‹ L'Interdépendance du Problème Papetier et du Problème Forestier: Régime particulier des papiers de presseChapitre 71 sur 190 · LE LS · texte numérisé non relu

LE LS

. Comment s'étonner que, dans ces conditions, 50 0/0 des usines de pâtes aient dû fermer leurs portes ? Ce qui doit, au contraire, surprendre c’est

qu’en l’absence de tout soutien dans une crise particulièrement grave, 50 0/0 d’entre elles aient pu résister.

N'est-ce pas la meilleure preuve que l’industrie des pâtes est viable, en France, et qu’elle y a conquis droit de cité ?

Quelles usines de papiers à base de pâtes importées auraient pu subsister dans les mêmes conditions alors que, malgré leur protection de 70 0/0, le Syndicat qui les représente demande un doublement des droits de douane en cas de suppression du contingentement ?

En outre, la différence de protection des deux industries : 15 0/0 contre 70 0/0, auxquels s'ajoute le contingentement, permet à l’industrie du papier de supporter, sans dommages, l'indispensable relèvement du taux de protection des pâtes.

On est confirmé dans cette conception lorsqu'on examine le marché actuel du papier où la concurrence est toute intérieure et, en particulier, les importations de cartons et papiers autres que de presse, qui s'élèvent seulement à 5.923 tonnes pour les trois premiers mois de 1933, c’est-à-dire à peu près rien.

Le relèvement de la protection des pâtes est, enfin, d’indiscutable équité. Son insuffisance actuelle constitue une prime à l’importation des pâtes étrangères et handicape dangeureusement notre industrie nationale,

Le travail nécessaire pour obtenir le papier peut, en effet, se décomposer en deux parts à peu près égales : 50 0/0 pour la fabrication de la pâte,

50 0/0 pour celle du papier proprement dit. Ces éléments, nous l’avons vu, méritent, ad valorem, la même protection.

La différence entre le droit de douane réel de 13 fr. et le droit normal. de 32 fr. 50, soit 19 fr. 50, constitue, indiscutablement, une prime en faveur du fabricant de papier importateur de pâtes étrangères.

Pour les papiers Kraft, protégés par 80 fr., la prime est de : 40—13—27 fr.

En nous basant sur le principe de protection du travail français incorporé dans les produits, les droits sur les pâtes blanchies que l’on obtient à partir de pâtes Kraft ou au bisulfite écrues, doivent être logiquement plus élevés que ceux du Kraft, alors que, au contraire, les droits sur les pâtes mécaniques doivent être inférieurs à ceux qui s'appliquent aux pâtes écrues.

Et nous arrivons ainsi à considérer comme équitables et justifiés les relèvements de droits de douane suivants :

De 6 fr. 50 à 15 fr. pour les pâtes mécaniques.

De 13 fr. à 30 fr. pour les pâtes écrues au bisulfite. De 13 fr. à 35 fr. pour les pâtes écrues à la soude. De 13 fr. à 40 fr. pour les pâtes blanchies.

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