CHAPITRE XI
LA JOURNÉE DU 28 SEl»TEMBHE. — ATTITUDE DES OU\^RIERS DES CHAN- TIERS NATIONAUX. — SEIZE D*ENTIIE EUX SONT DELEGUES AUPRES DB LA ML^NICIPALm:. — SAIGNES HARANGL^ LA FOULE. — ENVAHISSE- MENT DE l'hôtel de ville. DISCOLmS DE SAIGNES ET DE CLUSERKT.
— INSTALLATION d'UN COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE; SES DÉLIRERA- TIONS ET SES DIVERS ACTES. — DASTEUCA, COMBES, GI'KRIN ET CLUSERET SE RENDENT A LA CROIX-ROUSSE POUR Y PROVOQUER UN SOULÈVEMENT ARMÉ .
Le 28 septembre, à la première heure, une escouade d'une centaine de délégués parcouinit tous les chantiers naliouauz et réussit à obliger la plupart des ouvriers à cesser le travail pour venir prendre part à la manifestation annoncée pour le môme jour u midi. Pendant que cet embauchage se pratiquait, l'affiche rouge rédigée dans la séance de nuit était placardée sur tous les murs *.
A l'heure indiquée, des bandes de plusieurs milliers d'ou\TÎeps précédés de drapeaux rouges débouchaient sur la place des Terreaux. A la tôte de l'une d'elles marchait, entoure des orateurs ordinaires des clubs de la Rotonde et de Valonlino, le citoyen Saignes, tôle nue et les cheveux en désordre.
Une délégation de seize ouvriers fut envoyée auprès de l'autorité, mais elle dut attendre que le conseil municipal entrât en séance. La foule massée sur la place des Terreaux commençait à s'impatienter : l'occasion était favorable pour donner à la manifestation son véritable caractère. Saignes le comprit. Hissé sur les épaules de ses compères, il se mit à haranguer le peuple, à lui parler de traîtres et de réactionnaires - et à ré-
*■ Nous avons reprodait cette affiche, page 47.
s II était facile à cetio époque d'exploiter ces grands mots dont TeffeC tar
1|||taner la démission du conseil mimicipal et du préfet. Les ouvi'ïers, surexcités par ses déclamations, se pressaient autour de lui, S'élançanl alors vers la porte de l'hôtel de ville, il en força l'entrée, renversa brutalement roffîcier qui la gardait et pénétra dans l'édillce, suJvi d'une soixantaine d'individus.
Quelques instants après Saignes apparaît au balcon de l'hôtel do ville, ayant à ses côliSs Richard, Parraton, Blsdinlï et Bakounine. Un grand silence se fait aussitôt dans la foule. Il annonce qu'il est maître de la préfecture, proclame la dééance de toutes les autorités et développe en ces termes le plan de gouvernement arrêté dans la séance de la veille :
« Citoyens!
I ie viens déclarer devant la majesté du peuple que la patrie ; en danger. Il est du devoir de tous, citoyens, de la sauver. Juscpi'à présent on s'est moqué, on s'est f,.... de vous. Je ne
I vois QVR I>ES THAITRES, QVS DES INFAMES, QUI n'o.M CHERCHÉ QU'A
6*BNQRAi8fiER DE LA SUEUR DU PEUPLE. 11 faut que ça finisse et promptement, nous sommes las d'attendre. »
• Je déclare, au nom du peuple, que le conseil municipal est mis en demeure d'accepter et de signer immédiatemonl le programme radical, que nous vous avons fait coimaître hier et qui
is Était lonjonn irréiutUile. Saignes avait cloue beau jeu lorsqu'il A LA lunicE DU PEiirLE flomoiB traîtres et réafiionaairti, et les conseillers mnoicipanx, et le iiénâril eammuidant la place' de Lyon, et les offleiers suptrieorB donl t'inaclion, d'opris lui, tntratait la dc'fiiue du payé, gui te refluaient à rtmtttTt lei forli tnlre lu maim dit eitoyeni et qui t'abttinaietit à vouloir mnitiMnir la diicipline dant i'armtt.
Qoelqoei jours plus lard, les délégais des obsuliers oationaox prolestaienl on ces lertnes, an aom de leurs camarades, contre les manoeaTres il l'aide ilcsqnelles on avait donné à celle maniresiallon un ciLractL're conlrùre à leurs
s Nous avons voqIu faire QDO aianifestalion i, l'appui des an£lésst décisions dudit conseil issu Ua suClnge, tonl sens contraire serait une atteinte i la libâTté; et si quelques-uns ont voulu eu profiler pour imposer leur programme exagéré, nous sommes les premiers à, les repousser, comme excitant à la désunion et à la guerre civile, chose dérisoire, à la veillo d'Stre etivahis. La DUoilestalion do« chantiers avait encore pour but l'élargissement des citoyens mililaires détenus politiques, aimant mieux les voir fn^terniser avec nous qaa 'i les voir retilermés et consignés dans les forts.
a Voil& les sentiments de tons les Iravùlleursdes chantiers nationaux rén'Dîe. Bouché, rue Bugeaud. 53. Garin, rue Bossuet, t9. Cdluami, "( Chabrol, ^ - - " ' * ■
de Sèzc, 87. M. DucDT
e de Ch:
BO L'INTERNATIONALB
se résume ainsi : destitution de tous les fonctionnaires, exception, ayant appartenu à l'empire ; révocation de tous les officiers de l'armée, qui ont trahi la cause du peuple et manqué à tous leurs devoirs ; enfln et en un mot, renversement de tout