TROISIEME PARTIE, CHAPITRE X lOO
Nous venons de former à Saint Imier, la Chaux-de-Fonds, le Locle et Neuchâtel des Comités de secours fraternel pour les réfugiés de la Commune ; cette mesure a été rendue publique par un communiqué adressé au National suisse. Grande émotion des bourgeois ' .
Faites-en autant. Adieu.
Ma femme m'avait écrit, la veille, qu'elle partirait de Sainte-Croix le samedi matin ; je devais aller à sa rencontre jusqu'à Fleurier. Je profitai de ce petit voyage pour aller rendre visite au père Meuron, que je trouvai profondément abattu par le désastre de la Commune : il n'était plus que l'ombre de lui-même.
Le 4 juin, je transmis à Bakounine une lettre de Sibiriakof, du 2, relative à l'impression de la seconde livraison de L'Empire knouto- germanique. 11 me la renvoya quelques jours après ; sur un feuillet blanc de cette lettre, il avait écrit, le 10 :
Mon cher. Je te renvoie la lettre de Sib.; je raccompagne d'une lettre qu'au besoin, si tu le trouves utile, tu peux lui envoyer. Tu as reçu maintenant, sans doute, celle que je t'ai écrite le 5 de ce mois et que je t'ai envoyée, comme nous étions convenus, par l'ami de Ziirich K Que penses-tu de l'arrangement que je t'y ai proposé? il me semble réalisable. S'ils vendent ^o exemplaires [de L'Empire knouto- germanique] à Saint-Imier, la Chaux-de-Fonds. le Locle, ce qui ne me paraît pas impossible, cela fera 60 francs ; avec les 3o fr. envoyés de Munich ^, cela fera 90. Sur cela 40 fr- pour le Locle, 4o fr. pour Souvillier ^ 6 fr. que je dois comme responsable de la Solidarité^, 4 fi'- de frais de poste. Je resterai te devoir pour deux livres de thé, si tu m'en envoies; si tu ne l'as pas envoyé, n'en envoie pas, car j'en attends de Genève. . .
Quant à la somme nécessaire pour la seconde livraison, j'ai la confiance qu'elle se trouvera bientôt, et le manuscrit de cette livraison ne tardera pas de t'arriver tout complet. L'ami de Ziirich se donne aussi beaucoup de peine pour compléter cette somme, et puis j'aurai encore d'autres amis.
Envoie-moi au plus vite les qio ou 200 exenq)laires, pour que je les expédie en Italie, où des amis les attendent déjà,
Je t'ai envoyé ce matin par la |)Oste non huit, mais onze volumes de Grote % et quatre volumes d'Auguste Comte. Je te [trie d'envoyer
1. On se rappelle l'odiouse circulaifc par laqiullo .luios Favre avait invile les gouvernements étrangers à refuser le droit d'asile aux réfugiés de la Commune, et à proeédcr A leur arrestation immédiate it à leur extradition, attendu i\\\v " l'œuvre abominable de ces scélérats n(' pouvait être confondue avec un acte polilii(ue ".