D£S COUPS DE FUSIL
A la même heure le comité démocratique de la garde nationale se réunissait dans son local habituel (salle Bonnefond). c II nous faut la révolution, déclai*ait le président ; nous n'avons pas d'homme énergique à mettre à notre tête. Réveillons-nous! Prenons nos fusils! Allons déUvrer nos frères qui sont en prison. Fusillons ce coquin de Grouzat *. La troupe est toute disposée à ne pas nous tirer dessus. Démolissons le préfet. Faisons la révolution à tout prix. > Sui*la proposition de Tun des délégués annonçant que la rue Grolée était décidée à faire voter, un blâme pnergique était infligé à ces hommes qui s'étaient laisse cof rompre par ï avistocratie (sic).
Le lendemain, des résolutions importantes étaient arrêtées dans ce club, où assistaient les membres de la commission provisoire. Il était annoncé que Ton procéderait dans la nuit à Far* restation du préfet, du général, d'une partie de son état-m^gor, du commissaire central, de raix>hevêque et de toute sa suite ; que les domiciles particuliers de ces fonctionnaires étaient conrms et que des agents de la Commune avaient reçu ordre de les filer ; enfin qu'une délégation avait été placée à l'hôtel de ville même afin de ne pas perdre le préfet de vue. La coauuis»
• Je vm SOCIALISTE, parée quA je ye«\ l'affranehissement effectif dUi tfWfmil, comiM je >eiix l'émaneipation réelle de l'idée ;
M Je suis RÉvoLUTioxKCjuaE, parce que je crois que le oiomeiit m% vaMi de f»ijne préraluir qaand môme la justice et la vérité. >»
1 Crouzat, général commandant la division.
Bion executive * déclarait à l'assemblée qu'elle était prête à agir et qu'elle n'attendait plus que le moment favorable pour mettre à exécution le plan concerté.
Une somme de 2 fr. 50 c. était remise par les délégués de la Commune de Paris à tous les individus faisant partie de la seoiioD dûgents organisée par la commission provisoire.
A l'issue de cette séance, une réunion secrète était tenue ; toutes les commissions s'y trouvaient réunies : Dumont, Caulet de Tayac et des délégués de Genève étaient présents *. Tous les groupes révolutionnaires y étaient représentés. L'objet de cette réunion était do faire connaître les dispositions qui avaient été définitivement concertées et d'assigner à chaque groupe et à chaque commission la part qui lui revenait dans l'action générale. Dès ce moment, chaque affilié se mit à Tœuvre on se conformant aux instructions (ju'il avait reçues : les uns se portèrent aux abords du palais de justice pour épier la sortie du procureur de la république ; d'autres se rendirent sur différents points indiques d'avance, afin de couper les lils télégraphiques.
Dans la soirée du 29, de nouvelles excitations à la guerre ci\'ile et des appels aux armes retentissaient au club Valentino. Les dépèches de la Commune étaient communi(iuées aux assistants : on y parlait d'une grande défaite essuyée par les Ver-
SAILLAIS, 'DONT PLUSIEURS REGIMENTS s'ÉTAIENT FUSILLÉS ENTRE EUX ; DE PIÈCES DE CANON ENCLOÙÉS PAR LES MARINS EUX-MEMES, CtC.
C Citoyens, vociférait le délégué Dumont, le moment des paroles est passé ; c'est le tour des actes : si demain, au ueu de
DÉPOSER vos BULLETINS DANS l'uRNE, VOUS n'eN FAITES PAS DES BOURRES A FUSIL, VOUS ETES DES LACHES !
C Je ne puis pas vous expliquer ici tout ce qui va se faire. Je ne vous dis que cela : Veillez ! veillez !
c — Citoyens, ajoutait à son tour le président Raymond, nous n* aurons plus do réunions; maintenant cest autre chose que nous aurons, La séance est levée. Que demain matin chacun
« Parmi les membres de cette commission evécutive, fignrait le conseiller municipal Velay.
* Dans la journée du i28, Albert Leblanc était parti pour Gen«''ve aCn d'y (aire imprimer la proclamation qui devait être placardée dans la nuit qui précéderait le vote.
soit à son poste. » On ne pouvait se méprendre sur la signilication de cette déclaration.
Quelques heures plus tai'd, le mot d'ordre était donné par les chefs du mouvement : c'était à 4 heures du matin que le rappel devait être battu et le tocsin sonné dans toutes les églises.
Avant d'entrer dans le récit des faits qui s'accomplirent dans la journée du 30 avril, nous avons à rechercher quelle fut au milieu de tous ces événements l'attitude de la garde nationale et à signaler plus spécialement dans quelle mesure Tlnternationale a participé à toutes ces menées révolutionnaires.