‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 29 sur 159 · DÉLÉGATION · texte numérisé non relu

DÉLÉGATION

« Le conseil fédéral des sections parisiennes de TAssociation internationale des travailleurs et la délégation révolutionnaire des vingt arrondissements de Paris donnent pleins pouvoirs et délégation au citoyen Albert Leblanc, membre de l'Internationale et membre de la commission executive de la délégation des vingt arrondissements de Paris près les sections de rintemationale et les groupes révolutionnaires de la province *.

a Paris, le féirier 1871.

« Pour le conseil fédéral do l'Association internationale des (ravaillears, a Pour la délégation,

« Le secrétaires^ t Le secrétairey

« Henri GOULLÉ. t Constant MARTIN.

Indépendamment de ce mandat, il avait été remis à chaque délégué une liste de toutes les notabilités révolutionnaires, avec lesquelles il leur était recommandé d'entrer immédiatement on rapports. Ouitrouvera aux Documents justificatifs^ pièce XXXVI, avec rindication de quelques-uns de ces noms relevés sur la liste dont était porteur le délégué Albert Leblanc, un état nominatif de tous les bons républicains, à Tusage des membres de rintemationale.

> Nons expliquerons en détail ce qu'était cette délégation révolutionnaire des vingt arrondissements, qnand nous arriverons à l'historiqae de l'Internationale pendant le siège et pendant la Commune. Qu'il nous suffise d*in(Uquer dès à présent qu'elle était formée en grande partie d'internationaux et qu'elle revendique hautement l'honneur d'avoir pris part aux journées des 31 octobre et 22 janvier. Le 21 mars, cette délégation se composait de Lefrançais, Theiz, Ch. Beslay, Regôre, Pierre Denis, Th. Ferré, Charles Dumont (délégué plus tard à Lyon par la Commune de Paris), Ed. Vaillant, Camelinat, Gérardin .

« C'est par suite d'une erreur que Goullé se qualifie le teerétaire du conseil fédéral : il aurait dû dire l'un des secrétaires pour la France, k cette époque, en effet, le conseil fédéral comptait quatre secrétaires : deux pour la France, Varlix, rue Larrey, 8 ; Goullé, boulevard Sébastopol, 78 ; deux pour l'étranger, Theiz, et le Hongrois Frai^kel.

Dès ÉM)n arrivée à Lyon, Albert Leblanc se mettait en relations avec les internationaux Gaspard Blanc et Parraton, que Tautorité, dans sa bienveillance habituelle, venait de rendre à la liberté, pour leur faciliter les moyens de préparer quelque nouvelle émeute. A l'instigation du délégué parisien , des conciliabules fréquents furent tenus ; des'rapprochements s'opérèrent par ses soins entre tous les hommes d'action, et il .ti*availla avec une fiévreuse activité à s'assurer le concours de plusieurs bataillons de la garde nationale. Sa tâche d'ailleurs était singulièrement facilitée par les graves nouvelles apportées chaque jour de Paris, et qui représentaient la capitale comme en proie à une dangereuse surexcitation.

Albert Leblanc, qui était dans la confidence des projets de l'Internationale et qui était tenu au courant des décisions et résolutions adoptées au sein des comités de Paris, redoublait d'efforts et mettait tout en œuvre pour être prôt à agir au moment opportun. Il avait su exploiter habilement le mécontentement des ouvriers lyonnais : il leur expliquait que Paris n'aurait jamais capitulé sans la trahison et l'incapacité de ses généraux ; il leur parlait de l'héroïsme de la garde nationale, de l'ineptie notoirement reconnue des membres du gouvernement de la défense nationale et des ressources immenses dont on ii'avait pas voulu tirer parti. Il leur jetait les grands noms de Flourens, MiLUÈRE, Delesgluze, FÉLIX Pyat, comme les plus vaillants champions des revendications populaires ; il leur représentait la FÉDÉRATION DES coMMUiŒS commc l'uniquo moyen d'assurer lo triomphe du prolétariat et de l'idée sociahste. Il ajoutait q\w. Paris devait prendre l'initiative de ce mouvement destiné A régénérer la France.

Ces idées gagnaient chaque jour du terrain, et le nombre de leurs adeptes allait s'augmentant, lorsqu'éclata l'insurrection du 18 mars. Les fauteurs de désordre n'attendaient que ce moment pour s'associer à la révolte dont Paris venait de donner si audaciensement le signal : ils savaient qu'une partie de la garde nationale se prêterait complaisamment à l'exécution de leurs desseins et que l'autre assisterait impassible à tout ce (ju'il leui* plairait de fah'e. Du reste, nous sommes bien obligé de le reconnaître, l'insun'ection parisienne fut loin de soulever Tin-

yj LMNTKUNATIONALE

dignation générale. Dès le premier jour elle compta de nombreux partisans : nous vîmes toute la presse démagogique de 1» province se rallier à elle, et exprimer hautement sa sympathie pour « la noble cause » défendue par le peuple de Paris. Que d'outrages ne prodigua-t-elle pas aux membres de l'Assemblée nationale! Pour, ne parler que de Lyon, nous vîmes dès la première heure Torgane le plus autorisé de la démagogie déclarer qu'il ÉTAIT AVEC LA COMMUNE DE PaRIS, TANT Qu'eLLE SE BORNERAIT A TENIR EN ÉCHEC LES TENDANCES MONARCmQUES DE l'As-

SEMDLÉE*, et que considérée ^ dans son ensemble ^ F insurrection de Paris lui paraissait légitime (Progrès de Lyon, — 30 mars 1871.)'

Il nous reste maintenant à expliquer dans quelles circonstances se produisit la tentative insurrectionnelle du 23 mars, à rechercher quels en furent les promoteurs et à rappeler par quels actes la Commune de Lyon signala son existence.

ATTITUDE DE LA GARDE NATIONALE. — SES BATAILLONS ENVAHISSENT l'hôtel DE VILLE. — PROCLAMATION DE LA COMMUNE. — EXPLOITS BT MESURÉS DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE. — ARRIVÉE DU DÉLÉGUÉ DE LA COMMUNE DE PARIS, LE CITOYEN AMOUROUX. — ROLE DU COMITÉ CENTRAL DÉMOCRATIQUE DE LA GARDE NATIONALE ET DU COMITÉ CENTRAL

DE l'alliance répubucaine (gercle de la rue grolée) .

Avant de commencer le récit des faits dont la ville de Lyon fut à cette époque le théâtre, qu'on nous permette, de parler un instant de l'organisation de cette garde nationale qui a pris une part si active aux insurrections des 23 mars et 30 avril.

Dans la journée du 4 septembre, ainsi (|ue nous l'avons indiqué plus haut, tous les arsenaux et les forts de Lyon furent pillés par les purs de la Guillotière et de la Croix-Rousse : plus de soixante mille fusils disparurent de la sorte. Il a été constaté

1 Ce même journal, après Tassassinat des otages, appelait Delescluze an diamant dChonn%ur ei dHntégrité.

ET LE JACOBINISME. U:i

depuis, que plusieurs individus en avaient empoKé jus(|u'à trois. Lob plus âpres à la curée furent, on le comprend, les nombreux repris de justice qui pullulaient à la Guillotière, les gens sans aveu, les souteneurs de filles publiques et autres du môme acabit : ils tenaient essentiellement à ne pas perdre une si belle occasion de se procurer des armes.

Ce sont ces bandes ainsi armées qui constituèrent le noyau de la gai'de nationale. Aucune exclusion ne fut prononcée ; au nom des principes égalitaires, tout le monde sans distinction fut admis à servir dans les milices citoyennes. Le Comité de salut public avait décrété Tarmement général de la nation, et il se ' réjouissait à la pensée que quel(|ues heures avaient suffi pour recruter une force aussi imposante. On s'expliquera sans peine qu'avec une pareille organisation, et surtout à la faveur du mandat impératif, l'élection des officiers de la garde natiQnale ait dû produire les résultats les plus déplorables. Existait-il dans un bataillon, dans une compagnie un homme taré, un repris de justice, un démagogue à tous crins, il était sûr de réunir tous les suffrages et d'être investi du plus haut commandement : quelquefois môme la faveur populaire l'envoyait siéger à l'étatmajor de la garde nationale*.

D'ailleurs la garde nationale ne commt jamais d*autre autorité que la sienne. Ce n'était à cette époque, dans les rues, qu'un vaet-vient continuel de compagnies et de bataillons ; à chaque instant le rappel était battu sans ordre ; un capitaine, un chef de bataillon recevait-il des instructions du général, il était tenu de par le mandai impératif d'en référer préalablement aux hommes placés sous son commandement : il ne devait s'y conformer que tout autant que ces derniers l'y avaient autorisé.

Une décision était-elle prise pai* la municipalité, une aiTestation quelconque était-elle opérée dans les rangs de la garde nationale, il fallait lui en faire connaître les motifs. Avait-on négligé de remplir cette formalité, des délégations étaient aussitôt envoyées, les unes auprès du maire, les autres auprès

i Noos iK>iirrions citer plusieurs officiers d*état-major de la garde nationale qoi avaient été condamnés ponr vol ; la plapart étaient depuis longtemps ùsûét à l'Internationale.

94 L'INTEUNATIONALE

«lu procureur de la république pour protester contre de pareils procédés. Le général se permettait-il de se plaindi*e de Tindis- (îipline qui régnait au sein de ces bandeè armées, on parlait aussitôt de le révoquer, quelquefois môme de Penlevcr comme traître et ivaclionnairc.

La garde nationale de Lyon [il en fut ainsi à pou près par^ tout) ét:ût l'idéal du désordre et de Tanai^chie. Avec de pareils éléments et la surexcitation toujours croissante des esprits, il est permis de s*étonner que l'insurrection n'ait pas été plus souvent maîtresse de Lyon. On faisait, il est vrai, tant de concessions aux factieux et on montrait X leur égard tant do condes- «tendance, qu'ils se sentaient en quelque sorte désarmés. Ils n'avaient qu'à formuler leurs réclamations pour qu'aussitôt on s'empressât de leur accorder ce qu'ils demandaient.

Le lecteur comprendra maintenant de quel puissant secours devait être cette garde nationale pour le maintien de l'ordre, le jour ofiil serait sérieusement compromis. Aussi dès la première nouvelle de l'insurrection de Paris, les ofiîciers de plusiem*s bataillons de la garde nationale se concertèrent-ils sur le parti à pi'endre. Leurs sympathies étaient depuis longtemps acquises à la Commune, et Albert Leblanc n'eut pas à faire de gi'ands efforts pour les décider à la proclamer à Lyon.

Le 20 mai*s, une réunion privée eut lieu aux Brotteanx, salle Bonneloud. A cette réunion, où assistaient des délégués de plusieurs bataillons de la garde nationale, Albert Leblanc et le citoyen Rocher *, ex-rédacteur de la Marseillaise, autre membre de l'Internationale, plaidèrent avec exaltation la cause de l'insurrcclion. Leurs discours fui'ent d'une telle violence qu'un ou

« HocluT avait quille Paris, le 8 février, pour se rcudre à Lyon : il a publié ilai)3 cette ville divers paraplilots des plus orduricrs, notamineut UplanTro» chu, les Assassins de la France, du Devoir des travailleurs dans les èleC' Uons, les Tueurs d'hommes, la République ou la mort.

Rocher fut, à Paris, l'on des orateurs les plus violents des réunions atitiplébiscitaires. Il fut condamné, le 6 mai 1870 (7« chambre), à 15 jours de prison et 100 francs il'amende pour attaques contre le principe de la propriété. Il a figuré également dans le troisième procès de l'Internationalo et a récemment subi une nouvelle condamnation à Issoudun.

Rocher faisait.dans la Marseillaise, le compte rendu des réunions publiques. Pendant le siège de Paris, il fat secrétaire de la section du Panthéon et organisateur de la légion garibaldienne dont le général Trochu refusa d'utili«er les services.

ET LE JACOlilMSME. 95

deux délégués, effrayés pai* un tel langage, jugèrent prudent de quitter te lieu de la réunion. Hocher et Leblanc s'écrièrent à Tenvi qu^il fallait se soulever en faveur de Paris, prendre immédiatement les arineSy marcher sur F hôtel de ville, s'em^ parer de tous les forts, de toutes les autorités, renverser le gouvernement de Versailles et proclamer la Commune.

Le lendemain, dans une réunion tenue par plusieurs centaines d'ofRciers de la garde nationale au palais Saint-Pien'e, les mêmes excitations se produisirent. Albert Leblanb y fît un appel direct et immédiat à Tinsurrection. — Ses paroles furent couvertes d'applaudissements *. Il était dès lors facile de prévoir qu'on était à la veille de quelque grave événement. Pendant que les « galonnés n de la garde nationale manifestaient les sentiments dont ils étaient animés à l'égard du gouvernement de Versailles, les soldats étaient victimes des tentatives d'embauchage les plus scandaleuses : ils étaient accostés dans les rues, au vu et su de tout le monde, par des gardes nationaux qui leur faisaient promettre de lever la crosse en l'air ou de tirer sur leurs officiers.

Dans la matinée du 22 mars, une agitation des plus grandes régnait à Lyon : à l'enlhousiame dont faisaient parade les fauteurs habituels de désordre, on pouvait deviner que la proclamation de la Commune était imminente. A deux heures les officiers de la garde nationale, au noml)re d'environ 400, tenaient une nouvelle réunion. Les deux cory[)hées de l'Internationale, Rocher et Albert Leblanc, étaient présents. Ce dernier harangua les officiers, développa les idées politiques et sociales dont le gouvernement de la Commune poursuivait la réalisation, lit l'apologie de l'insurrection parisienne et insista vivement pour que la garde nationale de Lyon lui vînt en aide et proclamât la Commune en cette ville. A la suite de nombreuses et violentes discussions sur la décision qu'il convenait de prendre, une députation fut chargée de se rendre auprds du maire poui* lui demander une plus grande extension des libertés municipales ;

* A la suite de deUe réonion, plasienrs officiers se disant délégués da comité central de la garde nationale se présentèrent dons le cabinet du préfet et, d'un ton insolent et provocateur, lui reprochèrent do témoigoer à l'endroit de la garde nationale une défiance systématique.

mais déjà le mot d'ordre avait été donne auxiiélégués à la tête desquels s'était mis Albert Leblanc : les libertés municipales n'étaient pour eux qu'un prétexte : il s'agissait d'une déclai*ation de guerre civile. — Albert Leblanc, qui avait été Tâme de la conjuration, somma le maire de Lyon de proclamer la Commune et de prendre parti pour les insurgés de Paris. Sur le refus de ce fonctionnaire, les délégués déclarèrent qu'ils allaient en appeler aux armes et proclamer eux-mômes la Commune. Us descendirent en effet quelques minutes après de Thôtel de ville, le sabre nu, en criant : Aux armes! aux firmes!

A leur instigation la générale fut aussitôt battue de tous côtés ; les bataillons gagnés à la cause de Témeute s'assemblèrent en toute hâte * et ne tardèrent pas à se porter en masse sur la place des Terreaux, d'oii l'on avait eu soin d'éloigner les compagnies dévouées à l'ordre, accourues pour proféger l'autorité *.

Les bataillons de la Guillotière débouchent les premiers sur la place et défilent devant Thôtel de ville aux cris de : Vivo ■ Commune! lis sont bientôt rejoints par ceux de la Croix-Rousse et des Brotteaux. Tandis qu'une nouvelle députation d'officiers se rend auprès du conseil municipal pour lui proposer l'acceptation de la Commune, les agents de l'Internationale, Albert Lehlane, Gaspard Dlanc^ Schetlel, Parraton et Colonna s'élancent vers la porte de l'hôtel de ville et pénètreîït dans cet édifice à la tête de plusieurs compagnies, et aux cris plusieurs fois répétés de Vivo la Commune ! Vive Paris !

En un instant et sans rencontrer la moindre résistance, ils furent maîtres de l'hôtel de ville; les compagnies préposées

1 Une commission provisoire de la Commune était déjà, à ce moment-là, entrée en fonctions : ce fat elle qui donna l'ordre au 2â<> bataillon de se rendre dans le voisinage de Thdtel de ville. La preuve de ce fait est fournie par le document suivant : « Ordre est donné au S^o bataillon de la gardé « nationale de se réunir au tignal de la générale et de te rendre dans le « voisinage de V hôtel de vilU» — Lyon, 22 mars 1871. — Les membres de « la commission : Blanc, Colonna, Parratox. »

* C'est en vertu d'ordres émanés de la même commission que toutes ces compagnies avaient été reléguées dans les rues adjacentes avec la consigne formelle de laisser libres les abords de la place des Terreaux. Il en fut de même des bataillons, notamment les T et 8«» qui avaient reçu Tordre de se porter ilans les rues adjacentes à la place Bellecour (Voir Documents justificatifs pièce XXXVII).

! jotip-là A la garde dii palais municipal aj ipai' le n aient aux bataillons de la Croix-Rousse : au lieu de croiser la baïonnette, comme e'élait leur devoir, elles s'empressèrent de livrer passa^ aux émeutiers'.

Une bande d'odîciers et de gardes nationaux se précipita aussitôt au balcon de l'hôtel de ville pour y proclamer bt Commune ; cette proclamation était accueillie par les applaudissements « des frères et amis restés sur la place » pas la moindre protestation ne s'éleva dans les rangs des bataillons moins tarés que les autres, échelonnés dans les rues et le long de la place : ils se contentèrent de regagner leurs tjuartipra resu^ctifs avec la m<>me impassibilité que s'ils venaiont d'assisr& une fête. Pendant ce temps, un comité révolutionnaire nommé et prenait en main le pouvoir. La plupart de ses i^res appartenaient à l'Internationale; c'étaient: Gespard lue, Leblanc, Sc/ieth'J, GoJoniia, Panalon, etc. ; quant aux , personnalités inconnues, ils ne jouèrent qu'un rôle des I secondaires, et c'est à peine si l'on reli-ouve leurs noms au ^ de quelques ordres insignifiants délivrés par la Commune, ntes les décisions importantes du comité, toutes les arrestabos et perquisitions opérées par ses soins furent exclusivement luvre des internationaux Leblanc, Parraton et Blanc. Ce sont E qui ont pris l'initiative du mouvement, eux qui les premiers it envahi l'hôtel de ville, eux encore qui ont proclamé la devance des autorités ; ce furent eux seuls ipii, pendant toute la née de la Commune, exercèrent tous les pouvoirs et qui resrent jusqu'à la dernière heure à l'hôtel de ville, alors que la Ibpart de leurs complices avaient déjA pris la Tuile. i{4ous avons tenu, avant de continuer notre récit, à établir B manière iiTécusahle le rôle joué par l'Internationale dans l' tentative du SS mars et dans les actes qui l'ont précédée. Fest elle qui à tout fait et tout dirigé.

1 Occupons-nous maintenant des mesures adoptées par le ivii-at Leblanc, Parraton et Gaspard Blanc, pour assurer le xès de leur usurpation.

t P avait ilé gestion Ae renforcer ce pusie d'one on ' inx baUilloos conserrawiir), maU ou ital renoi ailïon dam >« craints da mécntenier 1e« girdei utioaatix d« U Croix-RonsM.

Leur premier soin fut de faire procéder à Tarrestation du préfet. Â la tète d'une bande armée de soixante individus, parmi lesquels se trouvaient deux brigadiers de la garde urbaine, RosET et Gaudin, rofdcier Sancet, du 22* bataillon (Guillotièrie), se rendit auprès de oe fonctionnaire et Tenlraîna dans la salle où siégeait le comité ^ Albert Leblanc l'interpella brutalement et le somma de déclarer s'il était pour Paris ou pour Versailles. Sur sa réponse qu^il ne reconnaissait nullement l'autorité de la Commune, il fut décidé qu'il serait maintenu en état d'arrestation et gardé à vue dans ses appartements jusqu'à nouvel ordre. La même mesure fut prise à l'égard du secrétaire général de la préfecture. De nombreux factionnaires furent placés à toutes les portes.

A la même heure, les bureaux du télégraphe étaient envahis et occupes par un détachement de gardes nationaux aux ordres du comité ; toutes les dépêches adressées par le gouvernement au préfet et au général étaient saisies et lues quelques instants après du haut du balcon de l'hôtel de ville, en même temps que la liste de la commission chargée de l'administration de la corn* mune. La destitution du préfet et du général de la garde nationale, la nomination de Riciotti Garibaldi comme général en chef des troupes de Lyon *, la substitution du drapeau rouge au drapeau tricolore ^, et la rédaction d'un long manifeste adressé

i Les individus qui farout préposés, la première nuit, à la garde du préfet, appartenaient à la 4« compagnie dn 22o bataillon ; ils passèrent la noit à boire, manger et jouer an billard dans les appartements do préfet. Une indemnité de *io fiaucs leur fut allouée par les membres du comité (Voir Documents justi/icaUfs, pièce XXXVIII). — Parmi on\ fi^nimient un cerlAÎn Potier, ouvrier tourneur sur métaux, et membre de rinternationale ; un cordomiier du nom de Veit^ de iiaiioualiic bavaroise, repris de justice, admis à CE TITRE dans la garde nationale; Verdicr, lieutenant de la garde nationale, qui avait le commandement des sentinelles placées à l'issue de toutes les portes conduisant au cabinet du préfet; Tiho.n, l'ex-commissaire central du 4 septembre, etc., etc.

* Le 24 mars, deux délégués de la Commune provisoire an nombre desquels se trouvait Tinlernational ScheUel, se rendirent à Cbambéry pour inviter Riciotti Garibaldi à venir prendre le commandement de la force armée de Lyon. Leur déiuarcbe n'eut pas le succès qu'ils en attendaient. Riciotti refusa de se ïneilre à la tête do Tiiisurrection. Voici le télégramme que ces dél«''gués adressaient, le â5 mars aux membres de la Commune : a La Commune Jiôtfl « de ville de Lyon. — Aotre frère est à Annecy, — Nout VaUeudoui, — « Bon espoir. — Signé : Schettel, Robesso:! . »

s Voir ce manifeste aux Documents justificatif t, pièce XXXIX.

^à la population pour lui annoncer la révolution qui vouait de 6'accomplii', telles fiu-ent les premières mesures par lesquelles la commission signala son entrée en fonctions.

^Le lendemain, le comité s'empressait de télégrapliier aux les les plus voisines et aux (rrandes villes du Midi le iriomphe l'insurrection ' ; la gai-de urbaine, qiU s'était ralliée à la Commune, recevait des amieâ à l'hôtel de ville et était pourvue d'un commandant ; plus de 60,000 cartouches, enlevées dans l'une des poudrières de la ville, y étaient transportées ; le fortin des Charpennes était occupé par la garde nationale; descnnoos, des mitrailleuses étaient mis en batterie aux abords de l'hôtel de ville et à l'entrée de toutes les rues adjacentes.

Pendant que toutes ces mesures étaient prises, des tentatives

d'arrestation avaient lieu. Ici c'était un commandant de la garde

lationale recherché par des hommes de sonbataiilon qui, leurs

ûls chargés à la main et sous la conduite de l'un de leurs capi-

ines, t'ai salent à son domicile les plus minutieuses perquisitions

r le découvrir, et sommaient les gens de la maison de le leur

livrer sous peine d'ôti-e fusillés {commandant Bachère, du 22» ba-

laillon, — Guillotière).

^^B Là c'était la garde urbaine qui, devenue l'auxiliaire le plus

^^Botif du comité, procédait en armes à des visites domiciliaires alln

^^Hfsrrôter le nouveau général que la municipalité venait de placer

^^H|']b tète de la garde nationale. 11 est édiliant de voir la pohce

^^^■ire ainsi cause commune avec l'émeute. On est, il est vrai,

^^nwins étonné par la vue d'un pareil spectacle quand on se

reporte aux mitécédents judiciaires des individus que l'autorité

elle-même avait jugés dignes d'en fau'e partie. Quand on a pris

Juin de recruter la jiolice parmi les voleurs et les repris de

^^^ation ^Ksils ^Bitees ^■iourl

^^^m de re ^H^« Le délit

Ii« déUgai, Fooniier, ai-membre da eomilé de «alol pnblïc, cbugé de Im lision de ces lélègniuutes, tal srrSté an momenl où il se prf sentait aa bnresB do lâlégraphe, porieoT d'une rÉqnisilioD de la Commiuic. (Voir an jDorutnrnU juttifitatifi, pKce XL.) Les dépêches Iransmisea par la comild iniorreclioDnel élaient toatea conçues dant les nifmei leniica. Voici la copia lc>,IDelle de l'cme d'elles : « Protlami bitr, dix hcam du loir, Cummune rnoiutiotmaite, — ConiwJmunicipaJ àiiiofis. — Prtfrt révvqa^ ctirrrllè. — Caplivili douei. ■— Tout eit aima. — Membres Je ta conunane : Du- UNO, Cou).'<:i*, Poucet, Hicobn, Carel. Parratoîi, BoavATiE». •

Cet dép«clies devaieiil ilre iranisuiises i Hicoa, Dijon, CliUoa, Valanu, Saiui-Eiieun». Marseille, Toulon et Toulooee.

justice, OU doit s'attendre à ce qu'elle prenne parti pour les gens de désordre, toutes les fois que l'occasion s'en présentera : elle n'a du reste qu'à y gagner *.

L'Internationale qui siégeait à l'hôtel de ville no pouvait oublier que l'un de ses plus fervents adeptes, Deloche, venait d'être frappé la veille par la justice républicaine « des Thiers et Jules Favre, pour avoir voulu sauver la France et s'être fait f instrument de la vengeance populaire, A tous les tkres, l'assassin Deloche méritait de figurer parmi les membres du nouveau comité : Parraton avait même songé à lui en conférer la présidence. Ce fut lui qui signa son ordre d'élargissement ainsi que celui de tous les autres condamnés de 1* affaire Arnaud (Voir Documents justificatifSy pièce XLI). Heureusement pour la société, cet ordre ne put être exécuté : au moment où il fut délivré, Deloche avait déjà quitté Lyon, pour être dirigé sur la maison centrale de Riom. Si le comité avait pris cette décision dès la première heure de son installation, nous îie ixiettons pas en doute qu'il eût suffi d'un bataillon de la gardiô'itmtionale pour enlever d'un coup de main Deloche et tous les autres condamnés.

Le même jour, arrivait à Lyon un nouveau délégué delà Commune de Paris, le chapelier Amoureux, autre membre de l'Internationale : il prétendait être chargé, par le comité central fédéraliste delà garde nationale de Paris, de recueillir des adhésions en province et d'entraîner dans le mouvement insurrectionnel autant de bataillons de gardes nationaux qu'il le poun*ait. Conduit au club de la salie Bonnefond, où se trodi^ait réuni le

> Le comité avait confié le commandement de la garde urbaine à on membre de rinternationale, à un repris de justice, le citoyen Roset, qoi déjà faisait partie de ce corps en qualité de brigadier. D'antres promotions eurent également lieu en faveur de plusieurs gardes urbains, affiliés à l'Internationale, notamment d'un certain Benier, qui, lui aussi, avait subi une condamnation à quelques mois d'emprisonnement pour abus de confiance. Roset et Benier commandaient les deux escouades, qui, dans la nuit du 23 au 24 mars, furent chargées de procéder à l'arrestation du nouveau général de la garde nationale. Indépendamment de la garde urbaine, qui passa presque tout entière dans le camp des émeuliers, plusieurs agents de police, un commissaire judiciaire môme, vinrent se mettre à la disposition du comité et prendre ses ordres.

Encore un fait qui ne doit pas passer inaperçu : un garde urbain profita do désordre qui s'était produit à la suite de l'envahissement de Thâtel de ville pour faire main basse sur tout ce qui était à sa convenance.

comité cenli-al démocralique de la garde nationale Je Lyon, il

excipades pouvoirs donLil était porteur; de là il se rendit à l'hâtel

de ville, accompagné de cinq délé^és, et fut présenté à la com-

, mission provisoire de la Commune. Il lui donna des renseigne-

. ments sur ce qiri se passait à Paris, et, cédant à l'invitation de

queiques-uns de ses membres, il parut au balcon de l'hôtel do

ville poui- haranguer la foule qui stationnait sur la place '.

A leur tour, les deux comités révolutionnaires dont nous avons

I, signalé plus haut l'existence {Comité central démocratir/iie tie la

', garde nnlionale, C.omilê central démocratique de faUianco répu-

\^biicaitw du Rliône, dit cercle do la rue Grolée) adressaient un

I Bppel à la population en laveur de ■ cette sublime iuslilution

I appulée Commune-, qu'ils regardaient comme la sauvegaitle de

I jeurs droits et la garantie de leurs intérêts '. Voilà comment

I le comité central démocratique do la garde nationale entendait

[défendre l'ordre et la liberté et justifier le litre de conservateur

Tqu'il s'était donné dans son programme. Dés le premier moment

r il s'était associé à l'œuvre de la Commune et lui avait pi-ôté le

r concours le plus aclif * : c'était lui f^ui avait fait occuper le fortin

l des Char|)enneâ et désigné successivement deu.\ de ses mem-

■ l)reB pour en prendre le commandement; c'est par ses soins

jque des pii'ces d'artillerie furent amenées sur la place des Ter-

Kreaux; c'est lui qui procéda à toutes les opérations militaires,

torganisa les postes et distribua des cartouches aux compagnies

[ralliées à l'insurrection.

$uant au cercle de la rue Grolée, son rôle dans celte circon- Ifitçrice fut plus modeste. Il était encore en séance au moment oîi Ile comité de l'hôtel de ville lui lit annoncer pw une cIéIéj;alion r que la Commune venait d'être proclamée. Il s'empressa aussitôt

> Le lendemain les paroles [irononcces par le délé^iaé de I» Cominnue de iris étaient portées 3 U connaissance de la popalalion par udl' afllche pljpdie A un nombre très-restreini d'exemplaires el porlant la sigoalure de Mpard Blanc et rarraton {Boeumeatt jutUficati(i, pièce XLIl). De Roo ciMè, Amouroux, dant une lettre adressée aux citoyens membres do tomili central de Paris, dont il lïtaîl le délégué, Uur annoncail le iriujiiplie B'Ae rinsnrrection i\ Lyon. i^DociannU intUfieutift, pièce KLIll.} 1 DncnmeiiU juitifitatifi, pîtcu XLIV.

Il r<'siilte d'an document reproduit parmi les pièces annexées, pî^ce XLV, Via pranve qne ce comUâ avait, dans la joaruc^o da 33, couToquè dui balaillou la U gardfl natiun»te afin de cq;i courir A rinslalldiiaojti-U Cijmmuite.

de donner son adhésion à ce nouvel ordre de choses et de rédiger la proclamation dont nous avons déjà parlé et qui fut apportée le lendemain au «comité démocratique de la garde nationale pour être revêtue de la signature de ses adhérents. C'est sans doute pour récompenser le club Grolée de ce beau zèle, que la Commune avait voulu s'adyoindre plusieurs de ses adeptes; nous en trouvons la preuve dans le document suivant:

c Les citoyens ci-dessous sont nommés pour appartenir à la Commune :

f GoYNE, quai de TArchevôché, 18.

t RoussET, rue Tabarot, 20.

« DuPKKRET, rue Duminge, 13.

€ Gay, Grande-Côte, 11.

« Rkmilleux, rue Duminge, 13.

< Bouvard, rue de la Monnaie, 3.

t Tesser, rue Dumont, 10.

Timbre du comité central de « SiffUé .' A. TISSOT S

rAlliance républicaine. •». , , , ^

« Membre de la Commune. »

Après trois jours d'un règne des plus agités et consacrés à prendre des décisions qui restaient toujours inexécutées, la Commune lyonnaise, contrefaçon bâtarde de Tinsurrection de Paris, se désorganisa d'elle-même et s'affaissa sous le poids de la réprobation publique. Ses membres essayèrent vainement d'organiser des commissions {commission des intérêts publics, commission de résistance *, commission de la guerre) et de convoquer les électeurs : ils Unirent par ne plus s'entendre et allèrent jusqu'à se reprocher mutuellement leur inaction.

D'ailleurs, l'isolement et l'impuissance du comité devenaient d'heure en heure plus manifestes : la lassitude et le découragement s'étaient emparés des nombreux et farouches satellites qui avaient juré de défendre jusqu'à la mort « le pouvoir acclamé par le peuple » ; ils s'étaient esquivés l'un après Tautretout honteux du rôle ridicule qu'ils avaient joué, en montant pendant deux

t Tissot arait fait partie du comité de salut public (section de la guerre). * Docmnenti juitificatifi, pièce XLYI.

jours la garde autour de pièces d'artillerie qu'ils eussent été incapables de manœuvrer. Les huées et les quolibets de la foule ne furent pas tout à fait étrangers à ce résultat : c'est à eux qu*on dut de voir, dans la journée du 24 mars, les gardesnationaux rentrer piteusement d'eux-mêmes dans Thôtel de ville les canons qu'ils avaient mis en batterie la veille autour de la place des Terreaux. On avait songé un instant à faire conduire ces pièces de canon au gymnase de la Croix-Rousse : l'ordre en avait été donné aux 7* et 8® batteries, mais il ne fut pas possible de le mettre à exécution. (Voir Documents justift catifs, pièce XL VII.)

Déjà les deux délégués de Paris, s'apercevant que la situation était désespérée, avaient disparu et laissé aux autres membres du comité le soin de prolonger de quelques heures la durée de leur pouvoir éphémère. Ils avaient transporté ailleurs le siège de leurs opérations : le chapelier Amoureux était parti pour Marseille, pendant qu'Albert Leblanc se rendait au Creuzot et y proclamait la Commune de concert avec toutes les autorités du lieu.

Abandonné ainsi à ses propres forces, délaissé par la plupart de ses membres et se croyant menacé dans son existence par ks préparatifs de l'autorité militaire, le comité révolutionnaire avait songé un instant à se roidir contre la mauvaise fortune et à tenter un suprême effort ; mais en présence de la défection des bataillons de la garde nationale qui lui avaient jusqu'alors prêté leurs concours, et de l'impossibilité où il se trouva, dans la soirée du 24, de recruter des gens armés pour lui -servir de garde et protéger l'hôtel de ville, il comprit que tout était perdu. A la suite d'une dernière séance, où aucune décision ne put être adoptée, presque tous les membres prirent le parti de battre en retraite. Seuls, G^uspard Blanc et Parraton voulurent faire preuve d'héroïsme et rester sur la brèche jusqu'au dernier moment. Mais cet élan de courage ne fut pas de longue durée : quelques heures plus tard, le 25, à la pointe du jour, ils prenaient bravement la fuite après avoir fait parvenir leur démission au préfet dont ils avaient proclamé la déchéance et qu'ils retenaient prisonnier dans ses appartements. Voici dans quels termes était conçue cette démission :

Commune de Lyon

« Considérant que la Commune provisoire de Lyon, acclamée par la garde nationale, ne se sent plus soutenue par la garde nationale ;

« Considérant que la garde nationale, en manquant à ce devoir de soutenir la Commune, qu'elle a acclamée, (sic ?)

« Les membres de la Conmiune se déclarent déliés de leurs engagements envers leurs mandants et résilient tous les po^ivoirs qu'ils tenaient d'eux *.

« La Commune provisoire ,

« Signé : BLANC, FARRATON. »

C'est ainsi que l'hôtel de ville fut débarrasse des factieux et l'ordre rétabli à Lyon, sans qu'il fut nécessaire de recourir à une répression sanglante. Pendant que lu Commune agonisait au sein de l'ivresse et des orgies les plus dégoûtantes, que toutes les salles du palais municipal étaient transformées en écuries d'Augias, quelques réunions d'officiers appartenant aux bataillons conservateurs avaient lieu ; mais comme toujours l'indécision était à l'ordre du jour : on parlait d'agir et on perdAV le temps en discussions et en pourparlers. La municipalité, aflRpflée par la peur et fidèle à ses traditions, prêchait le système de la coiiciUation et croyait à la possibilité d'une entente avec le comité révolutionnaire, dont elle avait reçu une convocation * pour s'occuper, concurremment avec lui et sous sa direction, des intérêts de la cité ; aussi aucune décision n'avait-elle été prise, aucun moyen d'action concerté, et il est certain que si la Commune n'avait pas été délaissée par ses adeptes, elle eut pu vivre quelques jours encore sans que l'autorité songeât à l'in- (luiéter. Il eût suffi cependant de quelques liommes énergiques et résolus pour nettoyer l'hôtel de ville et s'emparer des séditieux ; mais aucune tentative n'eut lieu. Il valait mieux subir la

< Ce docuineal était écrit en entier de la main da Gaspard Blanc : il fat remis au préfet au moment de son élargissement, le samedi 25 mars, à 4 heures du matin.

« Documents jmtificalifSj pièce XLVIII.

domination de la canaille et ne pas la troubler dans son œuvre de « RÉGÉNÉRATION SOCIALE. » Los bourgcois lyonnais ne pouvaient, on le comprend, sortir de leur apathie et de leur indifférence : ils avaient durant de longs mois toléré, sans élever la moindre protestation, les actes les plus révoltants et les abus les plus scandaleux ; ils avaient assisté impassibles au pillage de tous les établissements religieux, au sac des édifices publics, aux arrestations les plus iniques et autres exploits des comités révolutionnaires, et avaient alors donné la mesure exacte de leur courage : il n'est donc pas étonnant qu'au 23 mars, ils n'aient rien fait pour paçalyser les efforts des factieux ; peut-être même s'y seraienl-ils^^SÈOciés s'ils avaient du à ce prix ne courir aucun danger.

Nos lecteurs trouveront aux Documents juslilicatifs, pièce XLIX, la collection de tous les ordres, proclamations et autres actes émanés du comité révolutionnaire : ils jugeront par là de l'impuissance et de l'insanité de ses membres *. Un état nominatif de tous les individus condamnés i)our avoir pris part à l'émeute du 23 mars figure aux Documents justiScalifs, I»ùce XLIX bis.

1 Aucune de ces pièces no purlo la signature d'Albert Leblanc : il a eu la précaution de ne laisser aucune trace de son passage à Lyon ; il tenait essfui- Uellement à ne pas se compromettre : il a d'ailleurs pour principe de ne jamais rien signer; il laisse ce soin à ses acolytes.

iOG L'INTERNATIONALE

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