‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 217 sur 314 · Un étudiant nommé J. Ponomaief · texte numérisé non relu

Un étudiant nommé J. Ponomaief

3. Ceux dont il est parlé dans la lettre de Sibiriakof du llî mai.

4. Pour lo paiement de son entretien pendant son séjour dans ces deux endroits. D. Il faisait partie de la société des garants, constituée à la suite de l'assemblée du

26 février.

(). Bak(mnine m'avait dit, à NeucbiUi 1, qu'il avait à Locarno les huit inemiers lomt's de la traduction, par A.-L. de Sadoes, de la lli^tonj 0/ Gvci'ce de (note (un livre que j'avais lu dans le texte anijiais, avec une vive adniiiation, lorsque j'étnis étudiant ;~i Zurich), et m'avait promis de me les envoyer. Il se trouva qu il en possédait onze : l'ouvrage complet en a dix neuf (cl non douze, comme K.d^onmne. ainsi ([ue le montre la suilc de sa lettre, se le ligurait). Ces vohinu'S lui avaient été doiuiés autrefois par la princesse Obolensky, mais nélaionl pas coupés ; en fait d'ouviaues liislori(iues, Bakounine consultait surtout la Kulturoc^^clnchtr Ai' Kolb. qu'il appr»'ciait beauc:>up : il relromait et louait en Kolb ses pro|ires tend nues, son goùl pour les Grecs el leur fédéralisme, son anli|albie pour Ileme et pour l'esprit conqnériinl.

l56 L'iNTICHN ATIONA I.K

imiiK-diatornent ces <lcrniors h VvWz RoJxtI, aiuiiiel je les ai promis. Tu vois (|uo tu es plus heureux ([ue Nuina Pompilius. f)uisque tu en rerois onze sur douze, tandis que Nuiiia n'en a eu (jue six, ou ni<^ine seulement ti'ois. sin- douze '.

Ma lettre t'arrivera ou est déjà arrivée de Zurich à l'adresse de M. Gustave J.

N'oul)li(; pas de bien saluer de ma j)art la fiunme d'abord et sa mère, i>uis la tienne et tes sœurs. Je suis heureux de les avoir rencontrées. Salue l)ien ton Crère aussi et envoie-moi sa brochure.

J'ai re(,'u une lettre de Ross ''. Je l'enj^aj^e beaucoup à écrire son journal le plus détaillé et le plus sévèrement véridique. Nous le traduii'ons, d'abord pour les amis intimes, parce ipie toute vérité n'est pas bonne à dire en public : nous ne devons pas diminuer le prestige de ce fait immense, la (iOmnnine, et nous devons déléndre à outrance, dans ce moment, môme les jacobins qui sont morts pour elle. La traduction laite, tu verras quel parti tu pourras en tirer pour le public, n'est-ce pas ^ ? J'attends avec impatience ta lettre.

Ton dévoué M. B.

J'ai été bien content pour toi et pour toute ta famille de la nomination de ton père ^ Et toi, quand redeviendras-tu maître d'école?

Voici la lettre de Sentinon que j'avats oublié de tenvoyer. Tu dois absolument me la renvoyer.

Cependant Joukovsky ne donnait plus signe de vie ; et nous désirions vivement faire paraître un numéro de la Solidarilë. Je lui récrivis le ti juin, en lui disant que si Gzerniecki refusait d'imprimer un numéro du formai du Progrès pour trente francs, nous ferions taire le journal à la Chaux-de- Fonds.

La raison du silence de Joukovsky était son absence de Genève : sa femme, revenant d'un voyage en Russie, était tombée malade à Berne ; il était allé la rejoindre dans cette ville, et il avait négligé dem'averlir de son déplacement ; je flnis par apprendre qu'il était absent, mais par un tiers, et sans qu'on pût me donner son adresse. Ozerof, au défaut de Joukovsky, me fit savoir que Gzerniecki refusait de recommencer à imprimer la Solidarité. Il fallait prendre une décision : une réunion eut lieu au Locle le 20 juin, et le lendemain j'écrivis à Joukovsky pour lui annoncer qu'il venait d'être décidé que la Solidarité s'imprimerait au Locle, dans le format du Progrès, et le prier de m'envoyer immédiatement le registre des abonnés et le livre de comptes du journal, avec les factures de l'imprimeur. J'ajoutais que Robin m'avait demandé de Londres, quinze jours auparavant (lo juin), de lui expédier une copie des pièces authentiques qui prouvaient que la Section de l'Alliance de Genève avait bien été admise en 1869 par le Gonseil général, pièces dont Joukovsky était le détenteur. Ne sachant toujours pas où il se trouvait, j adressai ma lettre à l'imprimeur Gzerniecki, dans l'espoir que celui-ci réussirait peut-être à la faire parvenir au destinataire.

On se rappelle que Robin était devenu membre du Gonseil général en octobre 1870. La lettre qu'il venait de m'écrire, et dont j'entretenais Jou-

1. Bakounine ne se piquait pas d'érudition : les « professeurs allemands » voudront bien lui pardonner d'avoir, dans une lettre familière, écrit « .Niima Pompilius » pour Tarquin r,\ncien, et « douze » au lieu de « neuf », à propos des livres sibyllins.

2. Ross était revenu de Paris siin et sauf; son camarade Valence Lankiewicz, comme je l'ai dit, avait été tué

3. Il ne fut pas donné suite à ce projet : Ross n'a rien écrit sur la Commune.

4. Mon père venait d'être réélu membre du Conseil d'Etat neuchàtelois.

Page 1