RÉACTION PRISONNIÈRE
Tandis que ces faits s'accomplissaient, cpie Saignes par ses discours, Cluseret par ses actes et ses sorties assuraient le succès de la campagne, FUchard, Blanc, Parraton et Bischoff s'occupaient de l'organisation et de la distribution des services publics *. Ils délibéraient toujours sur les mesures à prendre e! aucune décision définitive n'avait été encore arrêtée, lorsque Cluseret et Saignes aiTivèrent dans la salle des délibérations et leur annoncèrent que la cause du peuple triomphait.
Dès lors tous les individus ne faisant pas partie des délégations et qui avaient pénétré dans la salle à la suite de Cluseret et de Saignes, furent invités à se retirer.
Cluseret et ses acolytes, de Boisluisant, Torin, Bischoff, lo vieux Rivière, Schettel se rangèrent autour de la table. A partir de ce moment, ce fut une véritable avalanche de proclamations, d'ordres à la garde nationale, de maridats d'arrêts, do bons de réquisition, de permis de circulation, etc., etc.
La première question agitée fut celle de la nomination des membres appelés à faire partie du comité provisoire révolutionnaire du salut de la France. Voici la liste officielle telle qu'elle fut arrêtée et donnée à l'impression : Saignes, président; Parraton y !««■ vice -président ; andré-louis Èlanc y 2* vice-président ; oaspard Blanc, l**" secrétaire ; Bischoff ^, 2* secrétaire; Chapilet ^, trésorier ; membres du comité : RossiGNEUx, Langlade, Bruyat, Btodin, Gaudy, Garel, Perret, conseiller municipal, Velay, idem, Bouvatier, idem, Colon, HivERT, Pinet, Thorïn, J. Reignier, Bernard.
Ce comité une fois constitué, on se hâta, sur la demande de Cluseret, de délivrer des permis de circulation 4 et de lancer
t y oix ZXTL Documenté jutUficatift, pièce XIV lo tableau indiquant la composition et les attributions des divers comités qui étaient appelés à se partager le pouvoir.
s Bischoff (Frédéric), 22 ans, est un employé de commerce de la rue Rabelais, 9â.
* Chapitet, ex-membre du Comité de salut public, compromis dans l'insurrection du 23 mars, appartenait au cercle de la rue Grolée : c'est sous ses auspices qu'il est devenu conseiller d'arrondissement.
^ Nous reproduisons deux de ces permis de circulation aux Documents jus
des mandats d'amener contre plusieurs fonctionnaires, notamment contre le général Mazure, le commandant de Thôtel de ville, Vincent, le secrétaire général* de police, Baudy et auii*es personnes ^.
Voici dans quels termes un témoin oculaire dépeint cette orgie révolutionnaire : c Ce D'éUdl, écrit-il, aatour de moi qu'explosion de vengeances personnelles et de haines contenues. On s'en donnait à cœuiyjoie : la plupart des membres ne lisaient rien et signaient tout avec la complaisance la plus patriotique. Quelque farceur aurait pu leur faire signer leur propre amestation. »
En même temps que Ton décrétait Tarrestation des fonctionnaii*es dont la déchéance avait été proclamée quelques heures auparavant du haut du balcon de l'hôtel de ville, le président Saignes ordonnait, au nom du peuple, au commandant du 20* bataillon (Guillotière) de faire battre immédiatement la générale dans ce quartier *, où il espérait recruter des adhérents.
Au môme moment, anivait au miheu des séditieux le commandant de la garde nationale Métra, qui figurait parmi les personnes dont Tarrestation avait été proposée.
Dès son entrée dans la salle, on se presse autour de lui : on lui jjropose de lui conserver son commandement s*il veut reconnaître le nouveau comité. Il refuse : on le somme alors de signer
Uficalifiy pièce XV : c'était, oo le comprend, une excellente précaution qui devait permettre aax membres du comité, en cas de malheur, de braver impaaémenl les recherches de Tautorité. On se ftcnit bien gardé à cette époque de toucher à un citoyen porteur d'une pièce de eelte importance : on pourra juger des excellentes dispositions de la police par ce fait que l'agent chargé d'arréler Bakounine, eut soin dé lui exhiber son mandat en l'invitant à se retirer à Marseille. Le commissaire centrai, Chol, Dgnrait lui-même au nombre des envahisseurs de Thâtel de ville.
* Sept mandats avaient été décernés contre le général Mazure ; quatre contre Baudy. Les mandats étaient UbeUés par Richard, Bischoff et Blanc. La plupart étaient signés par Saignes en sa qualité de président. — C'est le citoyen Serrelle, accompagné d'une escouade de francs-tireurs, qui se présenta 4 plusieurs reprises dans les bureaux de Baudy pour le mettre en état d'arrestation.
Le lecteur troayera la copié de tous oes mandats aux Documeuts juUificalift, pièce XVI, ainsi que l'indication de toutes les personnes qui devaient ètn mises en état d'arrestation.
* Voir oet oodre aux JàoaufiMntê juUi/Uatifi, pièce XVIL
ET LE ,TACOB[NISME. 9&
VarrefttatiOB du général Mazme. Il proteste contre une pareiUa injonction et sort brustjuement de la salle.
Cette attitude fut loin de déconcerter Saignes et ses acolytos. n fut convenu, pour couper court à toute discussion, t[ue le colonel Métra serait maintenu dans ses l'oncttons et que le ^6aérai Ciuseret prendrait le commandement en chef des armées révolutionnaires de Lyon, du Midi et de l'Ouest. Un arrêté dans oe sens l'ut aussitôt rédigé par Albert Richard et envoj'é à l'imprimerie. Une autre procLamiition adressée au peuple par le nouveau gouvernement fut également préparée *.' Entln on décida In mise en liberté de tous les militaires détenus pour cause politiijue ou pour insubordination*.
Vint ensuite le tour des réquisitions; on en délivra de tonte espèce. Les francs-tireurs qui avaient contribué au succès de la jooméo reçurent l'autorisation pai- écrit de requérir des vivres 'partout où ils on trouveraient. Ordre fut également donné de ■équisitionner chez tout fournisseur les vivres dont les gardes nationaux de la Crolx-Kousse el autres pourraient avoir besoin. Injonction fut encore faite au directeur des MTtonches d'avoir à en remettre à tous les (gardes na-
inaux révolutionnaires qui eu demanderaient^; il y eut égaient des ordres pour requérir des armes : fusils, pistolets
«vol vers.
Au milieu de ces sectaires' de l'Internationale se trouvait un membre du conseU municipal. 11 leur reprochait de s'occuper trop de paperasses : Il faut agib, leur répétait-il sans cesse ;
le (-EDDONS LE TEMPS ; L* GAHRE NATIONALE VA AHBIVEK ; H. FAI-T
inm mifÉniATtjiEHT le raÂrBT, le MAmB bt les AOTORirés mili-
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^^^1 • Balcouni ^^■«eelésiasti ^^ , Richard
Balcounine parlait d'arrêter tous les bourgeois et tous tes
iiuee.
Richard était d'avis de ne pas faire d'emprunt, mais de prendre de l'argent chez les bourgeois i[ui en avaient. Pendant que l'on organisait ainsi, sous prétexte de sauver le
Col «rrèlè el cette proclanialion fljrarenl parmi les Ducammls jnëtifitalift,