Egalité du 30 avril IS70, p
4. Les socialistes du Jura sont en elTel toujours restés étrangers aux atlaires russes, et en avril 1870 je ne connaissais encore aucune des publications dont j'ai cité les noms et quehiues passages dans les notes précédcnles la Ic^xceplion d un article du n° 2 des l'ublications de la Société la Justice du Pcujile. dont la traduction avait paru dans le Progrès). Towl en protestant contre les agissements de la police suisse, et en nous efforçant de soustraire à ses grilles les réfm.:iés qu'elle poursuivait, nous n'avions nulement enlendu accepter a vi'Ugletnenl la sididarilé île tout cetiue pouvaient entreprendr.', sur le terrain de la révolution russe, soit liakounine, soit d'autres conspirateurs. Oiiant à la façon dont Ral<»iunine jugea les procédés inventes el pratiqués par Nelcliaïef, lorsqu'il eu eut cmistati' lempioi par «e fanatique dangere\ix r[ qu'il en fut devenu Iniiuême la victime, i>u l'a déjà vue à propos de l'éditeur l'oliakof (t. l''^ p. 2U1), el on la verra encore plus loin, lors de la rupture qui se produisit en juillet 1870.
lO L INTERNATIONALE
Bakounine aussi, ol il a été forcé d'avoncr «ju'il a eu tort et que Bakouninc clait un révolulionnaire en deliors de tout soupçon... I^ai.sson.s donc de côté la question russe, cl passons à celle de l'Alliance. . Quant à l'existence d(; ConiUi'S secrets [dans l'Alliance 'j, je ne p(;nse pas rprOuline soit adversaire de la conspiration secrète. Je ne veux j)as juger ici si, oui ou non, on a eu tort d'instituer un Comité secret auprès du Comité public ^ La question à traiter est de savoir si les statuts [de la Section] de l'Alliance [, à Genève,] i)euvent être acceptés. Rien n'y est contraire aux statuts de rintenialionale... Je vous déclare que je ne suis pas de l'Alliance, je n'en fais pas partie... A l'heure qu'il est, il n'y a plus une orj^anisatiou [internationale] de l'Alliance, à côté de l'organisation (!<■ l'Internationale : il n'\' a qu une Section de propagande [, ayant son siège à Genève]... Ellle a donc le droit d'entrer dans la Fédération romande '. ))
Dans la réplique dOutine, je relève ce qui suit :
« Outille. . . iM. (iuillaume demande un jury ; ce jury aura lieu, mais plus tard, au Congrès général, et soyez sûrs que les arguments et les documents ne manqueront pas pour démasquer certains individus une fois pour toutes. . . A Bftle, il s'agissait tout simplement d'un article dans les journaux allemands où la conduite de Bakounine en 1848 était sévèrement jugée, et où l'auteur faisait supposition que Bakounine a été espion du gouvernement russe. Il ne coûtait rien au citoyen Liebknecht d'avouer que Bakounine n'était pas un espion ; et je le déclare aussi, publiquement^ qu'il ne l'a pas été, et que ce n'est pas de cela qu'on l'accuse '. »
Enfin mentionnons le grand grief formulé contre la Section de l'Alliance par Dupleix et p^ir Weyermann, son athéisme :
« Dupleix. . . La raison pour laquelle on ne s'entendait pas [à Genève] avec les membres dirigeant l'Alliance, était que ces Messieurs voulaient à tout prix qu'on s'occupât de questions qui ne sont pas à l'ordre du jour parmi les ouvrici's ; on prêchait l'athéisme, et les ouvriers veulent qu'on ne touche pas encore à telle ou telle croyance ; nous devons avant tout poursuivre notre but commun^ notre émancipation économique. Un grand nombre de sociétaires se sont retirés de l'Association quand l'Alliance voulait prêcher l'atliéisme, car on oublie trop que l'instruction manque au plus grand nombre d'ouvriers et que beaucoup d'entre eux se sentent froissés par ces doctrines.
« W eyer^mann. L'Alliance prêche l'athéisme et l'abolition de la famille, et nous ne le voulons pas ; les circonstances et les opinions ne permettent
1. Giiétrit venait rie parler de ((comitésoccul es», dont, disait il, il avait fait lui-même parlie: «Le ^.'rand chef Bakounine devait avoir entre ses maius tous les liens secrets de l'univers, et nous avons bientôt reconnu qu'on nous trompait indignement, que, d'un côté, ces liens universels n'existaient pas eu réalité, d'un autre côte il ne se gênait guère, avec qui que ce soit, il ne consultaiL en iicn personne, il se jouait de tout le "monde » {ligalUé du 30 avril 1870. p. 2). Uans son « Rapport sur l'Alliance», écrit en août 1871, Bakounine explique qu'à l'époque où l'Alliance était une organisation internationale, le Bureau central, (|ui n'avait aucun compte à rendre au y:roupe genevois, ne communiquait à celui-ci, de sa correspondance avec les groupes de l'Alliance des autres pays, que ce qui pouvait être livré au public sans compromettre personne ; cette prudence était nécessaire surtout pour la France et l'Italie : <■ (Test probablement ce demi-secret qui fit accroire à M. Guétat qu'il avait été membre d'une sociélé secrète, comme il le déclara avec tant d'emphase au Congrès de la Chaux-de- Fonds ». {Mémoire de la Fédéraliiyn jurassienne, Pièces justificalives, p. 51.)
2. Je dois compléter et rectifier sur ce point le compte-rendu de V Egalité en reproduisant le résumé de mes déclarations d'après le Mémoire de la Fédération jurassienne \p. 113) : « Nous n'avons pas à établir une enquête sur le comité occulte qu'on prétend avoir existé, attendu que chaque membre de l'Internationale garde la liberté pleine et entière de s'affilier à n importe qjielle société secrète, fût-ce même la francraaçonni rie ; une enquête sur une société secrète, ce serait tout simplement une dénonciation à la police ».