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LES EXPLOITS DU JACOBINISME A TOULOUSE

LE PRÉFET DUPORTAL. — SES PROVOCATIONS A LA OUERRE CIVILE. — UN MOT SUR LE PERSONNEL DE LA POLICE. — LES VIOLENCES DU

JOURNAL l'Émancipation. — les clubs de la solidarité et du

COLYSÉE. — UN échantillon DES DISCOURS DE DUPORTAL. — LA

manifestation DU 31 OCTOBRE. — ENVAHISSEMENT DE l' ARSENAL.

ARRESTATION DU GENERAL COURTOIS d'hURBAL. — DUPORTAL EST RÉVOQUÉ. — SA RÉPONSE AU GOUVERNEMENT DE BORDEAUX. — ARRI- VÉE DE RAZOUA A TOULOUSE. — DUPORTAL L* ACCOMPAGNE AU CLUB DU COLYSÉE. — PROCLAMATION DE LA COMMUONS LE 25 MARS. — ATTITUDE DE DUPORTAL ET DE LA GARDE NATIONALE. — RÉGIT DIES ÉVÉNEMENTS ACCOMPLIS DANS LES JOURNÉES DES 25, 26 ET 27 MARS.

A Toulouse, où Tlnternationale ne compte encore à l'heure actuelle que quelques adhésions individuelles, le jacobinisme, dans la personne du préfet Duportal, a toujours eu le haut du pavé. A l'instar du maire du Creuzot, Duportal a pendant plus de six mois tenu son département sous la menace de la guerre civile et gouverné par la terreur ; comme lui il s'est déclaré à son heure représentant de la Commune, et c'est par ses soins qu'elle a été installée au Gapitole.

Armand Duportal se trouvait à Sainte-Pélagie au moment de la proclamation de la République. Ses nombreuses condamnations pour délits de presse (douze condamnations depuis le mois d'août 1868), sa qualité de victime du 2 décembre et surtout sa notoriété comme rédacteur en chef de V Émancipation y le désignaient suffisamment au choix du gouvernement pour le poste de préfet de la Haute-Garonne.

Sa première proclamation aux habitants de Toulouse avait donné la mesure exacte de ce qu'on pouvait attendre de lui.

Eï LK JACOBINISME. î)3

iNoosy relevons curieusement ce passage adieux : • Rappoiiezvoas-en au gouvernement que je représente, du soin d'exercer en temps et livu et sur qui de druit de justes représailles et de légitimes revendications publiques. Je cesserai de le servir le jour où il faillirait à cet engagement que je contracte eûvem voas*. •

Dès son entrée en fonctions, Duportal, qui ne voyait dans tous les policiers du régime diiclm que de vils mouchards, s'empreseait de recruter un personnel d'agents, peut-être d'un républicanisme éprouvé, mais d'une honndleté des plus contestables. A leur tête se trouvait un certain CavaiTé, ex-ferniïer des poids publics, qui portait le titre de directeur de la sûreté publique ; nous relaterons bientôt les étranges procédés de ce fonctionnaire qui, le 26 maj-s, avait fait distiibuer des fusils et des cartouches à tous ses hommes et les avait postés sur le toiture du Capitole pour tirer sur la troupe, lorsqu'elle se présenterait.

L'impartialité nous fait un devoir de proclamer bien haut, à la honte des hommes du i septembre, qu'à Toulouse comme {lartout ailleurs, la police n'avait à celte époque d'autre occupation t[ue de faire la citasse aux réactionnaires et à ceux que l'on était convenu d'appeler ■ les Prussiens de Finlérieur. • Son rôle dans les élections fut scandaleux : il est de notoriété publique qu'à la veille du scrutin du 8 février, les agents de la police Duportal parcoururent les communes de la banlieue poui faire de la propagande en faveur de ea candidature.

On les vil, le jour du scrutin, recruter sur la voie publique toute espèce de vagabonds, de mendiants, de souteneurs de fdles publiques et autres individus du même acabit et leur distribuer les cartes d'élecleurs qui n'avaient pas été retirées de la mairie. Un mendiant était-il amené au Capitole, on lui promettait un billet

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poliliqact et lociales, la cla<so moyenne a*eit rassurée. Il inspira maintenant

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deux mille hommes, recrolii pour la plupart daiis la cUi>e ontrière; comhe u aounCKoiEiE insfihe du pÉriA^ip», o^ hevuit bici m i>Er.LAnÂii(i:<, hais ox Lk XEKVOIE pona loi DBLivhM DEt jknats <

de log'ement s'il allait votei% et on lui remettait aussitôt une carte et un bulletin. On devine sans peine pour qui votaient de semblables électeurs. Ailleurs» les agents cherchaient dispute aux distiHlbuteurs des bulletins de la liste réactionnaire, et si ces derniers se permettaient une observation, ils étaient aussitâi conduits au poste où Von déchirait leurs bulletins» Dans quelques sections électorales, le bureau était formé d'agents de police : la plupart d'enti*e eux votèrent plusieurs foi? à l'aide des cartes dont ils étaient porteurs.

Un dernier détail des plus caractéristiques : le jour des troubles de Toulouse, l'inspecteur préposé à la surveillance des maisons de tolérance répétait à qui voulait l'entendre : Oa en verra bien d'antres : je me charge de brûler la cervelle à cinq ou six cents personnes et de tirer la corde pour cinq à sir miUe. S'il ne faut que moi pour tirer la. corde^ je le ferai de bon cœur.

I/Émanoipation^ devenue Forgane officiel de la préfecture, et qui sMnspirait de la pensée du maître, se faisait également remarquer par la modération de son langage. Voici ea effet ce qu'avait proposé cette feuille dans les dei*mers jours du. mets de septembre :

c Nous demandons que la punk de hort soit prononcée, par défaut et sans appel ultérieur, contre tout homme, ouvrier paysan, ûls de famille, séminariste, jésuite, moine, ajbbé, curé ou évoque, s'il est âgé de moins de trente-cinq ans, qui, dûment sommé de se rendre sous les di^apeaux, ne se présentera pas dans les délais fixés. Nous demandons que cette peine de mort

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