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6° Une politique de reboisement en sapin et en épicéa, à raison de
20.000 H par an, avec une dépense annuelle de l’ordre de 20 millions qui permettra progressivement à la France de tirer de son sol les matières premières nécessaires à la papeterie, et à cette industrie de devenir une industrie vraiment nationale.
Nous trouvons ces arguments développés tout au long dans l'exposé de M. Bernard Navarre : « Pour une industrie nationale du papier ».
Cette politique permettrait, en effet, d'éviter la sortie annuelle de plus de 200 millions de francs aui, investis dans des usines françaises, pourraient produire les quantités de pâtes achetées chaque année à l'étranger.
La création de ces usines donnerait du travail à l’industrie du bâtiment, à la métallurgie, à la construction mécanique.
Une fois créées, elles alimenteraient un marché important de main-d'œuvre paysanne et forestière pour fournir le bois, la paille, etc..., elles utiliseraient des forces hydrauliques, du charbon, des produits chimiques, de la main-d’œuvre d'exploitation, et cela dans des régions qui voient dépérir leur activité.
Ce programme fournit, en outre, un plan de reboisement très précis, puisque nous pourrions dire sans crainte à tous les reboiseurs : « Plantez des épicéas. Quand l'heure sera venue de les couper, vous pouvez être assurés d’en tirer un bon rendement puisque la vente en sera certaine à des usines auxquelles ils seront indispensables. »
Enfin, ces usines mettraient à la disposition de la Défense Nationale toute la cellulose qu’elle réclame pour le temps de guerre.’
Vis-à-vis de la papeterie, M. Bernard Navarre souligne l’antagonisme que nous avons signalé au début entre Fabricants de papier à base de pâtes étrangères et Fabricants de papier à base de pâtes nationales, et il vient apporter tout son appui à ces derniers :
« Pendant longtemps la papeterie s’est dvansnés dans nos provinces de l'Est, du Sud-Est et de la Charente.
>» Depuis l'apparition de la pâte de bois et du quasi monopole des pays du Nord, elle s’est peu à peu déplacée pour s'installer dans le Nord de la France et dans le Bassin parisien, avec, comme programme, l'utilisation des pâtes scandinaves.
> Chaque usine créée dans ces nouvelles régions fait disparaître des usines de province, et celles-ci s’en vont lentement mais inéluctablement vers la décadence et la mort, car il est bien évident qu’une usine située dans l'Isère, par exemple, si elle se fournit de pâtes étrangères, ne peut pas concurrencer sur le marché parisien, qui absorbe 60 à 70 % de la production papetière, les usines du Nord et du Bassin parisien. Dans ce cas, elle a, en effet, à supporter les frais de transport de la pâte d’un bout à l’autre de la France et les frais de retour du papier vers Paris.
» Le seul moyen de salut des usines de l'intérieur se trouve dans la fabrication des pâtes, mais encore faut-il que les conditions de cette fabrication soient assez avantageuses pour permettre à ces usines de se retrouver à égalité avec leurs concurrentes de la région du Nord et de Paris, actuellement si avantagées, mais elles-mêmes destinées à se trouver dans une situation ceritique d’ici quelques dizaines d’années lorsque les pays du Nord leur Her leurs matières premières, bois d’abord et pâtes ensuite. »
Vis-à-vis des forestiers, c’est M. P. Dutilloy, directeur de l'Association nationale du Bois, qui, au couts des Journées forestières du Massif Central, exposait aux nombreux propriétaires ou exploitants forestiers et représentants de l’Administration des Eaux et Forêts, ce que l’on pouvait attendre d’une politique & nationale » de la Papeterie :
« Certes, il y a plus de 50 ans que l’on sait fabriquer du papier avec le bois, mais si, au point de vue technique, la production des pâtes n’est pas un
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débouché nouveau, on peut dire que, du point de vue économique, elle est en France une industrie au berceau, dont nous pouvons et dont nous devons provoquer l'essor.
» Trois chiffres situent immédiatement la question : nous produisons en France 5 millions de mètres cubes de bois résineux. Nous en consommons actuellement 250.900 mètres cubes pour la papeterie, alors que nous pourrions en absorber 1.500.000 mètres cubes.
> Ce nouveau débouché représente ainsi plus de 20 % de la production totale ; il suffirait sans aucun doute à provoquer de façon décisive lé redressement du marché des bois résineux.
>» Bien plus, la papeterie est une industrie en constante progression, de telle sorte qu’elle pourra, à l'avenir, assurer au bois, dont les autres utilisations sont si contrebattues, le débouché le plus large. »