‹ L'Internationale; documents et souvenirsChapitre 81 sur 314 · Netchaïef · texte numérisé non relu

Netchaïef

. 2. J'avais particulièrement insisté sur la néce.ssité do la propriété collective, et sur le lien entre les deux questions: c'étaitla socialisation de la proprieliMjui.à nus yeux, était le moyen de supprimer le droit d'li(a'ilat,'e, et non point, à l'inverse, l'abolition du droit d'héritatfe qui serait le moyen de réaliser la socialisation de la proprii'te.

3. Bakounine avait tenu à introduire dans l'article une protestation contre i'Ktal.

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doivcnl ai)|)artcnir à la ccjllcctivitd. Aujourd'hui ou soulève de toutes part une (|uesti()ii uouveilcî, ([ui sera sans doute diseutée en septembre au (Congrès de JJàle, laholition du droit dliérila^e. Il est néeessaire, pour (pie les Sc^clions l'oinandes puissent se lornier d'avanee une opinion raisonnée sur ce sujet et donner des instru(;lions sérieuses à h^urs d(''léj;ués. (pie le droit d'iKM-itage d(îvienn(î l'objet d'une (îtude ajjprolondie dans V H^alilé.

l'oui- aujouidhui, notre intention est seulement d'indi(juer s» ceux (|ui ne la ccmiprennent pas encore quelle est la véritable signification (le cette iinj)oi'lanle (pieslion.

Deux enfants vieniu>nt de naître : l'un a])ourp('re un propriétaire, l'autre un ouvrier. Par \v fait de leur venue au monde, (;es enfants ont l'un (^l l'autre droit à la vie, et, comme ils ont l'un et l'autre des appétits physiques, et, plus tard, des besoins intellectuels, ils ont droit l'un et l'autre à la satisfaction de ces appétits et de ces besoins. Aucun d'eux n'a contribué en rien à la formation des capitaux existants ; leur droit à ces capitaux prend sa source dans leurs besoins, et, comme leurs besoins sont égaux, leurs droits sont égaux....

Par quel renversement des notions naturelles en est-on donc venu à pi'étendre que lun de ces enfants possède, par le hasard de la naissance, un di'oit exclusif aux capitaux qui sont le patrimoine de l'humanité ; tandis que l'autre sera forcé, pour se procurer un instrument de travail, de se louer au premier, de devenir son esclave, parce que la société est si bien organisée, au point de vue de la justice, qu'elle lui refuse tous les droits, excepté celui de se vendre et de se laisser exploiter ?

Est-il juste que le premier, en héritant de la fortune paternelle, puisse vivre sans rien produire, ou en produisant comparativement moins que les autres, et entretenir une existence plus ou moins oisive aux dépens des capitaux amassés par les générations passées, tandis que le second devra produire continuellement sans jamais vivre ? A cette question, qui osera répondre : Oui, c'est juste ?

Mais si le million du capitaliste doit cesser d'appartenir à un enfant qui vient de naître, à qui apparliendra-t-il ? A ceux qui l'ont produit. Et qui a produit ce million ? C'est la collectivité.

Vous voyez que la suppression du droit d'héritage nous amène tout de suite à la propriété collective. En eltet, ces deux questions sont étroitement liées, ou plutôt n'en forment en réalité qu'une seule.

On peut dire en toute vérité que dans la fortune d'un millionnaire enrichi par l'industrie, le commerce ou la spéculation, il y a une partie, très petite, qui est le produit de son travail personnel, et une autre'partie, très grosse, qui est formée de ce qu'il a volé aux autres.

Si les enfants n'héritaient que de cette partie légitime, qui est le produit de l'épargne faite par les auteurs de leurs jours sur leur propre travail personnel, ils hériteraient de si peu de chose, que cela ne sullirait pas ])our leur entretien convenable, sans parler de leur instruction. Seule l'épargne faite sur le travail de la collectivité tout entière peut suflire à couvrir les frais de leur entretien, de leur éducation et (ie leur instruction. C'est si vrai, que même aujouni'hui, les enfants d'un millionnaire n'auraient pas la possibilité de se développer et de s'instruire comme ils le font à présent, si, à côté de leur million hérité, ils n'avaient pas encore à leur disposition, pour ainsi

dire exclusive, tous les moyens d'instruction que leur offre l'Etat.

Et qu'est-ce que l'Etat, si ce n'est l'exploitation, systématique et consacrée par la loi, des forces et du travail de la collectivité, au profit de la jouissance et de la civilisation d'une minorité possédante et privilégiée ? C'est la consécration du droit de cette minorité de s'approprier la propriété collective, ou en d'autres termes de voler, sinon honnêtement, du moins légalement, tout le monde '.

Mais si nous supposons la société réorganisée sur la base de la propriété collective, et le droit d'héritage aboli, quel sera donc le sort de tous ces pauvres enfants qui naîtront déshérités ? Ne soyez pas inquiets. Leur sort sera bien préférable à celui que leurs parents peuvent leur offrir aujourd'hui. Actuellement, un ouvrier peut, par de longs et pénibles efforts, arriver à laisser à ses enfants quelques centaines de francs, mais peut-il se flatter, en leur léguant ce mince héritage, de leur avoir assuré une position ou seulement les moyens d'une instruction convenable, et de les avoir à jamais préservés du besoin ? Nous savons bien que non, et qu'ils seront toujours dans une situation Inen précaire.

Au contraire, lorsque ce sera la société tout entière qui devra assurer l'avenir des enfants, lorsqu'elle se chargera, sans préjudice pour l'amour naturel des parents, non-seulement de leur instruction à l'école, mais encore de leur éducation, de leur entretien, de leur apprentissage, cela ne compensera-t-il pas largement les petites économies qu'aujourd'hui un père de famille, un ouvrier qui ne vole ou qui ne s'approprie pas le produit du travail des autres, peut laisser à ses fils ? Et les enfants qui auront pour mère la société tout entière ne seront-ils pas bien mieux placés que ceux qui ne peuvent compter que sur des parents bien intentionnés sans doute, mais qui peuvent à chaque instant être frapjjés par la maladie ou la misère ?

Les enfants des travailleurs n'ont donc rien à perdre à l'abolition du droit d'héritage et à l'établissement de la propriété collective ; ils ont au contraire tout à gagner. Ce ne seraient que les fils des millionnaires qui pourraient se plaindre du changement de leur position.

Mais puisque cette position est fondée sur l'injustice, qu'elle n'est possible que par la violation du droit de tout le monde, et que, pour la garantir et la préserver, il faut reui[)loi du [)ouv()ir de l'Etat, c'està-dire de la force de tout le monde, détournée au i)rofit de quelquesuns contre l'intérêt de tout le monde, nous n'avons pas à nous inquiéter de leur chagrin '.

Et pourtant, il ne serait pas didicile de prouver que même leur l)osition à eux sera devenue meilleure, car leurs parents, en leur laissant leur fortune, n'en font que des fainéants corromjms, vicieux, arrogants, tandis que la société, en les déshéritant et en leur donnant l'éducation de l'égalité, en fera des travailleurs utiles, des hommes justes.

Dans son numéro du 17 avril, V h\i>alil('' avait roitrodnil deux documents venus (le Paris. C'étJiil, <l'aboi<l, une invitation (pul)liéc dans lo Sirclc du 5 avril) adressée u aux députés de i'opposilion lihérale », el portant les signatures de Tolain, de (^liemalé, et de tpiehjues autres niutu<llisles, d'organiser une grande réunion dans la<|uelle les socialistes feraient eon-

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