M I - lui

- I • 1 1 1 — attendre, !•• droil <l>' Fabriquer -<-u\ de la dans le

baut et bas Li isin, pour une durée de vingt ans; il le gratifiait

encore de l'exemption '!<• la taille, du fourrage el ustensile, du logement des gens de guerre, de la collecte, tutelle, curatelle eli non seulement pour lui, mais pour les siens el pour ses ouvriers enfin il l'admettait a décorer sa manufacture du litre si envié de manufacture ro) >l<- Massié serait admis a faire fouiller !<•> terrains qu'il voudrait, où il voudrait, ù condition de dédommager les propriétaires II installerait sa faïencerie dans l'endroit qui lui paraîtrait \<- plus favorable, el mil ne pourrait I \ troubler '.

I manufacture fut établie à Limoges sur la route di P Elle

fabriqua bientôt ses premières faïences, el l'intendant, très fier, se bâta de les faire admettre sur le marché parisien. Il en expédia d'abord a Fagon, intendant <!<■-> fini afin que vous puissiez

connaître, lui 'lii le marquis, si elles méritent la protection du Conseil. Tourny ;i\;iii choisi comme échantillons •'• assiettes a I livres la douzaine, 2 jattes ovales à I I. 10 s. la pièce, un pot £ eau à I I . I compotier à 81 . I théière ;'i 18 I el encore I plat de service ordinaire à I I. Massié offrait aussi ;i ses clients des assiettes

;'i meilleur c pte notamment a ■'< I . 2 I la douzaine, el même ;'i

I I. 15 -. Les prix pourraient baisser encore, si les droits de sortie diminuaient

\ ôlé de la vaisselle ordinaire, la manufacture produisit quel

ques chefs-d'œuvre de céramique que l'on retrouve : lusée de

Limoges Leur origine paraît et rlaine. Sont à signaler tout

d'abord 2 plats i istierqui servaient pour les repas de noce des

bouchers el qui pouvaient contenir chacun une pyramide de 20 poulets rôtis Le musée conserve en outre deux autres pièces ma gislrales. La premii re esl une porcelaine d'applique de 38 cm. de hauteur, 22 d'ouverture el 38 de largeur; elle esl décorée en

1 rr \ i> Haule-Vienm 5 mai 17-11 lel Ires patentée esaMassié Voir .m--! \ Lerou > r tille, 1912 p 124 Le leste de i irrêl lu i onseil de 1736 ■ été publié dans le bu'letin <lr /•/

2 \"ir dans l>- bulletin île . - du Limousin i \l , 1*93 p '' \ i In M issié 'l un emplacement pour établii sa fabrique de f ilence en i

i lettre de rournj iu sieur Fagon dal le Li ges le 27 décembre 17 M.

,i élé publiée dans le bulletin <t<- - que du Limousin, t \l 1893

icea envoyées A lilre ■ ! échantillon

i ivi i:\ni\ i nu un Y

camaïeu bleu et illustrée de sujets variés. La seconde es! plus encore un document d'histoire. < >n l'a retrouvée le 16 septembre is;)'.i. Elle porte la date du 18 mai 17 11. ('."<• s t un platrondde 58 cm. de diamètre, bleu sur blanc, avec un sujet de style dans le creux. \n centje, la Justice siège sur un trône renaissance ; elle lient en

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