‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 28 sur 159 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

LS PROLOGUE DU 23 MARS. — UAraFEST» DU COMITE REVOLUTIONNAIRE DB LA 6UILL0TIÈRE. — ARRIVEE A LYON d' ALBERT LEBLANC, DÉLÈGUE D« CONSEIL FÉDÉRAL DBS SCGTIONS PARISIENNES. — SES AGISSE- MENTS.

Aussitôt que la nouvelle de la conclusion de la paix fut connue à Lyon, tous les comités révolutionnaires se remirent en campagne : ce ne fut de leur part qu'un concert unanime de récriminations à Tadresse des < royalistes » qui avaient sanctionné le démembrement de la France. En revanche, les noms de Millière et des autres radicaux qui avaient protesté contre ce qu'ils appelaient « un acte ^ignominieuse lâcheté » furent acclamés : leur attitude fut saluée comme un heureux présage.

Voici dans quels termes le comité révolutionnaire de la Guillotière, par Torgane de son président, se plaisait à insulter les élus du suffrage universel :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

COMMUNE DE LYON

« Le comité révolutionnaire de la Guillotière, considérant que le déshonneur et la ruine de notre chère et malheureuse patrie seront les suites du vote de l'Assemblée de Bordeaux, sanctionnant lé démembrement de la France,

f Proteste de toute l'énergie qui anime des républicains, •entre cet acte d'ignominieuse lâcheté ;

€ Et, tout en les rendant responsables des malheurs qui en seront Tinévitable résultat, il voue au mépris de l'histoire et

ET LE JACOBINISME. 8î>

AUX FLÉTRISSURES DE LA POSTÉRITÉ, LES NOMS DE CEUX QUI ONT PRIS PART A CETTE INFAMIE.

€ Vive la France! !!

« Vive la république !! !

€ Le président du comiié, H. JACQUET »

« Lyon, le 2 mars 1871 i.

Quelques jours après la publication de ce maniresle arrivait à Lyon un délégué du conseil fédéral des sections parisiennes, le citoyen Albert Leblanc, Tun des adeptes les plus connus de Tlnteroationale*. En môme temps qu'Albert Leblane partait pour Lyon, 800 autres délégués investis d'une mission analogue se rendaient dans toutes les grandes villes et dans les principaux centres ouvriers. Ils étaient chargés de se mettre en relations avec les sections de Tlnternationale et les groupes révolutionnaires de la province : c'était comme autant d'émissaires, comme autant d'avant-coureurs du grand mouvement communard qu'allaient provoquer à Paris les chefs de l'Internationale '.

Au moment de son départ, chaque délégué recevait un mandat écrit sur parchemin et conçu dans les termes les plus significatifs. Voici la copie textuelle de l'un de ces mandats :

* La lendemain, les édiles lyonnais donnaient à leur tonr la mesure de l'état de décrépitade el d'abaissement dans lequel ils étaient tombés : ils poussaient le cynisme jusqu'à faire placarder sur les murs de la ville cette proclamation qui demeurera à jamais célèbre dans les annales révolutionnaires du peuple lançais : Le fier drapeau de la patrie en danger et de la rèsittance à outrance ne survivra pat à V humiliation de la France. Le drapeau rouge de la commune de Lyon cessera de flotter.

« Le drapeau rouge, avait dit quelques mois auparavant un journal de « Lyon {la Commune, numéro du ^ septembre 1870), n'a rien qui nous « effraye, loin.de là, et puisque le peuple lyonnais a proclamé la république « avec le drapeau rouge, ceux, qui veulent maintenant l'arracber de Tbôtel « de ville ne sauraient être considérés que comme des hommes de désordre. « des fauteurs de réaction qui cherchent à pousser le peuple aux excès, dans « Tespoir de prêcher (tic) une monarchie en eau trouble. »

s Albert Leblanc a été compris dans les poursuites dirigées contre l'Internitionale au mois d'avril 1870, et condamné, le 9 juillet suivant, à deux mois d'emprisonnement.

' Nous devons signaler la présence à Toulouse, à la môme époque, de Razoua et rarrestation à fiastia de Ferdinand Gambon, au moment où il se disposait à aller chercher à Gaprera le grand patriote italien.

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