‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 25 sur 159 · COLLECTION DE TREMBLEURS, DE POLTRONS, AUSSI COMPLÈTE QUE CELLE · texte numérisé non relu

COLLECTION DE TREMBLEURS, DE POLTRONS, AUSSI COMPLÈTE QUE CELLE

DE France.

« J'ai visité la France non envahie : ce que j'y ai découvert de besoin de servilité et d'cgoïsme est inouï; cela dépasse toute imagination.

• On pourrait hisser la casquette de Gessler au bout de n'importe quel manche à balai, et je réponds qu'on ne trouvera pas le plus petit Guillaume pour refuser de s'incliner.

« Cette servilité, cette adulation passée à T état cancéreux^ qui gangrène et pourrit le corps social, soigneusement entretenue par des esprits timorés, même dans le sein du gouvernement,

1 Nous reproduisons in extenso aax Documents justificatifs ^ièce XXX), le factum d'Albert Richard : il mérite d'être connu. On pourra juger par cette lecture du sort qui attend la bourgeoisie, si jamais la révolution socialt vient à triompher.

s Dans son discours de Saint-Quentin, Gambetta parle également de refaire la France de la justice et du travail. Est-ce à l'aide des mêmes procédés que Cluseret ? Sommes-nous encore menacés d'us- nouveau 18 mars f En tout cas, nous prévenons l'ex-dictateur que Cluseret professe pour lai une biea médiocre estime, si du moins nous pouvons ajouter foi aux nombresset ea- Utinaires prononcées contre lui par ce général, aux mois denovernive •! décembre 1870. {Documents justificatif i, pièce XXXII.)

ost la chose unique ^ enlendez^vovLsf unique de toutes nos défaites.

« Paptont j'ai trouvé te peuple mécontent, haineux, mais^ muselé, rongeant son frein, mais ne le brisant pas, protestant' dans son for intérieur contre le gouvernement même qui paralyse toute énergie, mais le supportant par la mollesse et par une sovVb (le lâcheté indigne du caractère français.

« Or, on n'est pas impunément lâche à Tintérieur et bi'ave cT Text^rieur.

« Les Français ont été lâches envers Napoléon, ils sont aujourd'hui lâcheS vis-à-vis de ceux qui les compriment. Tant qu'ils n'auront pas Ténergie de prendre en mains la direction* de leurs destinées, ils n'auront certes pas celle de mourir pour la défense de la patrie et de leurs institutions.

« Partout on rencontre l'espionnage comme sous l'empire. A Lyon, chaque jom* dés centaines de misérables écrivent au procureur pour offrir leurs services, n'attendant pas qu'on les leur demande, ni même qu'on les accepte.

« A cela il n'y a qu'un remède : rcprendi*e les anciennes organisations et RECONSTITUER LA JUSTICE DU PEUPLE.

€ Si, à cette disposition misérable des esprits qui subissent l'ascendant d'une terreur inexplicable, on n'oppose pas une terreur plus grande et salutaire, c'en est fait de la nation, du peuple, dé son territoire, et de ce ([ui distingue Thomme de la bête. Il ne restera qu'un énorme corps de pompe aspirante et fonlante, aspirant le travail et foulant Te peuple ; ce sera le corps social.

« n faut que le peuple fasse sa propre police. Ce qui se passe à Lyon prouve qu'il n'y a aucune justice à attendre de la société. 11 sera à chaque minute exposé à des guet-apens dont on sera assez habile pour faire remonter à lui toute la responsabilité.

« La main de la réaction existe partout à Lyon : il y avait un prêtre parmi les plus acharnés clubistes qui ont pi'onoiicé contre Arnaud la sinistre sentence ; l'exécution terminée, il a disparu et on s'est bien gardé de le poursuivre et de rarrôtcr.

€ En revanche, moi qui n'y étais pas, et qui ne connais pas un chat parmi les personnes arrêtées ou compromises, on a eu bien soin de me mêler dans Taffâire ; c'est ainsi qu'à Marseille

on m'a accusé, le 28 septembre, d'avoir enlevé la caisse, sans compter d'autres accusations de même nature.

« Ces gens-là ont perdu tout sens moral, ils suent la pour, et régoïsme les aveugle; tout leur est bon, calomnie, assassinat, sang, lettres de cachet ; ils ne reculent devant rien. Encouragés par l'impunité, ils arrêtent, ils décrètent, ils fusillent avec une égale facililé. Féroces comme des bourgeois affolés par la terreur, ils ne voient jDc'îs qu'ils dôlaycnl et remuent le poison que le peuple les forcera à avaler.

a Ils amassent , entassent et accumulent plus de "haine et de vengeance qu'il n'en faudrait pour chasser les .barbares, et ils redoutent.

c Peuple, ne t'endors pas; veille comme je fais, et agis; notre JOUR, celui de la justice, viendra.

t Tes oppresseurs s'épuisent et s'appauvrissent ; aie le courage d'attendre, l'avenir est aux flegmatiques.

t Quand ces gens dont le cœur et la cervelle sont dans le ventre, qui, à la place d'entrailles, ont une caisse, seront minés et affamés; quand il ne restera plus ni or ni argent, que la France n'aura plus que du fer, du plomb, nous, les hommes qui avons appris l'autorité à l'école de la misère et l'inflexibilité à celle de la justice, nous nous lèverons et nous referons la France de la Justice et du travail, la France du devoir^ la

France austère. Celle-là reprendra sa grande mission^ et, de nouveau placée à f avant-garde de la civilisation, méritera de la reconnaissance des peuples le titre de grande nation.

«Veillons, amis, groupons- nous, organisons-nous et attendons. Ce ne sera pas long.

« Â bientôt, quant à moi.

. Général CLUSERET ». «

Voilà ce ([ue nous promettait, dos le mois de janvier 1871, l'aventurier Cluseret. Nous savons aujourd'hui quel a été le résultat de ces menaces, que nous eûmes le tort de prendre alors pour de la fanfaronnade,

t Gastave-Paul Cluseret est Qé à Paris, en 1833.

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