SERA POURSUIVI COMME TEL
c Vous avez souffert pendant vingt-deux ans une odieuse et insultante tyrannie, assez comme ça ! Mais je vous demande encore un jour de patience et vos maux seront finis. Que tous, vous restiez en permanence à la place que vous occupez, et que les réactionn&ires, s'il y en a, sortent immédiatement. Ils sont indignes de rester dans les rangs du peuplop qui saura en faire PROMPTE JUSTICE. Il faut quo la révolution marche en avant. On nous a assez canules, qu'elle sape, qu'elle taille dans le vif ;
NOUS AURONS LE COURAGE ET LÀ FORCE DE LE FAIRE. PeUplC, lèvC-toi
et renverse comme un torrent tout cp qui s'oppose à ta marche ! Je nomme en votre nom le général Cluseret, ici présent à ma droite, général en chef des armées révolutionnaires et fédératives du midi de la France. »
Aussitôt, le fameux ffénépal Cluseret « confus de tant d'honneur » s'avançait sur le devant du balcon et, grimpé sur une chaise, débitait, en simulant une émotion profonde, cette petite harangue qui complétait, heureusement le discours de son fiarouche ami. Saignes :
« Citoyens !
< Je suis vraiment confus de tant d'honneur de la part du peuple lyonnais. Je répondrai dignement à -son appel : j'accepte la grande, la noble mission qu'il vienl de me confier, celle de sauver la République ! Vous venez de me proclamer général en chef des armées du midi de la France, et a l'unanimité!^ Oh! merci, merci, citoyens, mes amis, citoyens que j'aime, merci,
i QaeUe comédie ! Glaseret proclamé général en chef des armées du Midi par Saignes lui seul et de sa propre autorité i VoilA ce que l'on appelle, dans le langage de ces messieurs l'unanimité du peuple. C'est avec cette unanimité tonchanlo que quelques minorités turbulentes accomplissent nos révolutions.
encore une fois, de ra'avoir confié votre destinée. Oui, vous serez heureux ; oui, je ferai votre bonheur, et je saurai briser tout ce qui s'y oppose, les entraves de la tyrannie. En avant I en avant!
f Comme première mesure de salut public, et en attendant les autres, je propose la destitution ew masse de tous les officiers DE l'armée. Je propose l'arrestation immédiate du général
QUI COMMANDE A LyON ET DE TOUT SON ÉTAT-MAJOR, COMME CAUSE DES malheurs du peuple, je vais DESCENDRE ET JE VOUS TNMTE A ME SUIVRE A LA CROIX-ROUSSE, D*OU NOUS FARTmONS POUR NOUS EMPARER DU TRAITRE. »
Cette déclaration était accueillie par les trépignements et les hurlements de la foule, frémissante d'enthousiasme pour un si grand citoyen. Un troisième orateur, Bastelica, venait à son tour gesticuler du haut de cette tribune improvisée. Dans un langage assez burlesque et qui sentait le terroir, il se posait en libérateur de la Patrie en danger et déclarait qu'il avait été délégué par la population marseillaise pour venir briser les