‹ L'Interdépendance du Problème Papetier et du Problème Forestier: Régime particulier des papiers de presseChapitre 14 sur 190 · EN ME · texte numérisé non relu

EN ME

Région du Midi: Ariège, Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne (centre : Toulouse).

Région de l'Ouest : Bretagne, Anjou, Touraine (centre : Le Mans).

L'industrie française du papier est, en outre, caractérisée par une grande variété de production. Ces variétés peuvent cependant se ramener à quatre sortes : les papiers d'impression, les papiers d'écriture, les emballages, les cartons. we

Les papiers d'impression parviennent plus spécialement du Dauphiné et de la Savoie, et de la région parisienne. C’est parmi eux que se classe le papier journal. La plupart des fabriques de papiers de presse sont groupées dans la région parisienne et le bassin de la Seine (exception — depuis peu — la région du Nord : Béghin, Corbehem).

Les papiers d'écriture proviennent principalement des Charentes, de Lorraine, d’Alsace et du Dauphiné.

L'emballage est produit sur place dans les régions de grande activité commerciale (bassin de la Seine, Rhône, Bouches-du-Rhône, Nord et Pasde-Calais), ou dans les régions offrant une abondante matière première (Limousin : papier de paille ; région landaise : papier Kraft).

Le carton se fabrique dans la Seine, le Pas-de-Calais et la région du Sud-Est (Lyon et Marseille).

Enfin, notons en passant que le papier à cigarettes, qui constitue notre principale exportation de papier, est fabriqué avec des chiffons en Bretagne, dans l’Ariège, les Pyrénées-Orientales, la Savoie et le Vaucluse.

Notons enfin que les chiffons (drilles et cordages) sont encore utilisés pour la fabrication de certains papiers de qualité.

Les vieux papiers sont également utilisés. On les prend à Paris ou on les importe d'Angleterre.

Organisation des entreprises.

D'une manière générale, la fabrication du papier est une industrie où la concentration s’est énormément développée au cours des cinquante dernières années. Ceci tient à l'importance des machines à papiers et à l’immobilisation de capitaux qu’elles exigent. Il serait intéressant, à ce sujet, d’évaluer le total des capitaux engagés dans les industries du papier ; ce travail n’a malheureusement pas encore été effectué.

La spécialisation s’est également développée pour les mêmes raisons. Le plus grand nombre des entreprises se borne à fabriquer le papier avec des pâtes de bois fabriquées en France ou à l'étranger. Les sortes où s’est spécialisée chaque usine appartiennent à une ou deux catégories.

Cependant, l'intégration est très poussée dans quelques entreprises : intégration verticale, lorsque l'usine à papier, installée à proximité d’un port où sont débarqués les bois du Nord, a aménagé une fabrique de pâtes. Cette intégration peut même aller jusqu’à la création d’exploitations forestières dans les pays scandinaves, pour s'assurer les ressources nécessaires à la fabrication des pâtes. Intégration horizontale lorsque la même entreprise a absorbé ou tient sous son contrôle des établissements dispersés sur tout le territoire et spécialisés chacun dans une sorte et possède des magasins de vente dans les principales villes.

L'industrie du papier journal est de plus en plus spécialisée, mais elle a également de plus en plus tendance à s'intégrer verticalement. Par contre, sa concentration même rend sans objet l’intégration horizontale.

Elle possède vraiment, soit par la puissance de ses machines, soit par la contexture de son organisation, toutes les caractéristiques de la grande industrie.

Ainsi, alors que la normalisation et la rationalisation n’ont pas encore été organisées dans l’industrie du papier où les systèmes défectueux d’approvisionnement en matières premières et la diversité des nuances et des formats provoquent l’augmentation du prix de revient, elles fonctionnent de la façon la plus heureuse dans l’industrie du papier journal.

De même, alors qu’il n’existe pas encore d’entente générale entre papetiers, permettant l'équilibre entre les besoins du marché intérieur et la fabrication, une pareille entente existe entre fabricants de papier journal.

Ces réalisations sont dues à la création du Comptoir Français du Papier Journal.

Nous y reviendrons dans le chapitre IV et nous aurons l’occasion d’en tirer les conséquences dans la conclusion de cette étude.

C’est qu’en effet si les fabriques de papier journal sont des entreprises de type très moderne, par contre, dans le papier ordinaire, un bon nombre d’entreprises ont conservé un caractère archaïque.

Souvent la forme sociétaire ne fait que masquer, pour des raisons fiscales, la propriété d’une famille.

La plupart des fabriques de papier et de carton ont été transmises de père en fils au cours des siècles : elles ont gardé un caractère mi-rural, miindustriel ; leur main-d'œuvre est attachée à l’usine depuis plusieurs générations. D’où la persistance de vieilles traditions.

Il ne faut cependant pas généraliser et en conclure que l’industrie papetière est de type familial. Cette industrie présente deux types bien distincts :

D'un côté, 260 usines de type archaïque, fournissant la moitié de la production ;

De l’autre, une trentaine de maisons de type moderne, assurant l’autre moitié.

Salaires dans l'industrie du papier.

Les salaires sont très variables suivant les régions et suivant les établissements. Cette diversité résulte des caractéristiques mêmes de l’industrie, telles que nous les définissions plus haut, et des avantages en natures, primes, allocations familiales, ou des facilités particulières résultant du caractère familial de certaines entreprises.

De l'enquête à laquelle s’était livré le Conseil National Economique et dont les résultats sont indiqués dans le rapport Ettori (1), nous extrayons les précisions suivantes :

Salaires payés (décembre 1932) CONDUCTEURS AUTRES SPECIALITES

Haute-Vienne (par jour) 210tr0p 18 fr. 65 EE. IL —- 30 fr. 204122/iru25 Loire-Inf. .. — 20 à 22 fr. 16 à 20 fr.

Isère vin. — 36,50 à 44 fr. 32 à 36 fr.

Tarn-et-Gar. .. (mensuel) 700 fr. 600 fr.

Pas-de-Calais. . — 630 fr. (p. jour) 18 à 19 fr. 50

(1) Paru au Journal Officiel (Conseil national économique, 27 avril 1933).

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