‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 16 sur 159 · LA SECTION DE L'INTERNATIONALE DE B ET LE · texte numérisé non relu

LA SECTION DE L'INTERNATIONALE DE B ET LE

COMITÉ DE PROPAG.\NDE RÉPUBLICAINE ORGANI- SAIENT DES COMITÉK CANTONAUX F.\GILES A RÉVEIL- LER ET QUI SER.VIENT EN RELATIONS CONSTANTES AVEC LA COMMUNE DE PARIS '. .

Nous avons tenu à raconter dans ses moindres détails le mouvement insurrerlionne) du 28 septembre, alinque le lecteur fat édifié sur les procédés de l'Internationale ei pût se faire

Iune idée de ce dont elle est capable. Tous les individus qui ont tjcnié un rôle important dans celte journée comptent parmi ses [Uembres les plus actifs; quelques-uns même figurent parmi les Stabilités de cette redoutable association ; dans ce nombre nous trouvons Richard, le russe Bakounine, Baslelica', reventurier fCiuseret et Gaspard Blanc.

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■ Il l'ogit du cafi^li^r Rufln, le ii:âniB qui, : I&k|istrals an prison ei qas Bakouaine avait

[tMionnairt.

• Nodb aurous plas luin l'occasion <le tevec ID tèla telle reconiiniailuiion aiits lignifical COmmonicalion Hera inconnu jusqu'à nouvel ordre i ci ■i^tslre e«l acinelleiiient conseiller général.

■ Avec sa pniilence habituelle, BasielK'a, à son relonr xle la CraivRooiise, I n'élaii pas rentré à l'Iiûiel de lille ; il a'iiaii replié sur AfurseiOi.', il'nil il

cette lettre. Ella portail • Lo si^foaUire de relie ie de la province, tlt

Il est assez intéressant de connaître de quelle manière Bakounine, Bischoff et Richard expliquaient le but qu'ils s'étaient proposé en organisant la manifestation da 2S septembre. Bakounine, dans une lettre écrite le soir même des événements à son ami Palix, pousse le ridicule jusqu'à accuser son compère Glu* seret d'avoir bn TRArnssAnT la cause du peuple compromis ui MOUVEMENT. Richard» plus modeste, se plaint amèrement qu'os ait calomnié ses intentions et reproche AUX BOURGEOIS de ne pas avoir eu conaoience da danger que courait alors ta France,

Ces élucubrations méritent la peine d'être connues; elles sont curieuses à plus d'un titre. Nous les reproduisons aux Do^ cuments ji^slificatifs (Pièce XXII) avec la i)roclamation que la général Gluseret eut l'impudence, la veille de son départ (29 septembre), d'adresser aux Lyonnais pour leur faire connaître les sentiments dont il était animé.

Par mesure de prudence et surtout par crainte de ta réaction, ces célébrités internationales ti'ansportèrent ailleurs le siège de leurs opérations, La plupart cherchèrent un refuge à Marseille, avec la pensée bien arrêtée de renouveler à la première occasion leurs criminelles tentatives. Gluseret se mit en rapport avec tous les bons révolutionnaires de l'endroit, prit là haute direction de ce que l'on avait eu la bonhomie de décorer du titre pompeux de Ligue du Midi, fit de fréquents voyagea à Aix, La Giotat, Montpellier, Saint-Etienne, Genève, et, finalement, se retrouva à Marseille, où il se laissa offrir^ le 4 no*» venibrCy « le commandement en chef de la garde nationale » *.

écrivail le lendemain à son ami Palix celle lettre pleine d'une louchante naïreté : « Marseille, 29 septembre 1870. — On m'annonce à l'instant que le mouvûfMnt Œ si bien commencé hier a été arrêté et môme confisqué. Cluserel aurait été « obligé de partir, et nos amis auraient été chassés de l'hôtel de ville. J% « vous envoie à l'instant même une dépêche. Je ne sais où j'en suis. — Signé :

« Basteuca. >•

*■ Nous serions heureux de connaître avec quelles ressources le prétendu général Cluseret effectuait ses voyages et ses nombreuses tournées révolltionnaires. Pour mener une pareille existence il faut avoir de la fortune, et nous avons quelque raison de croirt que ce général n'en possède pas la moindre. Quels sont ses moyens d'existence ? Avait-il donc trouvé un genre à» travail singulièrement productif en même temps que peu absorbant ? D'oA provenaient ces fonds que l'on nous a affirmé loi avoir été comptés à pin*

Il devait être puissamment secondé dans cette œuvre par les citoyens Bastelica et Combes, qui, quelques jours après Témeute du 28 septembre, poussaient Taudace jusqu'à sommer, au nom DU PEUPLE SOUVERAIN, le procurour de la République de Lyon de retirer les mandats décernés contre eux, S'IL VOULAIT ÉVI- TER DES TROUBLES A MARSEILLE (aie). Qu'on vienne maintenant prétendre que les membres de Tlntemationale sont toujours demeurés étrangers à toute tentative de désordre! *.

De son côté Bakounine ne restait pas inactif. La lettre suivante donne la .mesure exacte des agissements auxquels il sa livrait. Nous nous bornerons à en rappeler les passages les plus significatifs <•

A Palix et à Blanc,

€ Chers amis, Marseille ne se soulèvera ([ue quand Lyon sei*a soulevé ou bien lorsque les Prussiens seront à deux jours de distance de Marseille. Donc, encore une fois, le salut de la France dépend de Lyon. Il vous reste trois ou quatre jours pour faire une révolution qui peut tout sauver. Pour la révohition de la vengeance et du désespoir, il sera toujours temps jusqu'à ce que les Prussiens entrent à Lyon. Si vous croyez pouvoir faire la révolution salutaire et si vous croyez que ma présence soit utile, télégraphiez à Combes ces mots : « Nous attendons Etienne Louis. » Je partirai aussitôt, en vous avertissant par télégramme à Fadresse de Palix par ces mots : • Etienne sera chez madame Rochebinine tel jour, telle heure, Maurice..» (Suit Tindication des mesures à prendre pour introduire secrètement Bakounine à Lyon et pour l'y cacher).

a Quant à la révolution de vengeance et de désespoir, elle

sienrs reprises différentes chez Tambassadenr prussien à Berne ? Etait-ce le prix de ses services ? Nous sommes autorisés à lo supposer.

Un ^dernier détail sur Cluseret. Marié avec une Italienne et père de deux enfants, il les a abanc^nnés dans la plus complète misère pour mener sa vie d'aTentorier.

A l'époque où il était devenu commandant an chef de la garde nationale à Harseille (/ novembre 1870), sa femme loi demandait des secours, le suppliant de ne plos laisser ses enfants vivre de la mendicité et de la charité publique.

*■ Cette leUre figure aux DocumeuU imtificatift, pièce XXIII.

* Cette lettre a été reproduite in extenso. Tome 1*% pa^e 152.

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doit être également utilisée en vue de la formation d'un grand fonds révolutionnaire. Si vous croyez que ma présence peut encore être utile en ce cas, je viendrai également et de la même manière.

c Cette dernière révolution demande encore plus d'organisation que la première. Il ne faut pas beaucoup d'hommes pour elle, mais des hommes réellement énergiques, sûrs et bien dévoués à la cause. Valence vous dira le reste. »

Quant à Richard, Gaspard Blanc et leurs acolytes, il& n'avaient pas quitté Lyon. L'impunité leur paraissait assurée, et ils exploitaient cette situation pour organiser une nouvelle levée de boucliers. — Sous leurs auspices le Comité central du salut de la France fonctionnait activement; il s'occupait de recruter, av«c l'agrément de l'autorité, une garde républicaine destinée à mettre le préfet et le conseil municipal ù Tabri de la réaction ». Il est amusant de comparer cette attitude avec celle que ses membres avaient tenue quelques jours auparavant visà-vis de ces mêmes fonctionnaires.

Ils cherchaient, maintenant, à se mettre dans leurs bonnes grâces et même à se ménager des inteUigences dans la place. Le 6 octobre, ils couronnaient dignement leur œuvre en deman^ dant au conseil municipal de Lyon que « tous les membres des infâmes familles des Bonapartes, des Bourbons et des d'Orléans fussent à jamais, eux et leurs descendants y proscrits du territoire français et privé» de leur titre de citoyen «.

A la suite d'une descente opérée dans le local de leur réunion qui avait été transporté à la Croix-Rousse, chez le logeur Dunet {rue d'Ivry, 10), et de l'arrestation de Gaspard Blanc , leur zèle parut se refroidir. Richard prit prétexte de ces persécutions pour proclamer solennellement, le 9 octobre 1870, la dissolution de ce comité, et déclarer qu'il laissait le peuple juge de la situation qui leur était faite : il voulait, ajoutait-il, éviter les troubles cl les divisions ^.

» Documents justificatifs, pièce XXIV.

s Documents justificatifs, pièce XXV.

^ A la môme époque le révolulionnaire Bakoanine dans une brochure intitulée : Lettres à un Françaii sur la crise actiAslle, prêchait Talliance des ouvriers et des paysans et demandait notamment que l'on distribuât aux paysans

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