TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE Xt ig
Les six délégués belges étaient De Paepe et Verrycken, délégués du Conseil fédéral belge ; Fluse, délégué de la Fédération de la vallée de la Vesdre ; Steens, délégué de la Fédération du Centre ; Coencn, délégué de la Section d'Anvers ; et Herman, membre du Conseil général, délégué de la Section de Liège.
Les deux délégués suisses étaient MM. Outine et H. Perret. Le premier, membre de cette Section russe de Genève qui paraissait être si fort avant dans la confidence de Marx, avait reçu des pleins-pouvoirs, sans aucune instruction, de la Section allemande de Genève. Le second, H. Perret, nétait pas délégué par les Sections genevoises ; il avait cependant un mandat signé par le Comité fédéral de Genève, et A'oici comment. L'assemblée générale des Sections de Genève avait nommé pour délégué à Londres Grosselin, par i5o voix environ contre 28 seulement qu'avait obtenues H. Perret ; en même temps temps l'assemblée avait alloué à Grosselin une somme de trois cents francs pour frais de voyage. A la veille du départ. Grosselin déclara que cette somme était insuHisante et qu'il lui fallait quatre cent cinquante francs ; n'ayant pu obtenir cette augmentation, il refusa le mandat. C'est alors qu'on ne sait qui remit, on ne sait quand ni comment, le droit de représenter la Fédération genevoise à H. Perret, qui voulut bien se contenter des trois cents francs votés '. On peut juger de quelle façon les aspirations du prolétariat suisse se trouvaient représentées par ces deux messiem\s, qui allaient être appelés à donner à la Conférence des renseignements véridiques sur le conllit de la Fédération romande.
L'Espagnol était Anselmo Lorenzo, membre du Comité fédéral espagnol, ("était le seul délégué qui eût un mandat impératif, et il apportait à la Conférence un travail sérieux, élaboré par une réunion de délégués des Sections espagnoles. Ce travail, ilont le contenu aurait pu gêner les décisions prises d'avance par Marx et ses amis, fut escamoté sous prétexte de le traduire. On profita de la « connaissance insuflisante » que le délégué avait des langues autres que l'espagnol ; on s'arrangea [)our dire que son projet viendrait comme amendement à celui du Conseil général (!), et il n'en a plus été question que dans le paragraphe 3 de l'article xiii des prétendues résolutions de la Conférence -, paragraphe dans lequel on mettait insolemment au panier, avec accompagnement d'eau bénite de cour, les vomix clairement énoncés de toute une Fédération '.
Quant aux treize délégués membres du Conseil général et nommés [)ar lui, il y en avait se[>t qui siégeaient à titre de secrétaires correspondants des dillérents pays non représentés à la Conférence : c'étaiiMit Engels pour litalie, Marx pour l'Allemagne. Eccarius [)()ur rAniéri([ue, llales [)our l'Angleterre, Uociiat [)onr la Hollande, Cohn [)our le Danemark, et /abicUi [xun* la Pologne. Ouli-e ces sept-là. le Conseil général avait désigné six autres de ses membi'cs pour le représenter, lui ; et parmi ces six les trois premiers étaient censés
1. Cftllo historiolle a iHé tin't> du Mémoire Jiisli/iratif do Robin, (jui l'avait extraite d'une lettre à lui ('critc par JoukovsUy le Ij scplembrc. Dans li' .l/<'/»(u'rf de la Fédcrdtioii jiir(i>i^u'nn<\ on a iui|)i'iiiié que (irosselia avait eu 200 voix ; j'ai rectifiii celte erreur d'après le texte de la lettre de JoukovsUy, oii il est parlé de « 200 votants, avee !")() vnix pour (jrosscliii, 28 pour l'crret ».