‹ L'Internationale et le jacobinisme au ban de l'EuropeChapitre 55 sur 159 · COUSIN · texte numérisé non relu

COUSIN

Il est nous est difficile d'admettre que Ton songe sérieusement à protéger un établissement quelconque avec la garde nationale. et avec celle de Toulouse moins encore qu'avec toute autre, puisqu'on avait eu soin d'en éliminer les bourgeois. Que penser d'un préfet dont tous les efforts tendirent à exciter les passions révolutionnaires et qui, le 30 octobre, parlait de symptômes

CARACTÉRISTIQUES et des IMPRUDENCES d'une VIVE EMOTION POPULAIRE?

Le lendemain un détachement de gardes nationaux se présentait à Tarsenal et en expulsait le poste. Sur ces entrefaites le général, informé par cette lettre de la décision prise par le préfet de concert avec la municipalité, s'était rendu à la préfecture pour protester, au nom des règlements militaires, contre Toccupation de Tarsenal. Il avait été convenu que ce poste serait fourni à Tavenir moitié par la troupe et moitié par la garde nationale. Le général fit aussitôt connaître au lieutenant installé à l'arsenal depuis le matin la mesure qui venait d'être prise, mais ce dernier se retrancha derrière sa consigne : il fallut de nouveau aller prendre les instructions du préfet, et celui-ci sous les yeux mômes du général, remit au lieutenant Tordre écrit de laisser rentrer à Tarsenal un jjiquetde soldats.

Tout semblait terminé et toute cause de conflit disparue, lorsqu'un incident des plus graves se produisit. En quittant la préfecture, le général Courtois et le lieutenant s'étaient fait conduire au Capitole, afin de s'entendre au Sujet de la mesure adoptée

avec le commandant supérieur de la garde nationale. Le lieutenant seul était descendu : quant au général, il attendait dans la voiture, lorsque tout à coup les portières en furent violemment ouvertes ; plusieurs forcenés, le revolver au i)oing, se précipiteront sur lui, le prirent au collet, rarrachcrent de la voiture et le traînèrent dans la salle de Clémence-Isaure, où siégeait le comité de salut public. Pendant ce temps une foule énorme remplissait la place du Capitole et ses abords : Texaspération était à son comble et se manifestait par des clameurs et des cris menaçants.

Du comité de siilut public le général avait été conduit devant la commission municipale. On lui rcprocKait d'avoir fait distribuer des cartouches à la troupe et d'avoir donné l'ordre de faire feu sur le peuple. Il eut beau fournir des explications ! On le somma de faire retirer le détachement d'artillerie qui par son ordre avait été envoyé à l'arsenal. 11 s'y refusa énergiquement : ni les pressantes exhortations du maire, ni les menaces de la populace, qui se ruait furieuse à la porte de la salle, ne purent ébranler son courage ; il persista jusqu'à la fin dans son refus.

Il fut alors ramené devant le comité de salut public, qui décida qu'il serait retenu prisonnier de la garde nationale et conduit immédiatement à la préfecture. On fit approcher une voiture, ce ne fut qu'à grande peine qu'on parvint à soustraire le général aux violences de la foule. 11 prit place dans la voiture avec Duportal et le commandant de la garde nationale ; le secrétaire du comité de salut public, Sarrans *, monta sur le siège à côté du cocher* De chaque côté de la voiture marchaient des gardes nationaux, en armes ; une foule compacte se pressait sur le passage du cortège et accablait le général d'outrages et de menaces.

Il fut enfermé à la préfecture et tenu au secret dans une chambre dont toutes les issues étaient gardées par des gardes nationaux : ce ne fut ([ue sur le vu de sa démission et au bout de trois jours qu'il recouvra sa liberté. Voilà de quelle singulière

» Sarratîs (Juîcs-Noi^l-André), 45 ans, av.cion adjoint au maire do Muret, ex -avoué dans la nicin'.* ville, ancien enîpJoyô de la mairie Campuigno.acciaraé au -4 SL'i'U'mbrc sccrclairo i;é:jciai do la mairie de Toulouse.

façon Duportal et les hommes de son entourage pratiquaient le respect de la liberté individuelle.

Débarrassé ainsi d'un général qui se permettait de ne pas être de son avis, Duportal profita de Toccasion pour révoquer le colonel directeur de Tarsenal et le remplacer par son fils, Tingénieur Duportal. Il désigna le môme jour comme général de division un de ses partisans, le citoyen Demay, qui fut plus tard chargé avec Lissagaray de Torganisation de cette fameuse armée DU Sud-Ouest dont L'HisTomE REomA un jour les hauts . faits

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