‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 54 sur 159 · AINSI PRONONCÉE SOIT DÉCLARÉE EXECUTABLE DÉS QUE LE DESERTEUR · texte numérisé non relu

AINSI PRONONCÉE SOIT DÉCLARÉE EXECUTABLE DÉS QUE LE DESERTEUR

POURRA ÊTRE SAISI, SANS QU'iL PUISSE EN AUCUN CAS ÊTRE FAIT ORAGE AU COUPABLE.

« Nous demandons de plus que les Liens des déserteurs^ des fuj'ardsj de tous ceux qui se cachent ou se sauvent lâchement en présence des dangers actuels de la patrie^ soient immédiaiement confisqués et vendus sans retard au profit des femmes et des enfants laissés sans ressources, sans moyens d'existence, par suite du départ des pères et des maris. «

C'est du pur 93 ou nous ne nous y connaissons pas ! N'est-ce pas le cas de répéter cette vérité, dfevenue banale à force d'avoir

été dite, que la République na pas de plus mortels ennemis que

certains républicains,

A ces excitations de Torgane préfectoral se joignaient celles

des clubs, CLUB DE LA SOLIDARITE, DU THEATRE MONTCAVREL, DU

ciHQUE ET DU COLYSEE. Gos clubs, dont Ics agcnts de police étaient les orateurs habituels, faisaient de temps à autre leur petite manifestation : le citoyen préfet, qui s'était toujours montré très-lriand de ces longues queues de citoyens braillant dans les rues, profitait de Toccasion pour adresser à la foule quelques pai*oles marquées au coin de 7a pureté révolutionnaire. Un jour eotre autres — il s'agissait d'une manifestation provoquée par le club de la Solidarité à propos dh la taxe du pain — Duportal parut au balcon de la préfecture et prononça ce vigoureux discoui's :

« Il y a quarante-huit heures, le gouvernement m'envoyait le signalement d'un membre de la branche cadette de la maison de Bourbon qui parcourait le Midi, semant l'or et la con*uption : les limiers de la Répubhque sont lancés sur ses traces, et si, on le conduit ici, vous mê pennettrez, citoyens, de vous le présenter et je souffletterai sur sa face le principe monarchique.

« Ce qui me distingue en effet de certains de mes collègues, c'est que je combats et poursuis légalement les Prussiens de l'intérieur et les Prussiens de l'extérieur ; c'est ma haine contre la monarchie et la réaction ; c'est ce qui fait que le bruit de ma révocation a quelquefois couru, mais j*ai le courage de mes opinions, et quels que soient la publicité et le retentissement que l'on donne à mes paroles, j'estime assez le gouvernement de la défense nationale pour être convaincu qu'il a su distinguer mon dévouement entre tous.

« Je suis un vétéran de la République, que je sers depuis trente-sept ans. Le gouvernement de la défense nationale est républicain, je vous l'ai dit, bien souvent : il est républicain et je réponds de lui. Je suis à mon poste comme une sentinelle avancée de la Réj)ublique et au besoin je lui montrerais la voie. Oui, citoyens, mon travail incessant, ma préoccupation de tous les instants, c'est de sauver la République ! Vive la République! »

Le même jour, le grand, promoteur do la ligue du Midi, Esquiros, laissait tomber sur les frères et amis de la démagogie ces quelques paroles aussi mielleuses que rassurantes : « Citoyens,

t Je suis heureux de vous parler de ce balcon à côté de voire préfet. Toulouse aura une grande place dans Thistoire de la République. La République a de nombreux ennemis à combattre, à réxtéri'eur comme à Tintérieur. Nous la sauverons si nous restons unis. Elle est née, je ne me le dissimule pas, dans des circonstances douloureuses et sous la bouche des canons prussiens, mais je m'en réjouis, car elle seule peut sauver la France.

« Nous ne sommes pas des novateurs, nous sommes les continuateurs de 1792 et 1793... «

A la nouvelle de la capitulation de Metz, le général commandant la division. Courtois d'Hurbal, grand oflicier de la Légion d'honneur, fut victime de Taggression la plus brutale. Nous devons à nos lecteurs de leur faire connaître dans quelles circonstances cet officier supérieur fut « enlevé par le peuple » et conduit à la préfecture, où il fut gardé à vue jusqu'au moment de son départ de Toulouse. Toulouse ne voulait rien avoir à envier à Marseille, Lyon et Grenoble, et, comme dans ces trois villes, on y pratiqua la chasse au général sur une vaste échelle.

Dans la journée du 80 octobre, à l'issue d'une manifestation organisée par la garde nationale, Duportal, qui lui avait promis la gai'de de Tàrsenal, adressait à l'autorité militaire cette lettre, conçue dans des termes que nous nous abstiendrons de qualifier :

« Toulouse, 30 octobre 1870.

t Citoyen général,

' « En raison des graves événements dont nous venons d'avoir connaissance et dans l'intérêt de l'ordre public, j'ai l'honneur de vous informer que, d'accord avec le président de la commis-

ET LE JACOBINISME. ai7

sion municipale, j'ai donné Tordre au citoyen commandant supérieur des gardes nationales d'envoyer une compagnie de la garde nationale pour protéger Tarsonal contre les imprudences

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