LE POINT DE VUE DES FABRICANTS DE PAPIER
Le Syndicat général des fabricants de Papier et Carton de France repousse brutalement toute protection des pâtes, et pour répondre à l’offensive des fabricants de pâtes, il déploie les DrEUeUE suivants que nous extrayons de la brochure éditée par ses soins : « Réfutation de la thèse de l’Union des Pâtes » (1).
« L'Union des Pâtes dénonce comme paradoxale l'importation de bois de papeterie. Le véritable paradoxe, c’est que le plan si largement diffusé par elle aboutirait nécessairement à la création, en France, de fabriques de pâtes chimiques à base de bois étrangers. Car, à l'abri des droits formidables envisagés (20, 40, 60 fr. au lieu de 6 fr. 50 et 13 fr. actuellement), des fabriques de pâtes chimiques s’installeraient aux points les mieux desservis, c’est-à-dire près des ports et dans le Bassin de la Seine, pour recevoir à moindres frais les bois d'importation qui leur seraient nécessaires. De nouvelles papeteries s’établiraient autour de ces fabriques de pâtes qui se doubleraient d’ailleurs elles-mêmes de fabriques de papier.
>» Ainsi, non seulement la consommation des bois nationaux ne se trouveraît pas sensiblement accrue, maïs les usines lointaines de l’Est, du Sud-Est par exemple, que le tract de l’Union des Pâtes déclare vouloir tout particulièrement protéger, seraient rapidement ruinées par cette nouvelle concurrence et mises dans l'obligation de s'installer à leur tour en couronne autour de Paris eu près des ports, ou de disparaître. En effet, elles supportent déjà aujourd'hui, par rapport aux fabriques de pâtes chimiques des Landes ou du Pas-de-Calais, une charge supplémentaire considérable sur les pâtes chimiques qu'elles sont obligées d'acheter. Cette charge considérable vient du fait du transport de ces pâtes depuis les ports où elles débarquent si elles sont importées, ou des usines de pâtes chimiques françaises situées auprès des mêmes ports, si elles les fournissent pour une faible part. On peut établir que ces frais de transport, décomptés dans les prix de revient, doublent pour les pâtes étrangères la taxe douanière dont elles sont frappées.
L'Union des Pâtes a établi un vaste programme dont la réalisation intégrale exige près d’un demi-siècle et dont la charge, dès le début, reste uniquement supportée par l’Industrie du Papier.
» Elle va même jusqu’à attribuer, sur les ressources nouvelles qu'elle envisage, une large subvention au Service F'orestier pour le reboisement en essences papetières — oubliant que cette question relève du ministère de l'Agriculture et non pas de la Papeterie, et que ce serait une innovation tout de même un péu trop hardie (!) que de faire supporter à une industrie le financement extrabudgétaire d’un programme tel que celui du reboisement.