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QUATRIÈME PARTIE. CHAPITRE Vl SaS

Cyrille (Victor), employé de commerce, délégué de la Section française

de Bruxelles.

Dumonl [pseudonyme de Faillet], délégué d'uneSection de France [Rouen]. Eberliardt, tailleur, délégué des Sections des tanneurs, des cor<ionniers,

des tailleurs, des charpentiers, des peintres, des teinturiers en peaux,

et des marbriers de Bruxelles.

Fluse, tis.'ieur, délégué de la Fédération de la vallée de la Vesdre. * Ilerman (A.) *. délégué de la Fédération de Liège : mécaniciens. Union

des métiers, charpentiers réunis, marbriers et sculpteurs Splingard (Roch), délégué du groupe de Charleroi. Van den Abeele, négociant, délégué de la Section de Gand.

Délégués venus de Hollande :

Dave (Victor), délégué de la' Section de la Haye.

Gerhard, tailleur, délégué du Conseil fédéral hollandais, à Amsterdam, (jilkens, lithographe, délégué delà Section des lithographes d'Amsterdam. Van der Hout, délégué de la Section d'Amsterdam.

Délégués venus de Suisse :

Hecker (Jean-Philippe), délégué du Comité fédéral romand, de deux Sections de Bâle, de la Section de Zoug,de la Section de Lucerne, et de la Section allemande de Genève.

Duval (Th.), menuisier, délégué du Comité fédéral romand. Genève.

Guillaume (James), typographe, délégué de la Fédération jurassienne -.

Schwitzguébel (Adhémar), graveur, délégué de la Fédération jurassienne.

Joukovsky (Nicolas), délégué de la Section de propagande et d'action révolutionnaire soiùalisle de Genève '\

Délégués venus d' Espagne :

Alerini (Charles), professeur, délégué de la Fédération espagnole. Farga-Peliicer (Rafaël), typographe, délégué de la Fédération espagnole Gonzalez Morago (Tomâs), graveur, délégué de la Fédération espagnole. Marselau (Nicolâ Alonso), délégué de la Fédération espagnole. Lafargue (Paulj, docteur en médecine, délégué de la Xueva Federacion inadrilena et de la Fédération de Lisbonne (Portugal).

Délégués venus d'Arnérù/ue :

Dereure (Simon), cordonnier, délégué du Congrès de New York.

Sorge (F. A.), professeur, délégué du Congrès de New York.

Sauva (Arsène), tailleur, délégué des Sections a (New York), 29 (llobo-

ken) et 42 (Paterson).

West (W.), délégué du Congrès de Philadelphie.

Délégués venus d'autres pays :

Farkas (Karl), mécanicien, délégué de deu.x Sections de Buciapest

(Hongrie).

Heim, délégué de la Section (sic) de Bohême. Pihl (S. F.), délégué de la Section de Copenhague (Danemark).

I. Ilorman. liicn que mcinhro ilti (lonseil yéuoral, dont il était le secrétaire L'orrespoiulant pour la lîclt;i(iuo, liahilail I.,icge ilcpiiis (jnctiuc temps.

'2. La liste olliciellc nie désii^ne, ainsi (lue Seli\vitzi,'iu'l)el, comme (t dél(^gué du Confi;rès de NeiicliAtel ». .le rétai)lis notre véritable (juaiité.

3. Jonknvsky, dcléi^ué spécialement par la Section de propagande et d'action révolutionnaire socialiste de Genève, et non par l'ensemble dt> la Keilération jurassienne comme Scliwil/i,'uébel et moi. n'arriva i\ la Haye (pie le lumli soii-.

Sur CCS soixanle-sept délégués, deux ne lurcnl pas admis (Joiikovsky et West). Des soixante-cinq autres, quarante formèrent la majorité, vingtcinq la minorité.

La Commission de vérifu^ation des mandats fut composée de sept membres : Marx, Ranvier, Frilnkel, Mac Donnell, Dereure, membres de la majorité ; et deux représentants de la minorité, Gerhard et Uoach. La majorité du Congrès avait décidé que, vu la situation exceptionnelle faite à l'Internationale par la loi française, les mandats émanés de Sections de France, mandais dont cinq mcnd)res du Conseil général étaient j)orleurs, ainsi que six autres délégués, ne pourraient être connus que des seuls membres de la Commission de vérification, et que le Congrès ignorerait jusqu'au nom des villes où se trouvai(;nt ces Sections '. 11 fallait donc accepter les yeux fermés tous les délégués (jui se diraient envoyés par une Section de France ; toute investigation à le"ur égard nous était interdite, et nous devions nous en rapporter aveuglément aux agissements d'une commission composée en majorité de nos adversaires déclarés.

Voici quelques détails, empruntés pour la plupart au Mémoire, de la Fédération Jurassienne, sur la manière dont avaient été recrutés les délégués destinés à composer la majorité dont Engels et Marx avaient besoin.

Les représentants des Sections américaines appartenant à la fraction dite du Tenth Ward Hôtel (opposée au Conseil fédéral de Spring Street) s'étaient réunis en Congrès à New York le 6 juillet it-'ya, et avaient élu comme délégués au Congrès de la Haye Sorge et Dereure. Une fois nommé, Sorge demanda qu'on lui remît, outre son mandat, une provision de mandats en blanc qu'il voulait emporter en Europe. Quelqu'un ayant fait une objection, Sorge, pour fermer la bouche à son contradicteur, montra une lettre de Marx : à un pareil ordre, il n'y avait rien à répliquer. Sorge se fit donc donner une douzaine de mandats en blanc, qu'en arrivant à Londres il remit à Marx; celui-ci les distribua à ceux des fidèles qui en eurent besoin. L'un de ces mandats de Sorge, venant dune Section de Chicago, fut donné à un certain Maltman Barry, membre du Conseil général et, en même temps, correspondant du journal lory le Standard ; Marx, qui maintenant protégeait cet homme, avait dit de lui, quelque temps auparavant, qu'il le soupçonnait d'être un espion - ; mais quand il faut se faire une majorité on n'y regarde pas de si près. Un autre des mandats de Sorge, celui de la Section 8, fut donné à Hepner, rédacteur du Volksstaai ^ ; un autre, d'une Section de San Francisco, au blanquiste Vaillant, membre du Conseil général ; un autre, de la Section 6, à Engels ; un autre enfin, celui de la Section i, fut gardé par Marx lui-même. Hermann Jung, ayant appris qu'on aflîrmait que Sorge avait montré une lettre de Marx réclamant des mandats en blanc, parla de la chose à Marx pour savoir si le fait était vrai ; celui-ci ne nia pas l'existence de la lettre : il se borna à dire que Sorge était un âne (ein dumnier Esel) de l'avoir montrée *.

1. Cependant Ranvier avait cru devoir s'annoncer comme délégué d'une Section qui avait son siège à Paris et s'appelait la Section Ferré; il racontait même, disaiton, qu'elle comptait trois mille membres.

2. Circulaire envoyée aux Sections anglaises par le Conseil fédéral anglais en janvier 1873.

3. Depuis que Liebknecbt et Bebel étaient en prison, le Volksslaat, rédigé par le seul Hepner, et tombé sous l'influence d'Engels, se montrait particulièrement haineux à notre égard.

4. Raconté par Jung lui-même au Congrès de la Fédération anglaise à Londres, le 26 janvier 1873. Dans uni' récente publication. Sorge, avec une inconscience naïve, a imprimé lui-même la lettre, du 21 juin 1872, où Marx lui demandait des mandats d'Amérique, en spécifiant (ju'il faudrait des mandats allemands (c'esl-à-dire des Sections allemandes des Etats-Unis) pour lui, Engels, I.ochner, Pfândner et Lessner ; des mandats français pour Itanvier, Serraillier, Le Moussu, Vaillant, Cournet et Arnaud; un mandat irlandais pour Mac Donnell. Lochner et Pfândner ne vinrent pas a la Haye, j ignore pourquoi.

L'Allemagne ne possédant aucune Section de l'Internationale, mais seulement des adhérents individuels, ne pouvait envoyer au Congrès des délégués réguliers. Le Congrès de Bàle, on 18G9, avait prévu le cas de délégués venant de pays qui se trouvaient dans la situation où était l'Allemagne; et il avait décidé que, a pour les pays où l'Internationale rencontre des difticuUés à s'établir à cause des lois, les délégués des sociétés ouvrières corporatives seront admis à discuter les questions de principes, mais ne pourront discuter et voter les questions administratives » (Résolutions administratives, n° VIII ; voir tome I*^ p. 209). En vertu de celte résolution, les représentants des sociétés ouvrières allemandes se trouvaient exclus d'avance des votes administratifs au Congrès de la Haye ; mais cela ne faisait pas le compte de Marx et d'Engels, à qui les voix des délégués allemands étaient indispensables pour constituer leur majorité. A tout prix, il fallait que les Allemands pussent voter. Pour éviter de se trouver sous le coup de la décision de Bâle, Bernhard Becker, Cuno, Dietzgen, Hepner, Rugelmann*, Milke, Rittinghausen, Scheu, Schumacher, se présentèrent tous à la Haye comme délégués, non de simples sociétés ouvrières, mais de Sections de l'Internationale. Or, six mois auparavant, Liebknecht avait établi clairement, devant le tribunal de Leipzig, qu'il n'existait et ne pouvait exister en Allemagne que des adhérents individuels à rinternationale, mais ])as de Sections ; Bracke, membre du Comité du Parti de la démocratie socialiste, cité comme témoin, avait dit à l'audience du a'i mars : « Nous avons regretté que la loi ne nous permît pas de constituer une branche officielle de l'Internationale. Les membres de notre parti ne devenaient meiidjres del'Inlernationale qu'à titre individuel.» {Volksstaat du 27 mars 1872, page 3, 2^ colonne.) Il était impossible de constater plus clairement qu'il n'existait pas de Sections de l'Internationale en Allemagne ; et pourtant, après ces déclarations solennelles, les amis de Marx osèrent se dire à la Haye représentants de Sections allemandes. Que doit-on penser d'un semblable procédé? De plus, une condition sme qna non pour que le délégué d'une Section put siéger et voter au Congrès, c'était que la Section eût payé ses cotisations au Conseil général : or, Bebel avait tléclaré, à l'audience du 11 mars {VoUfSstaat du 16 mars 1872, page 1, 2" colonne), que les internationaux allemands n'avaient jamais payé de cotisations à Londres -.

Voici une nouvelle preuve que les délégués des soi-disant Sections allemandes ne représentaient pas des Sections. Un certain Milke figura à la Haye comme délégué de la Section de Berlin; or, quelque temps après, le secrétaire de la Fédération anglaise, John Haies, écrivit à un membre de l'Internationale résidant à Berlin. Friedlilnder (([ui avait siégé à la Haye conmie délégué de Ziirich), à propos d'une grève de relieurs ; Friedlilnder répondit à Haies qu'il n'existait pas de Section de l'Internationale à Berlin^.

En France coumie en Allemagne, la loi ne permettait pas de former des Sections de l'Internationale : mais en France, pays où l'on se soucie moins de la légalité qu'en Allemagne, il existait réellement des Sections, malgré la loi et malgré certain décret de la Conférence de Londres*, il pouvait

\. Marx avait écrit h Kugelmann, le 29 juillet 1872: « \\\ Con!îr(''s international (à la Haye, s'ouvrira le 2 septomljre), il s'agit de la vie ou de la uiort de l'Internationale, et avant de nie retirer je veux au moins la iirolei,'er contre les cléments dissolvants. L'Allemat,'ne doit donc, avoir le plus de represenlaiits possil)le. Comme tu viendras sans aucun doute, écris k llepner(|ue je le prie de le procurer un n\andal de délégué. »

2. Ce qui n'empéelia pas la Comnnssion de vérification de-; niamlals d'avoir le front de déclarer aux délégués espagnols, comme on le verra [>liis loinip. liiil.iiue toutes les Sections dont les délégués avaient été admis par elle avaient payé leurs cotisations.

3. Déclaration de Haies au Congrès de la Fédération anglaise à I.ondros, 20 janvier 1873.

4. La résolution X de la Conférence disait : « Toute constilulion de Section internationale sous forme de société secrète est et reste formellement inlerdilt> ». Le

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donc y avoir au Congrès de la Haye des délégués réguliers de Sections françaises : mais, comme ces Sections étaient des Jsociétés secrètes, la vérificalion des mandats délivrés par elles était chose très délicat(;, el la fraude était facile. L(;s amis de Marx surent j)r()!iler de celle silualion; Scrraillicr, secréiaire du Conseil général pour la France, vint à la Haye « les poches i)Ieines <le n»aiidats français » qu'il était im[)ossil)le de contrôler. Les Sections dont Serraillier prétendait tenir tous ces mandats existaientelles réellement? et, en admettant leur existence, étaient-elles en règle pour leurs cotisations? Nul ne le savait que Serraillier et ses amis. Cinq membres du Conseil général n'avaient d'autre titre à la délégation que ces mandats français si suspects : c'étaient Friinkel, Johannard, Longuet, Ranvieret Serraillier; les autres délégués porteurs de semblables mandats étaient Dumont (pseudonyme), venu de Bruxelles ; Vichard et Wilmot (pseudonyme), venus de Londres ; Lucain (pseudonyme), Swarm (pseudonyme) et Walter (pseudonyme), venus de France. De ces six derniers délégués, un seul, Dumont, avait indiqué la ville d'où lui venait sa délégation, Rouen : or, aj)rès le Congrès de la Haye, la Fédération des Sections internationales de Rouen infligea un désaveu à son mandataire pour l'abus qu'il avait fait de son mandat en votant avec les autoritaires, tandis que ses instructions lui prescrivaient formellement de voter avec les fédéralistes; cette protestation de la Fédération rouennaise fut insérée dans Vlnternationale, de Bruxelles. Après le Congrès, le Conseil fédéral anglais eut l'occasion de constater qu'un autre de ces délégués, Vichard (inscrit sous son véritable nom), n'élait pas même membre de rinternati<)nale '. Une lettre envoyée à la Libertr, de Bruxelles (nimiéro du 27 avril 187 '3), par P. Dubiau. ex-membre du Comité fédéral de Bordeaux, nous apprend que le délégué qui avait pris le pseudonyme de Wilmot (ou Yilmarl) avait reçu de la Fédération bordelaise un mandat qui lui imposait « l'obligation, non seulement de combattre les tendances autoritaires du Conseil général, mais encore de demander l'abrogation des pouvoirs conférés à ce Conseil par la Conférence secrète de Londres - » ; le délégué en question vota dans le sens diamétralement opposé à la volonté de ses commettants. Enfin, des procès qui eurent lieu à Toulouse et à Paris au printemps de iS^'i (il en sera parlé au tome 111) nous apportèrent d'édifiantes révélations sur les deux personnage'^ venus à la Haye sous les pseudonyni'-s de Swarm et de Walter : ils nous apprirent que l'un d'eux, d'Eniraygues (Swarm), agent du Conseil général à Toulouse, était un mouchard ; et que l'autre, Van Heddeghem (Wahev), agent du Conseil général à Paris, était un fort peu intéressant personnage, qui, devant le tribunal, pour obtenir l'indulgence des juges, se déclara repentant et annonça qu'il serait désormais l'adversaire acharné de l'Internationale.

Les mandats français dont Serraillier avait rempli ses poches devaient lui servir à forcer la main à Marx dans la question du transfert du Conseil général ; et voici comment :

Un parti s'était formé, au sein même du Conseil général, qui voulait que le siège du Conseil cessât d'être à Londres, et fût placé sur le continent. en Belgique ou en Suisse. C'était l'opinion de plusieurs anciens membres de ce Conseil, Jung, Eccarius, Johannard, Serraillier lui-même, depuis que l'élément blanquiste y était entré et y avait pris de l'influence ; c'était celle aussi de presque tous les membres anglais. Haies, Motlershead, Bradnick, Mayo. Roach, etc. Marx et Engels, par contre, tenaient mordicus à garder le Conseil à Londres, pour l'avoir entre leurs mains ; et Ips blanquistes admis récemment au Conseil, Arnaud, Vaillant, Cournet, Ranvicr, Constant Martin, les appuyaient, comptant bien se faire de ce

Conseil général et ses partisans jugèrent opportun, quand il s'agit des mandais français, d'oublier l'existence de ce texte; quant à nous, il nous aurait répugné de l'invoquer pour en lirtr avantage.

1. Déclaration de Haies au Congrès de Londres, 26 janvier 1873.

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