PIEGE XXXI
PROTESTATION DES DETENUS POLFriQUES : PARRATON, GASPARD BLANC ET
AUTRES CONTRE Varbitrairc de leur incarcération.
oc Bastille de Lyon, le 3 nivése an 79.
...Et aucun des docnmeots que j'ai sous la main ne sera éearté...
(Kiratrt à Gambetta^ 38 noYtmbrc 1870.)
c Citoyen Gharnal,
c Veuillez avoir Tobligeance d'insérer dans votre prochain Gnafiron la lettre ci-dessous que les détenus politiques de Lyon ont adressée, il y a deux jours, à M. Ghallemel-Lacour Vextraordi' naire.
c U y a plus de deux mois que j'ai été arrêté, et je suis ici en
compagnie de cinq répiublicains qui ont été incarcérés comme moi pour avoir prévu Fimpuissance (sinon davantage) da gro^ tesque dictateur Gambetta k retirer la France de Vabime où. V avait plongée Bonaparte le bandit.
« Je ne me suis pas du tout étonné de me voir en prison : le préfet Sencier, pai* ordre de son maître, m*y a fait enfermer deux fois en 1870, comme républicain ; son digne successeur, aussi pour obéir à son maître, ne pouvait que m'y faire enfermer encore. U est tout naturel que deux gouvernements si exaciements pareils, servis toujours par les mêmes juges, aient les mômes ennemis et les mêmes accusés. Gambetta cherche autant que possible à singer le grand Badinguet ; comme lui, il n'est pas plutôt battu qu'il annonce une grande victoire ; comme lui, il s'entoure de généraux qui ont trahi ou trahiront, — mais aussi on peut compter que, toujours comme lui, il se cassera le nez un beau matin, avec la même honte et le môme fracas.
< £n attendant, les révolutionnaires sont en prison. Bientôt ils en sortiront pour demander des juges, mon pour eux, mais pour
CETTE coterie d'iNTRIGANTS QUI SE FIGURENT QUE LA FrANCE LEUR AP- PARTIENT ET qu'ils ont le droit DE L^EXPLOITER, DE LA TYRANNISCR, SOUS PRÉTEXTE DE LA DEFENDRE.
« Salut et égalité.
G. BLANC
A M, Challcmel'Lacoury préfet du Rhône, commissaire extra^ ordinaire du gouvernement de la défense nationale,
a Maison d'arrêt de Lyon, le 19 décembre 1870.
. .Et aucun des documents qoe J'ai
sous la main ne sera écarté...
[Kératry à Gambetta^ 38 novembre 1870. ]
« Monsieur le préfet,
« Nous protestons contre l'arbitraire de notre incarcération. Nous avons le droit dé réclamer notre mise en liberté immédiate, et nous nous réservons de vous demander compte do notre détention devant la justice républicaine, lorsque les juges de Fempire auront été déchus de leurs fonctions.
« En attendant, vous aggravez votre responsabilité, si vous ne faites pas cesser par votre pouvoir sans limites une prévention qui
choqae les principes les plus élémentaires de la justice et de l'humanité.
< Recevez, monsieur, etc.
« PARRÀTON ; E. CRÉMIEUX(de Montpellier);
SERYELLE; G. BLANC (do Lyon; BONNIGHON (do Roanne). »
(Gnafrorif journal de la réTolation^ 15 décembre 1870.)
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