COMITÉ CENTRAL DEMOCRATIQUE DE LA GARDE NATIONALE DE LYON
Citoyens !
« La république étant la seule forme de gouvernement compatible avec l'ordre et la liberté, la seule forme de gouvernement qui puisse s'harmoniser avec le suffrage universel et nous donner les garanties nécessaires à leur fonctionnement, nous devons assurer son maintien et la préserver de toutes les
USURPATIONS CRIMINELLES RÊVÉES PAR LES HOMMES PROVIDENTIELS QUI CONSPIRENT CONTRE ÇLLE.
« Pour atteindre ce but, nous devons nous unir étroitement et former un rempart inébranlable contre les attemtes coupables dont elle pouiTait ôtr^ l'objet.
« Cette union doit se faire surtout par la garde nationale
qui EST LA SAUVEGARDE DE NOS DROITS ET LA GARANTIE DE NOS INTÉRÊTS.
« Un comité central s'est formé, un grand nombre de bataillons a répondu à son appel. D'un commun accord, un programme a été rédigé. Nous vous le soumettons :
Profframmc,
c 1<* Maintien de la république une et indivisible ; c 2" Maintien de la garde nationale armée pour la défense de l'ordre et de la liberté ;
• â® Union générale du parti démocratique en prévision d'élections ;
« 4® Etude de toutes les oubstions poltoques et bocules.
« Nous nous basons sur la Déclaration des droits de Phomme de 1793, qui renferme les bases indestructibles du droit des peuples.
« Aujourd'hui, nous sommes les conservateurs ; donc, arrière quiconque oserait porter des mains sacrilèges sur les droits du peuple à se gouverner lui-même; conservons et faisons respecter les principes de liberté, égalité, fraternité renfermés dans le grand mot de republique ; nous y parviendrons en nous unissant et en formant un groupe immense de citoyens décidés à assurer leur maintien.
« Pour les délégués, les membres du bureau :
« Le président j Tony LOUP ; « Le vice-président^ GIRARDIN *; . Les secrétaires, OLLAGNIER, BILLAUD ; « Les assesseurs, MONGHARMONT, THIVEL. »
Ce programme se passe de tout commentaire : on peut jug^r par là des procédés à Taide desquels ce comité entendait préserver la république, seule forme de gouvernement compatible AVEC l'ordre et LA LIBERTE, DES USURPATIONS CRIMINELLES DONT IL LA CROYAIT MENACEE.
A cette époque d'ailleurs le grand dada du jacobinisme et de sa digne alliée, rintcrnationalCy était la coalition des parais
*■ GiRARDiN (Claude) est actuellement conseiller municipal. Plus tard ce comité a eu polir président le tisseur Maniller, mis en état d*arrestation A la suite des événements du 30 avril, et que les électeurs ont vengé des poursuites dirigées contre lui en le jugeant digne de siéger à Thôtel de ville. Au mois de mai, les fonctions de secrétaire étaient remplies par un lieutenant du 16« bar taillon, Louis Martin, qui avait pris quelques mois auparavant une part des plus actives à l'organisation de la fédération lyonnaise, et dont nous avons eu occasion de signaler les nombreux voyages à Genève.
Chaque compagnie do la garde nationale était représentée par deux délégués; tous les délégués réunis constituaient le comité central, dont les séances avaient lien au\ Brotteaux, salle Bonnefond, les lundi, mercredi et vendredi à huit heures do soir.
Tony-Loup, président du comité, est un jeune homme de dix-neuf ans, exerçant la profession de comptable, et domicilié rue Monsieur, 14.
monarchiques; aussi travaillaitron sans relâche à rorganisation d'un grand noyau révolutionnaire qui dût rendre impossible le triomphe des Prussiens de l'intérieur. Le mot d'ordre était parti de Paris, où venait d'être constiinée cette fameuse alliance républicaine dont nous aurons à signaler les agissements.
La démagogie lyonnaise, qui avait eu l'honneur de proclamer la première la république, ne pouvait manquer de s'engager résolument dans la voie qui lui était ouverte. Quelques jours plus tard, à l'instigation du citoyen Favier, la rue Grolée devenait le rendez-vous de toutes les notabilités révolutionnaires et internationales : c'était là qu'avait été établi, sous le nom de Comité central démocratique de F alliance républicaine du Rbâne^ ce fameux cercle dont la réputation est devenue presque européenne et qui, de fait, a exercé pendant plusieurs mois l'influence la plus désastreuse sur les décisions de l'autorité et assuré le triomphe dans toutes les élections des candidatures les plus excentriques et les plus ridicules ^
Signalons encore une autre association qui, sous des dehors phis modérés en apparence, s'était donné pour mission de veiller au maintien de la république, et qui, sentinelle vigilanto, devait déjouer par tous les moyens c la coalition des partis MONARcmques » : nous voulons parler de VUjiion républicaine •.
• Voir aux Documenté justificatif s, pièce XXXIV, avec le programme de ce comité, an modèle des cartes délivrées à chaque sociétaire.
* Nous reproduisons (pièce XXXV) le manifeste publié par V Union républicaine pour annoncer le but que s'étaient proposé ses fondateurs.